The Elder Scrolls Online - Roleplay

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    Valim Daash

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    Severus Brenth

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    Valim Daash

    Message par Severus Brenth le Mar 1 Juil - 1:59

    Nom :  Daash (Inconnu) & Brenth (A découvrir Inrp)
    Prénom : Valim & (???)
    Âge : 17 

    Apparence physique : 

    Le jeune garçon semble avoir moins de la vingtaine, mais peut paraître plus vieux, par sa barbe. Barbe maladroitement taillé, qui lui donne un petit air désinvolte et mal entretenue. 
    Le jeune homme à le teint d'un Rougegarde clair, la peau basanée , sans réel défaut de pigmentation, en dehors d'une cicatrice de morsure, ni animale, ni humaine, de deux crocs comme des clous, avec une légère marque de dents autour, des dents humaines cette fois. Au coté  de la cicatrice, la peau est indiscutablement plus claire, et plus froide, si l'on touche l'endroit.
    Des yeux vert couleur forêt,  brillant d'une petite lueur intelligente, curieuse, et malicieuse, il est généralement attentif , l’œil vif.
    Des pommettes assez hautes pour un garçon, elles lui étirent les traits assez finement, rendant son visage plus triangulaire et doux que carré. Sa mâchoire est d'un banal, et son menton est un peu avancé, sous des lèvres pleines et pulpeuses, mais pas féminine.
    Sa chevelure est généralement assez courte, mais pousse sauvagement, parfois devenant mi-long sans coup de couteau pour ajuster tout ça. D'un noir de jais, ils sont brillants quand lavé, et mate quand ils ne le sont pas.
    Le jeune homme n'est pas taillé comme un tronc d'arbre, assez fin, mais svelte, il n'a rien d'un bûcheron aux muscles dégueulant, il n'en est pas pour autant gros ou anorexique.
    Torse nu, une lueur doré infime peut se voir à l'emplacement de son cœur. 
    Souvent vêtu d'une tenue mixant un cuir léger et du tissus souvent resserré pour une plus ample qualité de mouvement, il porte aux choix les couleurs neutres de marrons, beiges , noir, ou rouge écarlate, gris cendre, ainsi que marron. Il ne porte que rarement des armes, et dans le cas contraire, est munit d'un carquois et un arc, ainsi qu'un coupe fromage éméché.

    (Voir images)
    Cheveux mi-court ((long):


    Cheveux mi-long (court):


    Naissance & capacités : Née sous le signe de l'Apprenti, le 20 de HautZénith, ses capacités magiques sont au delà de la norme, avec un attrait particulier, et un don certains pour la magie d'Illusion. Il dispose des bases des autres écoles, , sauf celle de l'invocation, qu'il ne peut pas utiliser.
    Aussi peu doué avec une arme qu'un chien avec une claymore, il ne désespère pas d'apprendre, mais le temps sera maître de ses aptitudes martiales.
    Endurant juste pour l'amour, demandez-lui de courir et c'est un feignant doublé d'un opportuniste qui adore les raccourcis.
    Il sait parler nombre de langue savante grâce à ses études. Sa culture est assez étendu. 
    Il semble avoir un problème avec l'alcool.
    A une phobie
    Spoiler:
    des araignées
     (qu'il cache)



    _<Liste des sorts à venir>
    _listes des compétences.


    Magie d'Illusion : +++++
    Magie d'altération : +++
    Magie de guérison : +++
    Magie de destruction : +++
    Magie d'invocation : <Impossible>
    Crochetage : ---
    Charisme : ++++ 
    Natation : ++
    Course à pied : +
    Force physique : -/+
    Langue : +++++
    Escalade : -/+
    Arc : --
    Objet coupant : ------
    Arts martiaux : ----
    Cuisine : +++
    Enchantement : +++
    Discrétion : -/+
    Vol à la tire : +



