The Elder Scrolls Online - Roleplay

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    Les Crocs du Marais

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    Xeh-Ano

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    Les Crocs du Marais

    Message par Xeh-Ano le Sam 3 Jan - 23:45

    Surnom: Xeh-Ano
    Prénom: Katharr
    Race: Saxhleel
    Naissance: 13 Primétoile 2E 559/ Constellation du Serpent.

    Spécialité: Adepte de l'école d'Illusion, Discrétion,Maitrise des Lames.

    Intérêts: A la recherche d'un but.

    Caractère: Impulsif, Renfermé, Asocial, Schizophréne.

    Apparence physique:
    Il avait des écailles d'une couleur surprenante : un vert blafard virant légèrement au gris, lui donnant une teinte foncé contrasté par quelques écailles plus claires à la limite du blanc. Sa tête était garnie de longues plumes d'un rouge cramoisi, ornée de deux grandes cornes blanches sur son crâne et une rangée de trois pointes au niveau de la mâchoire, de chaque côté du visage. Il se tenait droit, plutôt grand pour un argonien, on pouvait remarquer des formes allongées qui n’étaient pas marquantes chez ses pairs ainsi que sa queue, fine à son extrémité ressemblant à celle d’un serpent, étoffée de quelques écailles pointues.

    Il avait une stature d’athlète, même si il n’avait en rien l’allure d’un colosse. Sa carrure montrait les années d’entrainement, et les cicatrices au bras montraient la rigueur de ses combats. Il regardait fixement devant lui, de ses yeux dorés qui reflétaient une détermination incomparable, exprimant de la méfiance ou du mépris et si on si attardait, on pouvait y voir de la haine et surtout de la rage. On pouvait ressentir de sa présence, un danger oppressant, pas celle que l’on trouverait chez un redoutable guerrier mais plutôt dans une bête enragée...

    Les flammes dévoilaient sa cicatrice sur son œil droit. La balafre sur son visage était composée de deux plaies longilignes, se croisant au centre de son orbite et qui semblaient être volontaires car elles formaient une croix mais l’œil était intact.

    Il portait une tenue en cuir brun de mercenaire avec une large lanière, munie de petites sacoches, avec les deux extrémités reliées à une épaulière en cuir sur son épaule gauche. Une sangle passait sous cette même lanière pour la stabiliser et se fixait sur une épaulière en acier à son épaule gauche. Deux sangles parcouraient sa taille pour maintenir l’armure en place. Il portait aussi un foulard autour du cou du même rouge que ses plumes. Deux brassards en cuir brun étaient fixés à ses poignets, il portait aussi un tissu noir autour des hanches lui tombant sur le côté droit jusqu’au genou. Il était équipé de bottes en cuir brun foncé, avec trois sangles, montant jusqu’au mollet, proche du genou, et recouvraient un pantalon noir munie aussi de deux sangles pour faciliter tout mouvement.

    HRP:
    Pour toutes remarques, avis, commentaires, etc... N'hésitez pas à me contacter =)


    Dernière édition par Xeh-Ano le Dim 4 Jan - 1:26, édité 1 fois


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    Chapitre I

    Message par Xeh-Ano le Sam 3 Jan - 23:54

    Le début d'une légende.



    L'histoire des Crocs du Marais compte plusieurs récits, venant de tout Tamriel, qui différent selon le conteur. Certains disent que c'est un spectre, d'autre que c'est un mythe, ou encore que c'est un argonien tout à fait banal. Mais parmi toutes ces versions, il y en a une qui retrace parfaitement les événements de ce personnage. Je vais vous la raconter, pour que vous sachiez la vérité sur cet argonien.

    Elle commence avant sa naissance, dans le Marais noir, une contrée pleine de dangers. On pense que sa mère était une marchande Agaceph de basse naissance nommé Kal-La. Lors d'un voyage d’Umphollo jusqu'à Gideon, sa caravane fut attaquée par une ancienne tribu de Nagas. Elle fut emmenée dans leur village, avec les autres femmes argoniennes du convoi, pour être violée et servir de génitrice au clan.

