The Elder Scrolls Online - Roleplay

Bonjour, ce forum ferme définitivement ses portes suite à son abandon complet. Vous pouvez toujours lire et éditer vos messages afin d'en récupérer le contenu. Merci de vous diriger vers http://tesoroleplay.enjin.com/home pour un forum communautaire actif.


    [Vindicte]

    Partagez
    avatar
    Zephiel

    Messages : 211
    Date d'inscription : 24/01/2013
    Localisation : Valenciennes

    Feuille de personnage
    Race: Bréton
    Guilde(s): Elysium
    Alliance:

    [Vindicte]

    Message par Zephiel le Sam 18 Mai - 14:48

    Chapitre I


    *

    Darwenyl, jeune mage bréton, est le fils du régent d'un village qui a été ravagé par une guerre civile. Lors du déclenchement, son père l'envoie dans la ville voisine, dirigée par Asting Gramoi. Ce dernier, jugeant la situation dangereuse, envoie Darwenyl dans l'une de ses propriétés en Bordeciel pour le mettre en sécurité. Depuis le déclenchement de la guerre civile, Darwenyl est escorté par un officier rougegarde : Sorian.


    *


    Bordeciel... La région glacée de Tamriel... Cela faisait bien longtemps que Darwenyl n'y était pas allé. La propriété d'Asting Gramoi se situait dans le petit village de Folpertuis. Markarth étant en plein sur leur route, les deux voyageurs décidèrent d'y faire une halte. Construite sur des vestiges Dwemer, cette ville avait un charme particulier. Au Nord se trouvaient les commerces ainsi que les quartiers riches principalement constitués d'alcoves dwemers aux murs épais finement gravés. Au Sud, le quartier des plus démunis s'ouvrait sur la mine d'argent de Cidhna servant également de prison. Enfin, à l'extrême Ouest, se dévoilait le château de Coeur-de-Roche, la plus grande construction dwemer de la ville, abritant les appartements du jarl ainsi qu'un site de fouilles et un musée. Émerveillés par l'architecture plutôt atypique de la cité, ils voguèrent en ville durant un long moment avant de s'installer dans une taverne, fatigués de leur voyage. Un argonien s'avança vers eux :

    - Ces messieurs désirent ? interrogea-t-il.
    - Deux ragoûts de biche, répondit sèchement Sorian.

    L'argonien fit une grimace puis les installa à une table, en face du comptoir. Le rougegarde s'était toujours méfié de cette race, il disait qu'ils étaient lunatiques et qu'il était  impossible de lire sur leurs visages s'ils mentaient ou non. A peine assis, ils se firent aborder par un imposant nordique éméché :

    - B'soir, hic, z'êtes nouveaux dans le coin ? Bah allez, hic, je vous paie une pinte de, hic, bière. TAAAVERNIER ! Trois pintes d'bière !
    - C'est gentil mais nous ne comptons pas... intervint Soriane
    - Tatata, c'est, hic, ma tournée alors buvez ! interrompit le nordique

    Le reptile s'avança avec les boissons et posa les pintes devant chacun des protagonistes assis autour de la table.

    - J'te parie qu'je, hic, finis ma bière avant l'rougegarde, là... j'aurai d'jà fini qu'il n'aura, hic, même pas commencé, dit-il avec un rire gras et fort avant de boire sa bière d'une seule traite.
    - Nous ne sommes pas là pour... tenta de répliquer Sorian.
    - Tu dis ça parce que, hic, tu sais que je suis plus fort que toi mouhahaha, l'interrompit-il encore une fois en retournant sa pinte afin de s'assurer qu'il ne restait plus une goutte.
    - Très bien, si vous le prenez comme ça... je relève le défi espèce d'ivrogne ! De toute manière, encore une et vous tomberez par terre ! Abruti de Nordique... marmonna Sorian agacé.
    - Haha, alors ça, hic, c'est mal me connaître ! Par contre, on dirait bien que je suis, hic, à sec, je vais prendre la bière du p'tit jeunot, il n'a pas l'air, hic, dans son assiette. Allez ! Buvons ! proféra-t-il en levant sa pinte et en trinquant avec Sorian.

