The Elder Scrolls Online - Roleplay

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    Fille du Vert

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    Laegwing

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    Fille du Vert

    Message par Laegwing le Dim 26 Oct - 14:52

    Publié dans les Chroniques de Tamriel, volume 73

    (IRP : peu avant les batailles de Havre.)


    Inspiration, expiration.

    Les yeux fermés, elle ouvrait ses sens exaltés au monde qui l'entourait. Sa peau nue recevait dans un délicieux frisson les gouttes de pluie tiède que condescendait l’épaisse frondaison des arbres. Le vent puissant portait les échos d’un petit orage et faisait battre agressivement ses cheveux trempés d’une longueur interminable. Elle entendait avec une acuité auditive certaine les innombrables craquements des branches et les grondements sourds des troncs d’arbre. Les feuilles cinglaient les unes contre les autres dans un concert quelque peu effrayant. Son nez enfin captait les mille et une odeurs qui la cernaient, de l’épais tapis d’humus à la terre détrempée, de l’écorce remplie d’eau à l’air humide. Son arc seul serré contre sa poitrine nue, elle attendait, nichée entre les racines d’un chêne-graht, s’ouvrait au Vert… inspirait, expirait.

    Moregan était fille du Vert. Elle le sentait couler dans ses veines en puissants battements, et en pensait la sève mélangée au sang. Son esprit entraîné percevait les subtiles connexions qui reliaient tous les éléments de Val Boisé à la manière d’une toile complexe. Pleinement concentrée, elle pouvait discerner à plusieurs centaines de mètres de sa position qu’un troupeau de cerfs paissait paisiblement la mousse qui tapissait le sol. Elle en ressentait presque les doux tapements des sabots et la multitude de choses qu’ils dérangeaient et chamboulaient dans l’infiniment petit de l’humus.

    Inspiration, expiration.

    Mais même les chants rassurants des esprits du Vert, qui résonnaient dans son être plus qu’à ses oreilles, ne parvenaient aujourd’hui à apaiser l’emballement de son cœur affolé. Elle avait beau s’ouvrir au Vert, dévoiler dans sa nudité toute l’essence de son âme à Y’ffre, elle avait peur. Et ce qu’elle ne pouvait se permettre d’admettre devant les autres, elle l’exposait ici, au milieu des éléments et de leur ballet complexe. Les cris du vent couvraient ses gémissements de crainte, la pluie apaisait le feu de ses nerfs à  vif. Et pour tâcher de calmer son rythme cardiaque… elle inspirait, expirait.

    Moregan était fille du Vert. Sa dévotion à Y’ffre était ce qui la maintenait entière et stable. Dans les moments de grand chamboulement comme celui-ci, elle s’en remettait entièrement entre les mains du Premier Os de la Terre. De sa voix puissante et mélodieuse, elle entonnait les chants et les prières en l’honneur du Chantre, et les mêlaient harmonieusement au chaos des éléments.

    Inspiration, expiration.

    « Chant d’une canopée ennuitée… »

    Inspiration, expiration, inspiration, expiration.

    « Étoiles et feuilles entrelacées… »

    Souvenir du combat à venir. Non, se calmer. Inspiration, expiration.

    « Le corbeau veille, le serpent s’affame… »

    Avait-elle suffisamment veillé ? Pouvait-elle s’assurer de la survie de ses compagnons ? Après tout, elle n’était qu’une Bosmer. Elle n’avait aucun pouvoir. Non, ne pas penser à cela. Chanter. Inspiration, expiration.

    « Avance, à chaque mouvement… »

    Mais ses mouvements à elle n’étaient que pas épuisés… Non, continuer d’avancer. Continuer de chanter. Pour eux. Inspiration, expiration.

    « Oublie l’avenir et le passé. »

    Y’ffre, le Chanteur, qui réside dans le Présent… oh, si seulement elle pouvait oublier ce que l’avenir pouvait lui réserver ! Elle qui s’était naturellement portée à la tête de son groupe au fil des événements en ressentait le douloureux fardeau sur ses épaules. Jamais elle n’avait éprouvé une telle responsabilité de sa vie, quand bien même rien ne lui dictait son rôle. Elle répondait de leur survie. Et la promesse de la bataille à venir ne faisait que lui taillader tous les nerfs de son corps. Ils avaient beau s’être préparés du mieux qu’ils le pouvaient, rien ne leur prédisait les plans de leur ennemi. Moregan avait peur. Peur de ne pas être à la hauteur, peur d’échouer, peur de les perdre, peur de le perdre, lui, qui tirait toutes les ficelles de sa vie désormais. Comment pouvait-elle le leur admettre ? Il fallait qu’elle conserve son assurance habituelle, qu’elle reste stable et inébranlable comme le chêne-graht sous la tempête. Et comme elle ne possédait pas le moindre talent dans le mensonge ni la comédie, elle venait ici s’exprimer dans le Vert. Retrouver sa stabilité, redevenir forte comme on l’attendait d’elle.

    Inspiration, expiration.

    Moregan était fille du Vert. Moregan était fille du vent. Elle ne pouvait subir la tempête. Elle devait la devenir.

    Elle ouvrit les yeux. Étira un sourire.

    Elle rugirait comme le vent et les emporterait, tous, elle les mettrait en pièces, les déchirerait, les éparpillerait, et rien ne la contraindrait à se voir échouer.

    Son ventre gargouillait. Troisième jour à jeûn. Ses yeux flamboyèrent d’un éclat jaune. Elle avait faim, et c’est d’eux dont elle allait se repaître. Elle déchirerait le Voile de ses griffes et de ses crocs. Elle était fille du Vert. Ils n’étaient que des proies.

    Inspiration, expiration. Se relever.

      La date/heure actuelle est Jeu 17 Aoû - 23:24