    Elle ne donna naissance qu'à un seul enfant... Un métis, Agaceph et Naga (selon certaines croyances, le métissage entre deux branches de l'espèce est inexistant. Les enfants héritent de la branche de la mère et il n'y a aucune appartenance avec leur père. Mais il y a bien des choses encore inconnues chez le peuple Saxhleel). Il avait les écailles assez pâles et semblait très frêle, mais ce qui était le plus marquant c'était ses yeux, aussi flamboyant que des braises. Le chaman vit en cette enfant, une malédiction, et décida de le retourner à L'Hist pour purifier le village et protéger les siens. Sa mère sauva l'enfant en attirant les foudres du vieil argonien en déclarant que c'était elle qui avait lancé le sort et que seule la survie de l'enfant les libéreraient de ce fléau. La jeune mère Agaceph fut brûlée vive pendant un rîtes du chaman.

    A la suite, le petit se retrouva isolé de tous. Aucunes des familles ne voulaient de lui, même si il pouvait devenir utile, il faudrait d'abord l'élever, et personnes n'avaient envie de cette corvée ou d'être frappées par la malédiction. Le chef de la tribu désigna une vieille argonienne pour s'en occuper jusqu'à ce qu'il soit assez vieux pour être vendu comme esclave. L'argonienne traita l'enfant comme un parasite et ne le toléra chez elle que pour éviter les foudres du chef. Ainsi fut élevé le petit, comme les autres enfants mais mis à l'écart, pour le jour où il sera vendu à des esclavagistes Archéens. Les Nagas lui apprirent à se battre, à tuer, à se dissimuler dans les marais et quelques arts d'illusion que leur chaman connaissait pour lui donner encore plus de valeur. Le petit sans nom grandit sans savoir qui il était ou ce qui l'attendait, et au bout de ses 6 ans, quand il devint suffisamment grand pour être autonome, il fut mis en cage, et vendu. Il ne revit plus le Marais noir et ne put passer l'étrange rituel de l'arbre Hist.


    La vieille nordique arrêta son récit quand elle vit ses deux charmants petits-enfants profondément endormis dans leurs lits. La grand-mère esquissa un sourire, puis se leva de sa chaise et alla embrasser le front des deux petits avant de souffler sur la bougie...


    Dernière édition par Xeh-Ano le Mer 7 Jan - 16:35, édité 1 fois


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    Chapitre II

    Message par Xeh-Ano le Sam 3 Jan - 23:55

    L'éveil de la bête : Partie I



    Alors, où en étais je déjà? Ah, oui. Il devint esclave avant de passer le rituel des argoniens. Car mes petits, c'est une coutume argonienne très importante. Arrivé à un certain âge, les jeunes argoniens doivent se rendre devant un arbre Hists. C'est lors de ce rite qu'ils reçoivent leurs noms et leurs surnoms. Ils reçoivent une identité... Mais je m'égard.

    Le jeune argonien resta toute une semaine debout, attaché à un poteau, mis sur une estrade aux yeux de tous avec un pagne pour seul vêtement. Il enviait les autres prisonniers qui n’avaient simplement que des fers aux pieds. Il savait que les Archéens qui l’avaient acheté au village se méfiaient de ses aptitudes dû à l’entrainement Naga, et ils avaient eu raison. A deux reprises, le long du voyage, le métis avait réussi à échapper à ses gardiens, mais fut rattraper à cause des chaînes qui l’entravaient et de celui qui menait le convoi. C’est à cause de ces petites escapades qu’il se trouva dans cette position inconfortable jour après jour, et ajouter à cela, le fait que tous les acheteurs savaient qu’il serait difficile de le mater, même si son apparence et ses origines pouvaient rendre désirable le fait de l’ajouter à leur collection d’esclave. Puis un jour, un dunmer monta sur cette estrade et l’observa, tournant autour de lui, le jaugeant, le mesurant du regard. Le vendeur proféra quelques insultes avant de blêmir quand l’inconnu sorti une bourse rempli de pièce d’or.