    Caractère : Le jeune mage à un naturel joyeux et rieur. Souvent de bonne humeur, plaisantin, taquin, il adore offrir de beau sourire, charmeur, gentil, amusé. Il peut s'avérer bougon en certaine occasion, surtout quand l'on met en doute, même pour plaisanter, son intelligence. 
    Il est naturellement jaloux de ceux qui ne le remarque pas, ou qui préfère remarquer d'autres personnes qu'il juge inférieur. 
    Le Bréton a des valeurs importantes qu'il défend avec ferveur, et méprise ceux qui ne le font pas. Ce trait de caractère est souvent restreint par sa soif de connaissance, d'apprentissage des cultures. Mais ce qu'il montre et ce qu'il pense, là est la différence !
    Rarement colérique, quand cela lui arrive, il n'utilise jamais de violence physique, et ne se défend pas non plus magiquement, sauf si sa vie ou celle de autres est en danger.
    A l'heure actuelle, personne ne sait ce que donne la magie offensive du jeune homme sur un être pensant. 
    Il a une tendance paranoïaque anti-loup-garou.

    Goûts : Il apprécie les hommes et les femmes dans son lit. 
    Il adore le rouge, le bleu, et le vert.
    Il a une préférence pour les plats raffinés, et le vin délicat.
    Il aime l'odeur du papier, le crissement de la plume sur le parchemin, et la senteur des encres.
    Il aime la voûte céleste.
    Il adore l'art, et la création.
    Il n'apprécie que modérément la nature, préférant la voir comme un outil à sa complète disposition que comme quelque chose de vivant et indépendant.
    Il chérit le mystère et les femmes/hommes qui lui résiste.


    Dernière édition par Valim Daash le Mar 8 Juil - 9:45, édité 1 fois
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    Severus Brenth

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    Re: Valim Daash

    Message par Severus Brenth le Lun 7 Juil - 10:57

    Ambiance:





    Prologue :

    Les mens et les mers, ne se rendent pas compte de leur petitesse. Sur des millions d’individus, seul quelques-uns auront un destin hors du commun. Le reste n’est qu’un amas de fourmis, que les Aedras, et la Daedras ou autre incarnation divine, manipulent. Des mouches à qui on arrache les ailes pour se divertir. Nous le savons, et nous ne voulons pas l’avouer. Nous le savons, et nous l’acceptons. Les huits, les trois du tribunal, l’Hist, les Daedras. 
    Tous dansent dans une farandole que les mortels ne comprennent pas. Et nous finissons écrasés sous leurs pas.
    --------------------------------------------------------------------------------- 
    L’enfant observe. Il gratouille l’immense chien à ses côtés et observe, imagine, met en place, sa prochaine pièce.  La clairière est verdoyante et un petit cours d’eau provoque un léger bruit, en dehors de cela, seule la respiration du chien vient perturber l’étrange silence qui règne en ce curieux endroit.
    La petite ferme est isolée. Elle n’a rien de particulier. Et pourtant, c’est ici que le destin d’un jeune homme se joue. Sur les lèvres de l’enfant, un nom se dessine, et c’est dans un chuchotis que se met en trame l’engrenage de la roue de Feu.
    _ « Feldaren … »
     
    ---------------------------------------------------------------------------------
     
    Tout s’écroule, et un bras me prend, aussi fort que l’acier, me bloquant la respiration, et je la vois. Elle disparait. Sans moi !
    Ais-je crié ? Je ne me souviens pas. Le groupe recule déjà dans les dédales, et le guerrier lutte pour me maintenir en place. Je le regarde dans les yeux. J’y vois ses terreurs, j’y vois son bonheur, j’y vois ce qui fait de lui un homme, et à l’aide d’illusion, je brise tout cela. Je fracture son esprit, et je ne laisse qu’une coquille vide. Il s’affale contre la roche, et moi je me précipite sans un regard vers l’autel ou elle a disparu, les pierres roulent déjà sur moi, et j’entends un craquement écœurant. Le soldat affalé n’a plus de tête, emporté par un roc. Je sais que je vais mourir, et pourtant cela m’importe peu, je me faufile, me dirige vers la table de pierre.
    Le cadavre de la propriétaire des lieux est à moitié écrasé par un pan de voute, et ses pattes ont un angle étrange. Je l’ignore, et quelque chose me frappe derrière la nuque. Je titube, un voile rouge sur les yeux, et m’affale contre l’autel, tentant vainement de reprendre ma respiration. 