    Après s'être saisi de la pinte de Darwenyl et avoir violemment entrechoqué sa chope contre celle du rougegarde, renversant par la même occasion du liquide sur la table en bois, ils burent tous deux le liquide gazeux et alcoolisé. C'est finalement le nordique qui claqua sa pinte le premier sur la table. Le rougegarde s'étouffa malgré lui lorsqu'il fut arrivé aux trois quarts, ce qui n'échappa pas à l'ivrogne, il chanta bruyamment dans toute la taverne :

    - J'ai gagné ! J'ai gagné ! Tu dois payer ta tournée ! J'ai gagné ! J'ai gagné ! Tu dois...

    Tout à coup, le nordique s’effondra lourdement au sol, si bien qu'on entendit un bruit sourd dans toute la salle. Cela devait être monnaie courante ici, que quelqu'un s'effondre après avoir trop bu car personne ne semblait s'en préoccuper. Darwenyl, toujours attablé, vit du coin de l'oeil l'argonien esquisser un léger sourire. Il n'y prêta pas attention et se dit que ce devait être chose fréquente quand soudain le rougegarde pâlit fortement et des gouttes de sueur perlaient sur son front.

    - Ca ne va pas Sorian ? demanda Darwenyl
    - Je ne... Je ne sais pas ce qui... m'arrive...

    Sorian prononça ces mots avant de s’effondrer au sol lui aussi. Mais ce dernier n'avait presque pas bu.... Cela ne voulait dire qu'une chose. Afin de s'assurer de sa théorie, Darwenyl prit le poul du rougegarde. Rien. Il s'avança vers le Nordique et fit de même. Rien non plus. Au moment où il comprit ce qu'il se passait, il vit l'argonien sortir de la taverne. Sans trop réfléchir, Darwenyl se mit à prendre en filature l'employé de l'auberge. L'argonien marchait d'un pas pressé en balayant régulièrement du regard les alentours. Il semblait se diriger vers la sortie de la ville. A cette heure plutôt tardive, peu de monde circulait en ville. Darwenyl éprouvait des difficultés à garder la bonne distance entre eux et ne pas se faire reconnaître. Soudain après un rapide coup d’œil en arrière que le mage n'arriva pas à anticiper, le reptile le fixa de son regard perçant et le reconnut avant de s'enfuir à toute allure. Darwenyl  suivit le pas. Après avoir passés la grande porte à toute allure, l'argonien se dirigea vers une forêt. Celui-ci serait bien plus dur à suivre dans une zone ou un arbre serait présent tous les trois pieds. Le bréton essaya tant bien que mal de toujours le garder dans son champ de vision. Tout à coup, lorsqu'ils arrivèrent dans une petite clairière, l'employé stoppa net sa course. Ils étaient désormais proches l'un de l'autre. Le fuyard tournait le dos à Darwenyl. Le mage se posait beaucoup de questions : pourquoi s'était-il arrêté ici ? Pourquoi s'était-il enfui ? Etait-il vraiment tavernier ? Ou juste une couverture ? Toutes ces questions se mélangèrent et défilèrent à une vitesse folle dans sa tête, si bien qu'il ne put se retenir d'en poser une :

    - Pourquoi as-tu empoisonné nos choppes dans l'auberge ?

    L'argonien se retourna doucement, dévoilant un sourire macabre. Il ne semblait pas regarder Darwenyl mais quelque chose derrière lui. Le mage se retourna brusquement et vit trois hommes. Deux d'entre eux avaient en main un arc bandé vers lui, tandis que le troisième, au milieu, s'avançait tranquillement vers Darwenyl. Leurs visages étaient masqués par un tissu noir, de la même couleur que leur armure. Après quelques pas, le mystérieux individu ôta sa capuche et son masque. C'était un dunmer, au visage froid, à la coiffure militaire et au regard noir, perçant, qui dévisage au premier coup d’œil.