    Ce petit, je veux qu’il soit prêt pour demain à l’aube, un de mes serviteurs viendra le chercher. Dit-il au vendeur.

    Puis il se tourna vers l’enfant et dit :


    J’espère que tu vaux le prix que je t’ai payé. Avec toi, je pourrai bien devenir la personne la plus riche de Larme et de la maison Drès.

    Puis le Dunmer laissa l’argonien sur son estrade.

    Je crois que cette personne s’appelait Fenryn Drès, on disait qu’il était venu trouver la perle rare et que c’est avec un diamant qu’il était reparti. Il était piètre politicien, minable manipulateur et mauvais marchandeur mais le talent que tous reconnaissaient en lui, c’était bien qu’il connaissait la valeur d’une personne au premier regard, un talent certain pour un maître de gladiateur esclave.

    Le lendemain donc, un argonien vint se présenter pour emmener le jeune esclave. Le voyage fut d’autant plus long que le premier qui l’avait mené à Gideon, mais cette fois il quitté le Marais noir pour les provinces de Morrowind. Durant le trajet en chariot, il avait appris que l’argonien, qui ne le lâchai pas du regard, serait son instructeur pendant les prochaines années, jusqu’à ce qu’il puisse combattre dans l’arène sans mourir à la première frappe. Il se nommait Joree-Lan, le meilleur gladiateur des Immortals à ce qu’il disait, mais surtout, un entraineur pour ceux qui ne voudraient pas finir en carcasse au milieu de l’arène. L’enfant ne le savait pas mais, alors qu’il en apprenait plus sur son compagnon, il quittait sa contrée qu’il ne reverrait peut-être jamais.

    Il arriva enfin à Larme, là où sa nouvelle vie l’attendait. L’enfant passa une année à connaître les secrets de Joree-Lan, car malgré son apprentissage auprès des Nagas, il ne faisait pas le poids face à un gladiateur. L’âge et l’expérience faisaient toute la différence. La façon de se battre du petit se basait surtout sur l’effet de surprise avec l’environnement du Marais, mais sur le terrain d’entrainement, tout ce qu’il savait ne l’avantageait en rien. Au fil du temps, un sentiment naquit entre l’apprenti et l’entraineur. Pour l’enfant c’était le père qu’il n’avait jamais eu et pour le gladiateur ce fut le petit qu’il avait perdu. Mais ce lien vira à la folie pour Joree-Lan, qui pensait avoir retrouvé son fils disparu. Il en allait même à appeler l’enfant par le nom du sien : Katharr. Un nom qui évoquait détermination et bestialité au combat. Tous les soirs, après l’entrainement, Le gladiateur rejoignait le jeune argonien pour parler des contrées qu’il avait visitées avant de devenir esclave, les villes, les personnes rencontrées. Grâce à ses histoires, Katharr apprit autre chose que la vie dans les marais ou comme esclave.


    Les jours se poursuivirent de cette manière. La journée se passait à l’entrainement, bien qu’il ne s’entrainait plus avec son père mais avec d’autres futurs gladiateurs et quand tous quittaient le terrain, Joree-Lan venait le retrouver pour parfaire ses nouvelles connaissances de l’art du combat. Ils allaient ensuite dans les appartements de l’entraineur pour continuer l’éducation de Katharr sur la vie en communauté et le système de la civilisation.