    Mes oreilles sont en sourdines, pourtant j’entends un sifflement de mouvement, et je sens l’air frais. La trappe n’est pas loin. Le sifflement reprend, et je me tourne vers l’horreur arachnide, à moitié dressé et écrasé, ayant à peine le temps de me baisser pour éviter le jeu de flamme qui surgit d’une de ses mains. 
    Mais je suis trop lent. La chaleur fait fondre ma peau, du côté droit, et je hurle. J’ai mal et je suis seul. Elle m’a abandonnée et je vais mourir. Les larmes coulent sur mes joues couvertes de cendre. La trappe n’est pas loin. Je le sais, je rampe comme un vermisseau, mais je finis cloué au sol. 




    Une patte noirâtre et ruisselante de sang –mon sang- me perfore le poitrail.
    Il fait froid.
    Si froid.




    ------------




    La mort n’est pas si terrible. Je le sais depuis longtemps. Mais j’y préfère la vie. Encore une fois, je vais tout recommencer. Le vent souffle sur ma peau, et l’herbe me chatouille. Je sens la lumière du soleil sur mon visage, et l’ombre des nuages me rafraichirent. Je n’ouvre pas les yeux. Il me faut du temps pour combler mes peines, et ceux que j’ai perdu. Mon cœur chagrin ne peut s’empêcher de pleurer pour une amie. Leelan. Elle était plus que ça, mais je n’arrivais pas à mettre le doigt dessus. Il y a des ces personnes avec qui l’on fait tout, et comprend tout. Ces personnes, ensemble, dégage une harmonie, que les autres voient, et envie.

     Et moi j’ai perdu cela. Peut-être à tout jamais. Je n’arrive pas à m’y résigner. Pourtant je l’ai déjà fait dans une autre vie. Une vie lointaine dont je ne me souviens pas. Il n’y a que trois émotions qui ressortent de cette vie. L’amour, la trahison et la mort.
    Pourquoi cette-fois ci la mort ne m’a pas libéré le cœur ? Peut-être parce que je ne le suis pas. J’ouvre les yeux. J’entends l’aboiement d’un chien. Et je prends soudainement conscience que ce n’est pas finit. 


    Je me redresse et il y a des escaliers baignés dans la lumière, suivit d’une vaste clairière avec l’animal et une ferme. Derrière moi, il a ce que je viens de quitter. La vie, et l’éboulement.
    Je fais face à mon passé. Peut-être est-ce la dernière fois.
    Mais je n’y retourne pas.

     
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    Severus Brenth

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    Re: Valim Daash

    Message par Severus Brenth le Ven 11 Juil - 12:04

    Chapitre 1 : Partie 1





    Le retour fût plus rapide que prévu. Moins d’un jour à peiner comme un damné dans une charrette de potirons. La bonne âme qui m’a recueilli avait l’avantage de ne pas être curieux. Un homme d’âge mur, à la barbe de trois jours grisonnante, et le regard gentil des gens simples. Il  revenait du marché, et m’avait trouvé sur le bord de la route, gisant à même le sol. Pour une raison quelconque, il s’approcha et vérifia que j’étais mort, ce qui n’était pas le cas. Je n’eus que la force de rabattre mon capuchon sur mon visage déchiré. L’homme ne fut pas dupe bien sûr, mais comprenait. Le roulis incessant sur les pavés dur et la terre molle cessa devant une petite chaumière, avoisinant un champ vide. Récolte déjà faite, sur laquelle je voyageais inconfortablement. La masure dégueulait la pauvreté, mais sur le moment, je ne m’en rendis pas compte. Le soleil et les deux femmes postées près de la porte dessinaient un charmant tableau champêtre. La mère et la fille. Rousses toutes deux, vêtu d’une robe en laine rude, sensiblement pareils, surement réutilisé au-delà de la décence. Je ne pouvais que plaindre le propriétaire des lieux. Aucun fils pour l’aider à sa tâche, et il approchait de la quarantaine. Alors que je luttais pour ne pas sombrer dans un sommeil que je redoutais, j’entendis l’homme congédier sa fille et alpaguer sa femme de faire chauffer de l’eau, et préparer des bandages. Délicieuses personnes. L’homme se rapprocha de moi pour me prendre à bras le corps. 