    - Qui es-tu ? demanda l'elfe.

    Darwenyl réfléchit un court instant et décida qu'il était fort préférable de ne pas dévoiler son identité. Toujours calme extérieurement, mais en proie au doute à l'intérieur, il dit :

    - Mon nom est Thalwyn Versam, je suis bréton et cet argonien a tenté de nous assassiner, moi et mon garde et un nordique.
    - Et bien Veraz, on dirait qu'encore une fois tu n'as pas fait dans la discrétion... De toute façon, il est mort alors je peux te le dire, vous n'étiez pas notre cible. Nous visions le nordique ivrogne que tu as côtoyé. Mais apparemment, Veraz a jugé utile d'empoisonner toutes vos choppes,  dit l'elfe noir en s'adressant à l'argonien

    L'argonien baissa la tête en signe d'accord. Darwenyl fut très surpris que les deux hommes se connaissaient, cela le déconcerta quelque peu.

    - Notre confrérie n'a pas l'habitude de s'en prendre à ceux qui ne font pas partie du contrat. Mais cela arrive parfois... Etrange, je sens une forte aura magique qui se dégage de toi et je me trompe rarement lorsqu'il s'agit de déceler un potentiel. Puisque ton garde est mort et qu'un jeune bréton comme toi ne fera pas long feu dans ces contrées, que dirais-tu de nous rejoindre ? D'importantes sommes d'argent sont à la clé si tu te montres... motivé. Qu'en dis-tu ?

    Darwenyl réfléchit ; il n'était pas en position de négocier et encore moins de refuser. Et puis... qu'allait-il faire seul en Bordeciel ? Il ne connaissait personne, la demeure d'Asting était encore loin et il n'était pas assez fort pour surmonter tous les obstacles du trajet. Le mage n'avait pas le choix. Après une profonde inspiration il voulut parler mais aucun son ne sortit de sa bouche. La peur l'enlaçait. L'elfe le regarda silencieusement et fixement tandis que Darwenyl crut que sa vie était finie lorsque le Dunmer fit un geste de la main, mais les deux individus l'accompagnant rangèrent leurs armes. Il s'avança encore un peu vers Darwenyl et lui dit :

    - Je suis Gorgas, le huitième Maître de cette confrérie. Comment la définir ? Disons que nous vénérons des entités que la plupart ont oubliées. Quand à nos activités... il faut, dirons-nous, avoir une morale flexible pour pouvoir les exercer.

    Qu'entendait-il par « morale flexible » ? Des vols ? Des soudoiements ? Des... meurtres ? Le jeune bréton se posait trop de questions, sa seule chance de s'en sortir était d'accepter. Jamais ils ne le laisseraient repartir vivant après ce qu'il avait vu à la taverne.

    - C'est d'accord, dit timidement Darwenyl
    - Bien, répondit l'elfe noir, ta première mission commence maintenant. Considère cela comme une épreuve d'entrée. Si tu réussis, tu seras l'un des nôtres. Si tu échoues, tu ne nous seras plus d'aucune utilité... Ta mission consiste à dérober une clé détenu par Olga Mainoir. C'est une nordique qui réside temporairement à l'auberge, elle est accompagnée par un garde nommé Fracta, il protège sa maîtresse depuis longtemps, ce ne sera pas facile de l'approcher. Tu reconnaîtras la clé par l'oeil de dragon gravé dessus. Nous te recontacterons.

    Gorgas posa sa main au sol et une énorme gueule de dragon s'y dessina. Un vent violent s'y dégagea ainsi qu'une forte chaleur. Les trois hommes s'enfoncèrent dans le sol. Alors qu'on n'apercevait plus que leurs têtes, Gorgas émit un rictus en regardant le jeune bréton avant de disparaître complètement. Darwenyl était désormais seul. L'argonien n'était plus là non plus. Il s'assit sur un tronc d'arbre dans le but de faire un point sur la situation. Tout avait été terriblement vite... Sa seule chance de survie, se dit-il, était de trouver cette clé afin de rejoindre leurs rangs. Peut-être pourraient-ils le rendre puissant...