    Quand deux années s’étaient écoulées, Katharr allait avoir neuf ans. Le dunmer qui l’avait acheté n’était jamais réapparu devant lui. Il savait aussi bien se battre avec une lame qu’avec sa langue, suivre une discussion de noblesse, combattre un groupe d’adversaire, connaitre les différents itinéraires pour aller dans les grandes cités de Tamriel et comment se comporter devant une personne de haute lignée ou faire embraser la foule dans l’arène. Son père lui apprit aussi le langage des signes, à cause de son enfant qui était muet, même si aux yeux de Katharr, cela ne lui servirai guère.

    Arriva un jour, où Katharr passa la soirée seul, sur le terrain. Après avoir attendu plusieurs heures en s'entrainant, il alla rejoindre les appartements de son père. Joree-Lan était là, le regard sombre, devant une claymore qu’il tenait fermement. Katharr lui demanda si tout allait bien. L’argonien se retourna vers l’enfant en souriant.


    Désolé de t’avoir laissé tout seul, mais une nouvelle m’est parvenue et a retenu mon attention. Un nouveau prétendant au titre de champion, un orque qui luttera contre moi dans un combat à mort. Ce duel est devenu un évènement à Larme qui aura lieu demain. Mais n’ai crainte Katharr, le champion n’a pas envie de finir ainsi. Cette journée est celle de Méridia et je sais qu’elle me soutiendra.

    Joree-Lan fit signe à Katharr d’approcher et lui tendit la lame.

    C’est l’arme qui m’a permis de devenir champion et je pense qu’il est temps que je te la donne. Elle est un peu vieille mais toujours aussi tranchante. Il ne te reste plus que deux ans avant d’entrer dans la fosse mais il serait plus sage de commencer à savoir utiliser cette lame. Demain après mon combat, je demanderai à Fenryn de quitter l’arène définitivement, pour passer mon temps à former les jeunes gladiateurs. Un champion invaincu et vivant rapporte toujours plus qu’un cadavre et je pense qu’il m’appuiera sur cette décision. Ensuite, je viendrais te voir pour te remettre cette lame.

    Katharr ne fut pas rassuré d’apprendre cette nouvelle. Savoir Joree dans l’arène l’angoissait déjà mais en plus dans un combat à mort l’inquiétait d’avantage. Mais l’assurance de son père et son enthousiasme pour cette journée à venir le réconforta. D’autant plus qu’il pensa que cela tombait le jour de sa venue au monde.

    Il est vrai que tu ne m’a jamais dit ton âge et que de ce faite nous n’avons fêté que notre rencontre. Dit Joree-Lan. Je l’avais complètement oublié. Je comprends mieux pourquoi tu as autant de vigueur si tu es né le jour de Méridia et aussi cette…

    Joree devint pâle, submergé par ses souvenirs. Le jour où sa vie bascula, capturé par des bandits et la mort accidentelle de son fils dans cet incident. Il pensait que l’âge du jeune argonien était le signe qu’ils étaient destinés à se rencontrer mais maintenant savoir que le jour de sa naissance et celui où il avait tout perdu était le même. A croire que l’astre du serpent c’était bien ri de lui. Faire de la perte de son enfant la date de naissance de son second… Tout semblait s’effondrer sur lui. Après un moment pour se remettre de cette découverte Joree-Lan lui expliqua sa réaction en omettant de lui raconter son passé et le mit en garde contre les conséquences de ce signes sur sa vie. Cela pouvait lui apporter le malheur comme lui donner une chance incroyable. Puis il demanda ensuite à Katharr de le laisser se reposer pour le lendemain. Mais Joree-Lan ne ferma pas l’œil de la nuit.