    _"Personne… Ne voit. Sauf … – gnh- la guérisseuse.. Clair ?" Débitait-je d’un ton ferme qui me parut bien faible


    L’homme resta interdit une demi-seconde puis acquiesce, et me transporta dans la masure. Assez sombre, malgré les petites fenêtres qui laissaient entrer des pans de lumières, nous traversâmes une cuisine remarquablement bien entretenu jusqu’à une petite pièce, surement une annexe visible seulement de l’arrière de la maison. Sombre, respirant le renfermé, un lit simple trônait entres quelques caisses et panier, ainsi que de nombreuse bûches de bois. Il m’y déposa aussi doucement que le pouvais sa condition de paysan et m’abandonna là. Je ne comptai pas le temps qu’ils mirent, tout était trop flou pour avoir une vision relationnel des choses. Mon visage ne me faisait presque pas mal. Juste une chaleur douloureuse atténué et constante sur le côté droit. A condition de ne pas trop bouger la mâchoire bien sûr. Un bruit de métal qui frotte contre la porte me tira de ma légère torpeur. La femme arriva les bras chargés d’une bassine fumante, ou pendouillait des torchons propres. Elle posa tout cela sur une caisse proche, et se pencha sur mon visage. Elle n’était pas laide. Un nez peut-être un peu trop gros et cassé, mais ses lèvres pleines lui donnait son charme. Le front trop élargit, typique des femmes de campagnes, était encadrée d’une chevelure abondante couleur de feu. Large d’épaule, et à la poitrine généreuse, elle devait être destiné à devenir paysanne mère porteuse. Je m’autorisa un sourire qui me fît souffrir. La femme, approchant la trentaine, m’imita , d’un beau sourire aux dents à peine entaché. Ses yeux bruns m’observait, non pas avec répugnance comme je le craignais, mais avec une compassion surprenante. 


    _ "J’vais c’mm’cer à nettoyer, on t’peut pas guérir, juste empêcher qu’s’aggrave." Dit d’elle d’une voix douce.


    Je cligne des yeux  pour signifier mon accord. Je ne veux pas trop parler. Je la vois éponger son torchon d’eau brulante et l’approcher de mon visage. Je hurle et je me contorsionne. Douleur intenable et surtout compréhension de la blessure. Je sombre en quelques secondes.


    Odeur de renfermé. Retrouver ou je suis. La caverne ? Leelan ? Non non. Le fermier et sa femme. J’ouvre les yeux sur la pénombre de la pièce. Je sens un copieux et grossier bandage sur la face droite de mon visage. Je n’y touche pas. Se redresser et marcher, c’est ce que je veux faire. Ce que je dois faire. Le lit craque, et la porte émet un bruit déplaisant. Je traverse la cuisine en me prenant un meuble et sort de la maisonnée en titubant, étourdit. L’air frais balaye mon visage, et je respire avec force. C’est bon d’être à l’air libre. Je regarde les étoiles, pâles en cette nuit nuageuse. Tout est calme, et le bruissement du vent rafraichit agréablement l’atmosphère. Je m’accroupis. Combien de jours ais-je dormis ? Je l’ignore. Mais je suis en vie. La fermière ne devait pas être une bouchère. Je prends soudainement conscience de ma vessie qui est prête à exploser. J’étouffe un grognement étouffé, et me dirige vers une clôture, et soulage mon besoin. Un bruit léger, et je me retourne, rangeant ce qui doit être. Un volet, à semi-ouvert, et des yeux bruns qui me regardent. Qu’importe. La fatigue me reprend et je rentre à nouveau, m’affalant sur le lit de paille inconfortable. De mauvais rêves m’attendent, je le sais. Mais je ferme les yeux, et laisse le sommeil me subjuguer. Accordant une dernière pensée pour celle que j’ai perdue.
    Je me plante dans l’entrebâillement de la porte. La tignasse de traviole, je dois être drôle à voir, la fille étouffe un gloussement, et la femme me sourit. Je me rapproche légèrement tremblant et m’assied sur un tabouret.