    Chapitre II


    *

    La nuit venait de tomber et Darwenyl savait qu'il devait passer à l'action. La nordique était à l'auberge et mangeait avec son garde. Le mage était attablé, seul, encapuchonné, juste à côté. Leurs repas terminés, les deux nordiques allèrent directement dans leurs chambres à l'étage, après avoir réglé la note. Le mage se leva et observa discrètement l'endroit où ils étaient logés. La femelle rentra dans la chambre tandis que l'homme, assis sur une chaise à côté de la porte, la gardait avec une vigilance impressionnante. Au milieu des escaliers, Darwenyl observait cela. La situation devint plus compliquée que prévu. Il fallait agir tout de suite. Passé une certaine heure, un va et vient s'installerait. Il prit son courage à deux mains et s'avança vers le garde. Arrivé juste devant lui, il fit un quart de tour pour lui faire face.

    - Bonjour, savez-vous où se trouve l'armurerie la plus proche ? demanda Darwenyl

    Fracta baissa sa garde et s'apprêta à répondre lorsque le mage passa sa main sur le visage de l'imposant Nordique. Il avait appris ce sort de sommeil à l'académie et pensait que cela ne lui serait jamais utile. Le garde tomba sur Darwenyl qui réussit a amortir la chute en retenant le corps. Le bréton tira avec difficulté le corps de Fracta dans une petite remise juste en face. Le brouhaha présent dans la salle au rez-de-chaussée masqua le bruit de la traînée du corps. Darwenyl fouilla dans une des sacoches du Nordique pour trouver la clé de la chambre. S'assurant que personne ne l'avait vu en jetant des coups d’œil latéraux, il s'avança vers la porte de la chambre d'Olga Mainoir. Impossible de dire si elle était réveillée ou non. Aucun bruit ne s'échappait. Darwenyl hésita un moment puis chargea sa main gauche de foudre, prêt a blesser la Nordique si celle-ci était réveillée. Il enfonça doucement la clé dans la serrure. Il serra les dents aussi fort qu'il put avant d'ouvrir la porte. Il la vit dormir paisiblement sur son lit. Darwenyl interrompit son sort et, paniqué, regarda dans tous les sens pour trouver ce qui ressemblait à une clé. Il vit une sacoche sur la table de nuit de la femme. Il s'avança tout doucement, sans un bruit, ouvrit la sacoche quand soudain, la Nordique remua. Darwenyl resta tétanisé quelques instants avant de s’apercevoir qu'elle changeait simplement de position durant son sommeil. Paniqué, Darwenyl saisit précipitamment la sacoche, l'ouvrit, aperçut la clé à l'intérieur et s'enfuit en laissant la porte ouverte. Il descendit les escaliers de l'auberge, marchant d'un pas pressé. Lorsqu'il fut enfin à l'air libre, il fit quelques pas avant avant d'entendre une voix qui lui dit :

    - L'as-tu trouvé ?

    Darwenyl balaya du regard toute la zone autour de lui mais dans la nuit, impossible de distinguer une silhouette. Il décida de répondre à la mystérieuse voix.

    - Je l'ai !

    Un homme sauta du toit d'une maison voisine et atterrit devant Darwenyl. Il reconnut Gorgas et lui remit la sacoche contenant la clé. Celui-ci l'examina à la lumière d'une torche avant de dire :

    - C'est la bonne clé. Viens, suis-moi, je vais te conduire au repaire.

    Darwenyl fut conduit au repaire, dans les ruines Dwemer de Bthardamz, non loin de Markarth. A l'intérieur, Gorgas rassembla ses hommes pour leur présenter officiellement le nouvelle recrue qui fut bien accueillie.

