The Elder Scrolls Online - Roleplay

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    Le goût du sang

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    Laegwing

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    Le goût du sang

    Message par Laegwing le Ven 4 Juil - 15:08

    Le texte fait suite à la fin de la campagne de Bobcat "Les lunes Khajiit" dont vous pouvez retrouver les résumés ici. L'épisode sur le baron fait référence à un event privé.

    Le goût du sang.

    Elle le sentait encore dans sa bouche. La saveur métallique continuait d’imprégner sa langue, son palais, ses lèvres. Cela faisait pourtant deux jours. Deux jours depuis cette plongée dans la sauvagerie dont les flots violents l’avaient malmenée deux soirs de suite.

    Le baron, c’était une chose. N’importe qui aurait pu perdre tout son sang-froid en voyant ce monstre de cruauté – du moins, c’est ce dont elle tâchait de se persuader. Son corps ignoblement engraissé par tous les excès dont il jouissait, les enfants en cage, et ce petit Mer allongé nu sur un lit, blessé, pétrifié, attendant le coup de ceinture et les autres sévices qui allaient inévitablement s’ensuivre. Et Taàj. Jamais Moregan n’aurait pu songer qu’il fut lui aussi victime de ce petit seigneur pervers. Non, vraiment, pouvait-on lui reprocher d’avoir craqué ? D’avoir cédé à cet irrésistible appel de la violence ? Méritait-il clémence ? Assurément pas. Pourtant, elle n’avait pas la conscience tranquille. À trois reprises elle lui avait arraché des morceaux de chair grasse en emplissant ses oreilles de la douce mélodie des cris de douleur. Il lui avait fallu être assommée pour pouvoir garder le baron en vie et le livrer au Thalmor.

    Ce premier accès de fureur l’avait déjà affaiblie. Mais le lendemain…

    Le lendemain, oh, par Y’ffre – ce fut incomparable.

    L’histoire de Belokii arrivait à son terme, et, enfin, le groupe avait retrouvé Shunari. Cette garce avait brisé son arc de rechange – décidément. Et elle se battait avec un talent inouï. Non contente de blesser Taàj et plusieurs autres, elle avait plongé sa dague là où elle n’aurait jamais dû la glisser. Dans le corps de Selenios.

    La mémoire de Moregan était brumeuse. Elle se souvenait avoir vu la lame se ficher à l’emplacement du cœur de l’Altmer. Et c’est là qu’elle avait perdu tout contrôle sur elle-même. Elle le pensait mort. Et l’appel avait de nouveau retenti, irrésistible.

    Il lui avait été impossible de lutter.

    En fermant les yeux, elle retrouvait cette sensation. La brusque crue d’une eau bouillonnante, une déferlante magmatique qui faisait brûler ses veines. Son cœur qui battait si vite et si fort, pompant son sang avec virulence. Shunari était dissimulée aux regards, et plus rien d’autre ne comptait pour Moregan que de la retrouver. Elle n’était plus que pure bestialité. Ses sens exacerbés, elle cherchait, cherchait encore la Khajiit tapie dans les ombres.

    Quand enfin elle l’eût retrouvée, elle se fit bourrasque incoercible, et Shunari, déjà blessée, ne put que subir la folie furieuse de la Bosmer, hurlant et crachant dans son agonie, alors que les dents se plantaient dans sa chair et en arrachaient des lambeaux entiers. Moregan sentit à peine la boule de feu qui avait été envoyée sur la Khajiit par elle ne savait même plus qui. Le feu était dans son sang, pourquoi se soucier qu’il brûlât ses lèvres ? La chair calcinée n’avait plus le même goût, mais il lui restait bien assez de sang dans la bouche pour s’en contenter. Jamais elle n’avait été si proche de redevenir pleinement sauvage, et cette simple idée la faisait trembler. Il lui avait fallu un effort considérable, et l’assurance de la survie de Selenios, pour s’arracher à cet état. Et il ne restait de Shunari qu’un amas de chairs sanglantes et par endroits noircies.

    Ces deux accès de rage successifs l’avaient grandement affaiblie dans son mental et sa volonté. La porte demeurait entrouverte à sa sauvagerie et il suffisait d’un rien pour que poigne un désir de violence ou un fort appétit sexuel qu’elle ne pouvait contenter. Le simple souvenir du regard qu’elle avait adressé à Bobcat la veille la faisait rougir.

    Moregan demeurait profondément honteuse. Jamais elle n’avait cédé à la fureur jusqu’à ces deux soirs-là. Elle se sentait monstrueuse, haïssable et digne d’effroi. Comment ses compagnons pourraient encore lui faire confiance après les spectacles qu’elle avait offerts ? Elle ne valait pas mieux qu’un lycanthrope. Et par-dessus tout, la peur la rongeait. Elle se sentait si vulnérable…

    Alors elle courait, elle courait à en perdre haleine, le vent battant ses cheveux et cinglant les brûlures de ses lèvres. Seul le monde fulgurant de la vitesse lui permettait d’atténuer les appels pressants qui martelaient ses tempes. Elle se sentait bien plus elle-même dans cet univers flou, assourdissant, balayé de vent, qui soufflait la colère pour ne laisser que l’adrénaline.

    Mais, toujours, elle gardait ce goût du sang dans la bouche…

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