    _"C’mm’nt qu’t’va mioche ?"


    _"Assez bien, avec l’état des choses."


    Je regarde plus attentivement la fille. Elle ressemble beaucoup à sa mère, en plus jeune. Surement 14-15 ans, ils l’ont eu tard. Elle affiche une bouille étonnée à mon langage et demande d’une voix cristalline.


    _"T’es s’gneur ?"


    Je souris légèrement et brièvement, puis prend le bock de potage chaud que la mère de famille me tend. Je m’autorise quelques cuillérées affamés avant de répondre.


    _"Non."


    Le bouillon de légume est remarquablement bon. Mais je l’accorde à mon appétit vorace. Après l’avoir engloutis sous l’œil attentif de la fille, et amusé de la mère, je m’essuie avec la manche. Je me rends compte que je ne suis pas frais. Mes vêtements d’ordinaire si pratique et propre, de voyage, soit un gilet de cuir supplémenté d’une chemise de lin, de solides bottes, et des brais moulantes ne sont que le pâle reflet de ce que j’avais autrefois. La moitié est déchirée, ma chemise n’a plus qu’une seul manche, et je sens le bois sur ma fesse gauche. Surement une anicroche qui  a arraché une partie des tissus.
     
    _"Combien de temps ?"


    La mère comprend tout de suite, mais la fille répond en premier.


    _"Trois lunes !"


    Je reste pensif un instant, puis acquièsce.


    _"Valim."


    Je me présente distraitement. La mère s’appelle Annabelle, et la petiote Mery. Ou Mera. Elles m’expliquent comment le père m’a trouvé. Il est déjà au travail dehors, et ne reviendra pas avant midi. Je réponds maladroitement aux questions qu’elles me posent, sans vraiment dévoiler quoi que ce soit.


    _"Avez-vous un miroir ?"


    La mère acquiesce, sous le regard éberlué de la fille.


    _"C’vrai ‘man ?! On n’a un miroar ?"


    La femme sourit gentiment et va dans une pièce que je n’ai pas visitée. Elle revient et me tend le miroir, sous l’œil jaloux de Meri. Je le prends avec précaution. C’est un héritage de toute évidence, le manche est en argent, et légèrement orné d’arabesque. Je me lève et me dirige vers le cloaque qui me sert de chambre. Les deux femelles me regardent faire. La fille, débordant de curiosité, la femme avec un visage remplis de compassion.
    Je clos la porte, puis retire doucement le bandage. Il est propre, de toute évidence, la blessure ne saigne pas. Je positionne le miroir et observe la ruine droite de mon visage. La peau de la mâchoire n’existe plus.  Il n’y a que les tendons, des muscles, de la chaire à vif, rosâtre. Ce n’est pas si affreux. Le reste de la partie droite est en bon état, avec une tâche de brulure bien sûr, jusqu’à l’œil. Je repose le miroir puis farfouille dans ma sacoche. Plume, parchemin, rune. Je prépare mon projet. Je connais mon visage, et il redeviendra comme autrefois. C’est ce que je veux, et il sera.