    Darwenyl passa cinq années chez les Dragons Assassins, au départ, il était chargé du transport de messages entre les membres en mission et le quartier général. Mais doté d'une forte motivation, il ne tarda pas à monter dans la hiérarchie. Il fut formé par les prêtres du culte draconique à la magie de guérison et de combat. Il n'était pas rare que l'officier à la tête de cette section le forme personnellement. C'était un vieil homme malade du nom de Falgrim qui paraissait faible mais dont le savoir était immense. Il était extrêmement influent au sein de la guilde et un personnage fortement respecté. Il lui enseignait de nombreux sorts, la gestion des hommes et beaucoup d'autres choses. Le jeune bréton subit un entraînement très rigoureux, éprouvant aussi bien physiquement que mentalement. Durant cette période, Darwenyl fit énormément de recherches pour essayer de guérir le vieillard... En vain. Il participait activement à la vie de l'organisation en assistant aux prières dédiées aux dragons, il acceptait sans rechigner le missions qui lui étaient confiées et exécutait à la lettre les ordres de ses supérieurs. Darwenyl connaissait tous les membres de la confrérie, du plus gradé à la nouvelle recrue, il s'y plaisait, sentant sa puissance augmenter grâce aux enseignements de son maitre. En tant que prêtre draconique , le bréton était régulièrement assigné à des missions de type attaques de convois, de groupes d'ennemis. Les missions les plus furtives étant réservées aux assassins de la guilde. Durant ces missions, il était régulièrement placé en tant que chef d'équipe, malgré sa faible expérience, il était doué d'un don particulier pour organiser les embuscades et jauger la puissance de ses alliés, comme celle de ses ennemis. Quatre ans passèrent.

    Durant sa quatrième année dans la confrérie, le maître du culte draconique mourra brutalement. Toute la guilde fut attristée, ce vieillard malade aurait eu encore beaucoup à leur apprendre. Il fut un excellent maitre. Darwenyl lui devait beaucoup. Alors qu'il se recueillait seul sur la dépouille du vieil homme, Gorgas le rejoignit.

    - Il me parlait souvent de toi tu sais, tu étais son disciple préféré.

    Darwenyl resta imobile, regardant fixement la dépouille du vieillard.

    - Un pilier de notre organisation vient de s'effondrer, il nous en faut un autre pour éviter que toute la structure ne s'écroule.

    Le bréton se retourna brusquement vers l'elfe noir.

    - Oui Thalwyn, tu prendras sa place. Avant de mourir, il t'a recommandé. Il disait que nommer quelqu'un d'autre serait une bêtise alors... j'exécute sa dernière volonté.

    Le mage écarquilla les yeux, il était à la fois heureux et triste, heureux d'être promu à ce grade si prestigieux qu'il avait tant convoité mais terriblement attristé du décès de son prédécesseur.

    - Ton nouveau grade prend effet dès demain, tout le monde a été averti. Sur ce, repose-toi bien.

    Gorgas sortit de la pièce. Darwenyl décida d'aller dormir, de longues journées l'attendaient.

    Les mois passèrent et sa promotion lui tenait à cœur. Le mage avait, depuis son arrivée dans la confrérie, gagné en maturité et en puissance. Il prenait les décisions avec plus de tact. De par son grade, Darwenyl avait pour obligation de reporter toutes les missions et leurs résultats sur un parchemin, qu'il stockait ensuite dans les archives dont seules les hauts gradés avaient l'accès. La première fois qu'il pénétra dans cette pièce, il fut marqué par l'odeur de renfermé qui en émanait. Chaque morceau de papier dans cette salle avait une histoire. Il n'était pas rare qu'il y passe quelques heures, retrouvant de vieilles missions, son but ultime étant de tous les lire mais il y en avait tellement qu'il lui aurait fallu des mois. Il comparait cette pièce au livre noir de la guilde, celui qui renferme son histoire. Darwenyl suscitait le respect et l'admiration de beaucoup. Même si évidemment, il manquait d’expérience, sa motivation et son implication étaient appréciés de tous.

    Mais un beau jour, le mage eut pour consigne l'organisation d'une mission un peu particulière. On lui conseilla de rechercher dans les archives, une mission similaire à celle qu'il devait préparer. Alors qu'il fouillait dans la catégorie des missions à hauts risques, une note l'interpella. Il s'en saisit et la lut :


    Mission #2512 Destruction du village de Tarnaël Olyne

    Moyens : Engagement de pirates, de bandits, soudoiement de politiques pour créer une augmentation des taxes religieuses
    But de la manœuvre : Detruire le village pour permettre plus facilement le transport de marchandises volées.
    Organisateur : Gorgas Loredan
    Difficulté : Élevée
    Dépense : 10 000 pièces d'or versées aux pirates, 15 000 pièces d'orversés aux politiques, 5 000 pièces d'or versées aux bandits
    Revenus : estimés à 50 000 pièces d'or sur 3 ans si les marchandises volées circulent bien

    Objectif de la Mission :

    Atteint - Echec


    Darwenyl laissa tomber la note et il fixa le mur devant lui sans dire un mot. Il éprouva alors une sensation qu'il avait déjà vécue auparavant. Tout lui semblait fictif. C'était comme s'il était présent dans la pièce actuelle, dans la salle auprès de la dépouille de son maître, dans la clairière où il avait connu pour la première fois sa confrérie... Il était nul part et partout à la fois. Il vit tous ces moments défiler à une vitesse incroyable au plus profond de son âme. Le mage sentait sa puissance augmenter de nouveau au même rythme que sa souffrance. Il revivait ses moments de détresse, lorsqu'on lui annonça que son village, sa famille étaient perdus... Sa vie brisée pour faire transiter des marchandises volées... Sa rage monta tellement vite et fort qu'il ne put se contrôler. La guilde qu'il avait tant chérie était la meurtrière de ses parents... Que devait-il faire ? Que pouvait-il faire ? Il haïssait Gorgas au plus profond de son âme. Il n'aurait aucune pitié... Il ferait couler son sang... Il l'anéantirait, lui et tous ses serviteurs ! Fou de rage il sortit des archives. Il quitterait cette confrérie, c'était décidé, et ce repaire qui avait la couleur et l'odeur du sang de ses parents. Alors qu'il allait sortir, les deux autres maîtres de la secte accompagnés d'une dizaine d'homme lui barrèrent la route.

    - Eh bien Thalwyn, ton aura magique s'est fait sentir dans tout le repaire, et ce n'était pas celle d'un homme serein. Je vois que tu pars précipitamment, où comptes-tu aller ? On ne t'a pas assigné de mission me semble-t-il... dit-il en émettant un rictus.

    Darwenyl ressentait maintenant des pulsions meurtrières, sa rage était à deux doigts d'exploser. Son seul désir était de les éliminer, tous, jusqu'au dernier. Il résista de toutes ses forces.

    - Ca ne te regarde pas, nous sommes au même niveau hiérarchique, dois-je te le rappeler ?

    L'interlocuteur de Darwenyl éclata d'un rire moqueur et provocateur. Les pulsions du bréton le rattrapèrent. Il s'enveloppa d'un bouclier magique et se concentra quelques secondes avant d'envoyer deux boules de feu en direction du groupe. Le maître assassin, Nerileth, bréton aguerri, esquiva d'un bond la boule qui alla s'écraser contre l'abdomen d'un sous-fifre. Celui-ci fut projeté contre la grande porte et son corps brûla. Le second projectile fut bloqué par le bouclier enchanté d'un orque. On  entendit le claquement des pieds de Nerileth qui atterrit. Puis, un silence de mort s'abattit dans la salle. Soudain, une dizaine d'hommes arrivèrent, venus apparemment de l'armurerie du repaire. Ils vinrent se positionner derrière Darwenyl. Tous ses compagnons de missions les plus proches vinrent le soutenir. Darwenyl les reconnut tous. Agacé, Nerileth prit la parole :

    - Que faîtes-vous ? Thalwyn nous a trahi ! Il a trahi notre famille !