    Trois jours. Trois jours à entacher le parchemin, avec un sortilège très complexe. Un enchantement permanent qui ne me coute presque rien en magie. Je reprends le miroir et regarde mon visage. Je ne suis pas dupe, je vois ce qu’il y a en dessous de mon illusion. Mais le résultat est satisfaisant. Je touche ma joue. Le contact de la peau est normal. Indiscernable. L’ombre et la lumière peuvent s’y refléter sans erreur. 
    Je me décide à sortir, à vider mon pot de chambre, et entamer un repas qui est déposé à mon attention. Froid, mais qu’importe. Il fait nuit, et je prends du temps à m’en apercevoir. Je repousse le bol et passe une main dans ma tignasse. J’ai passé du temps  ici. Assez pour me revigorer des événements. L’heure du départ se rapproche. 
    Un discret bruit de pas se fait entendre derrière moi. Je m’y attendais bien sûr. Je me retourne, et reste coi un moment. Ce n’est pas la fille, mais la mère. En robe de chambre. Elle regarde ses pieds, timide, ou gêné, et fait coulisser son vêtement sur ses épaules, qui tombe en tas. En tenue d’Eve, la peau bronzé et rude des individus qui passent leurs temps dehors, elle reste droite, exposant une poitrine arrogante. Les hanches d’une femme qui n’a pas dû avoir qu’un seul enfant encadre une toison recouverte d’un léger duvet roux. Je sourcille, étire un mince sourire, me lève, et récompense à ma façon cette femme qui m’a soigné comme elle le pouvait. 


    Je me lève avant le chant du coq. La femme est repartie dans la nuit. Elle m’a mordu la main, quand j’ai recouvert sa bouche pour l’empêcher de réveiller son si gentil mari. Crétine. Nu, je me dépêche de remettre mes vêtements, récupère mes affaires, et me glisse dans la cuisine encore baigné de la lueur de la lune. Je dépose une bourse avec une vingtaine de pièce d’or sur la table puis m’éclipse. La fraicheur du matin me permet de parcourir une dizaine de lieu avant le soleil tapant du midi. J’ai croisé quelques badauds, un marchand ambulant, et un luthiste à l’instrument brisé, rien de bien folichon. Je m’assois sur une pierre, et casse la croute, fromage, pain. Je chantonne innocemment, quand une douleur fulgurante me vrille la tempe gauche. J’en tombe, perdant mon repas des mains, qui finit dans la terre et la poussière de la route. Je fais volteface, surpris de retrouver Meri devant moi, une pierre ensanglanté à la main.


    _"T’a culb’té ma mère ! "


    Elle se rapproche de nouveau et cherche à me donner un autre coup. Je bloque son bras et lui tord le poignet, pour la désarmer. Elle couine en vrillant mon torse de pauvre coup de poing pas motivé. 


    _"Calme-toi Meri !"


    Elle s’exécute, par bonheur je ne me suis pas trompé de prénom. Les joues rouges, elle se mordille la lèvre inférieure, et s’écarte d’un pas, en croisant les bras sur sa poitrine naissante.


    _"T’qu’n salaud."


    Je l’ignore, et ramasse mon pauvre repas gâché. Je finis par le jeter moi-même, la poussière ayant complétement souillé ma miche de pain. J’adresse un regard sévère à Meri, ne réplique pas, et reprend ma route en grommelant. Je l’entends marcher derrière moi. Je fais semblant de ne pas m’en apercevoir, puis au bout d’une lieu, je me retourne.


    _"Rentre chez toi ! Tu es déjà à 11 bornes de la ferme, tu ne rentreras pas avant la nuit si tu ne fais pas demi-tour maintenant."


    Elle m’adresse un regard buté, et secoue négativement de la tête.


    _"J’veux pas."


    Je soupire. Puis profite de la pause pour boire à la gourde. J’hésite, puis lui tend. Elle ne se fait pas prier, et bois comme une sauvage, l’eau ruisselante sur son menton. Elle me la retend, à moitié vide.


    _"Bah marche à côté de moi, pas derrière. C’est agaçant."


    Elle affiche un petit sourire ravis, et calque son pas sur le miens, tandis que nous reprenons la route. 


    _"Comment tu as-su ?"


    _"J’r’gardais."


    Je fronce les sourcils, et grommelle, en rabattant ma besace convenablement. Finalement je n’avais pas tout à fait tort, la fille était là. Je garde le silence, qu’elle brise presque de suite.


    _"T’fait quoi avec ta langue pou’l’faire crier comm’ ça ?"


    _"C’est pas de ton âge."


    _"J’déjà été culb’tée. Par l’fils du voisin."


    _"C’est pas de ton âge quand même."


    Elle fait une petite moue agacée.


    _"T’pas seigneur alors t’quoi ?"


    _"Un chercheur."


    _"T’cherch’ quoi ?"


    _"Occupe-toi de tes oignons."


    Elle renifle, butée, et clos ses jolies lèvres jusqu’au crépuscule. Nous nous écartons de la route, sur une petite colline camouflée par de gros rocher. Pas confortable, mais discret. Pas de feu bien sûr, je dépose juste ma couverture rouge sur le sol, et commence à grignoter, sous l’œil attentif et envieux de la gamine.








    _"Tu en veux ?"Tendant un bout de fromage.


    Elle se tourne, assise en tailleur, et croise les bras.


    _"Comme tu voudras."


    Je gobe le bout de fromage, et la regarde de dos, pensif. Pourquoi la gosse m’a suivi ? Une question à poser. Ce que je fais.


    _"Tu me suis pour une raison particulière ?"




    Elle renifle avant de répondre.


    _"Pou’t’casser la tronch’."


    _"Tu l’a déjà fait." 


    Je me frotte la tempe, une légère entaille pas sérieuse sur la peau.


    _"Alors pourquoi ?"


    Elle renifle de nouveau et garde le silence.


    _"Alors bonne nuit."


    Je range mes affaires, sauf la couverture, et m’allonge, cherchant une position confortable sur le maigre tissu rouge. Je jette un œil aux l’étoiles, et m’enfonce dans un sommeil léger. Je sens la gosse venir se blottir contre moi, un peu plus tard. Je ne la rejette pas, une source de chaleur est une source de chaleur.


    Le paysage qui se présente a moi et le même que celui sur lequel je viens de m’endormir. Pourtant il est différent. Etiré, comme une image distordue. La lune n’a pas la même place. Surement parce que la nuit avance. Je me vois. Elle et moi, blottit. Elle respire en douceur, les yeux clos. Je me répète qu’elle est plutôt jolie. Moi je trésaille, les paupières relevé sur le blanc de l’œil. Je ne m’inquiète pas. Cela m’arrive souvent. J’observe de nouveau la scène. Je vois des ombres se profiler le long des rochers. Le crissement de l’acier, le bruit des pas sur la terre, je mets fin à ma vision, et me relève en sursaut, et projette de suite une boule de lumière aveuglante à qui la regarde trop directement. 


    _"Aaah !"


    _"Tayaut !"


    Des cris épars, une dizaine. Je me relève avec difficulté. Meri me tiens la jambe, en tremblotant, les yeux exorbités par la peur.


    _"Lâche-moi !"


    J’essaye de me dégager, mais rien à faire, elle me plante ses ongles dans la jambe. Je vois les hommes se rapprocher. Leurs puanteurs m’assaillent les narines, et je commence à projeter une boule de feu vers le premier des intrus. Il brandit son épée en grognant, couvert de fourrure, et de mauvais cuir, arme effilochée, surement des bandits. La boule de feu lui arrache à moitié la tête, ne laissant qu’un cratère de magma et de chaire. Je réfléchis à toute vitesse. Je ne pourrais pas les avoir un par un, trop nombreux. Et cette fichue gamine qui me plante ses griffes dans le mollet ! Trop tard, ils sont sur nous. Je songe avant de me faire assommer, que j’ai de la chance que le premier arrivé soit équipé d’un gourdin, et pas d’une hache, quand son arme se fracasse sur mon crâne.


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