    L'un des camarades de Darwenyl prit la parole :

    - Nerileth... Cela fait des années que nous te méprisons, des années ! Pouvoir enfin t'anéantir sera une jouissance incommensurable. Tu n'es pas notre maitre. Celui qui l'était fut Falgrim et à travers lui, c'est aujourd'hui Thalwyn.
    - Mon nom n'est pas Thalwyn. intervint Darwenyl ; Je m'appelle Darwenyl... Darwenyl Olyne.

    Un grand étonnement se perçut sur les visages lorsque le mage dévoila sa véritable identité, ils étaient visiblement tous au courant de l'opération menée contre sa famille. Nerileth sourit de toutes ses dents en la découvrant.

    - La chair de ta mère était si tendre que je n'ai eu nul besoin de forcer en plantant ma dague dans son dos.

    Les yeux de Darwenyl se gonflèrent de sang, un violent mal de tête survint si bien qu'il tomba à genoux. Sans un mot il se releva doucement. Il releva la tête en direction de Nerileth et hurla :

    - TU VAS MOURIR !!!

    Les épées se dégainèrent, les arcs se bandèrent, les sorts se chargèrent et les deux groupes symétriquement opposés s'avancèrent. Darwenyl resta en arrière et envoyaient des éclairs de foudre à intervalles réguliers. Mais Nerileth, extrêmement agile, se faufila, et, armés de dagues, lui porta un puissant coup que son boulier magique absorba. Le mage fit un bond en arrière pour se remettre à distance de l'assassin. Sa rapidité était à la hauteur de ce qui se racontait. Ses mouvement pouvaient être très difficilement anticipés. Encore un coup comme celui-ci et la vie de Darwenyl s'achèverait. Ses mains devinrent flamboyantes, il envoya quelques projectiles incandescents sur l'homme qui chargea en effectuant des déplacements latéraux ce qui le rendit extrêmement difficile à toucher. Alors qu'il se rapprochait dangereusement du bréton, celui-ci tenta d'incanter un nouveau bouclier magique mais l'assassin, très rapide n'était plus qu'à quelques mètres du mage. Alors qu'il bondissait sur Darwenyl, dagues en avant, prêt à frapper, il fut stoppé dans les airs par un violent coup de bouclier porté par un valeureux camarade orque du mage. L'assassin fut assommé, il était au sol, au milieu des combats. Darwenyl le chercha du regard avant de l’apercevoir. Il s'approcha, sourit, et envoya une boule de feu sur son corps inerte. Il le regarda bruler quelques secondes avant de voir tomber le corps d'un ennemi juste devant lui. Voyant leur maître bruler les derniers opposants se rendirent. Le second maître, Varek, gisait lui aussi au sol un peu plus loin. Étant chargé de la couverture de la confrérie, le combat n'était pas son point fort. Les huit compagnons encore debout rassemblèrent les cinq opposants, les mirent à genoux devant Darwenyl. Ce dernier les fit tous exécuter, il n'eut aucun remord, aucune hésitation, aucun regret. La salle était inondée de sang... mais pas assez pour masquer celui de ses parents. Il regarda chacun de ses compagnons et leur dit :

    - Vous m'avez aujourd'hui prouvé votre loyauté. Venez, venez avec moi pour éradiquer cette secte qui vous ment comme elle m'a menti, qui vous remercie par la mort et qui vous rémunère par le sang.

    Darwenyl se dirigea vers la grande porte qui menait à l’extérieur, enjambant les cadavres gisant au sol. Ses camarades suivirent le pas. La guerre des factions venant d'éclater, ils se dirigèrent vers la province de Lenclume, terre non hostile à leur groupe composé de brétons, de rougegardes et d'orques. Une fois arrivés, ils fonderaient une organisation de mercenaires, qui grandirait et monterait en puissance au fil du temps. Ils l'appelleraient... Vindicte !

      La date/heure actuelle est Jeu 19 Oct - 7:26