    Dernière édition par Xeh-Ano le Dim 4 Jan - 1:12, édité 2 fois


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    Chapitre III

    Message par Xeh-Ano le Sam 3 Jan - 23:56

    L'éveil de la bête : Part II



    La journée était sombre et le ciel menaçant. Des dizaines de stands étaient placés près de l’entrée de l’arène, vendant divers objets, nourritures et boissons pour les spectateurs. Ce jour-là Katharr rencontra de nouveau le Drès qui l’avait acheté à Gideon. Le dunmer sourit en le voyant avec Joree et fit signe aux deux argoniens de venir à sa rencontre. Il venait encourager le gladiateur une dernière fois avant le combat et proposa au jeune argonien de venir avec lui assister au combat dans une tribune. Katharr accepta avec joie car c’était la première fois qu’il assisterait à un combat de Joree-Lan, qui plus est dans les gradins et non derrière des barreaux. Leurs places étaient isolées des autres, il y avait d’autres dunmers habillés de façon très distinguée, ce qui voulait certainement dire qu’ils étaient tous de nobles maisons où alors incroyablement riche. Le betmer oublia toutes les leçons de Joree quant au comportement à adopter tellement il était intimidé par tous ces regards qui étaient tournés vers lui. Il talonna Fenryn jusqu’à la place de celui-ci qui était à côté de la sienne.

    Quand il s’assit, les acclamations fusèrent alors que les deux combattants s’avançaient au centre de l’arène. Les deux valeureux gladiateurs se tenaient fièrement l’un devant l’autre et après s’être échangés quelques mots inaudibles à cause de la foule, ils se mirent en position de combat. Le silence se fit alors, attendant de voir qui attaquerait en premier. Et ce fut l’orque qui brisa ce silence en poussant un râle alors qu’il fonçait sur son opposant, tenant fermement ses deux marteaux de guerre. Ce personnage était bien plus imposant que Joree, et pourtant il réussit à parer aisément l’assaut, bloquant de sa claymore les deux armes qui filaient vers lui. L’argonien se mit alors en mouvement, toujours assénait de coup venant de l’orque qui redoublait d’effort pour lui faire tomber sa défense. Quand il se sentait trop dépassé, Joree exécutait des frappes entre lui et son assaillant pour garder un écart. La portée de son arme était plus grande que les marteaux de l’orsimer ce qui lui conférait un net avantage.

    Le combat dura trente bonnes minutes ainsi, sans que l’un ne parvienne à prendre le dessus sur l’autre mais il était clair pour Katharr que Joree-Lan attendait quelque chose, certainement que l’orque soit à bout de force avec ses attaques répétitives qui ne menaient à rien. Mais la vérité était tout autre et il ne l’a compris qu’au moment au Joree arrêta sa course et se mit en position d’attaque. L’orque ne comprit pas non plus sur le moment, jusqu’à ce que l’argonien frappe et dans un mouvement de recul, il sentit la paroi de la fosse contre son dos. C’était ce que Joree recherchait depuis le début, acculer son ennemi contre le mur et lui faire disparaitre toute possibilité de s’échapper. Sa claymore pouvait l’atteindre facilement alors que l’orsimer en était incapable et ne pouvant esquiver sans risquer de sentir la lame trancher sa chair.


    Ton instructeur a le don de maintenir le suspense. C’est cela qui fait qu’il est tant aimé de la foule et ses adversaires ne comprennent ce qui leurs arrivent que bien trop tard. C’était le meilleur gladiateur que j’ai possédé jusqu’à présent. Dit Fenryn à Katharr qui était complétement dans le combat.

    L’orsimer commença à plier sous les coups de Joree qui malgré le poids de son arme, enchainait les frappes avec une rapidité surprenante. Le sang commençait à verser. Çà et là des estafilades apparaissaient alors que l’orque n’arrivait plus suffisamment à esquiver les attaques de son oppresseur. Dans un moment de panique, il lança un de ses marteaux pour obtenir une ouverture, mais Joree esquiva avec vitesse et dextérité, il frappa le visage du malheureux avec la garde de son arme. L’orque complétement sonné, chancela et lâcha son autre marteau. L’argonien le poussa ensuite et le frappa à plusieurs reprises avec le plat de sa claymore, le faisant reculer jusqu’au milieu de l’arène. Arrivé à ce point, il frappa de toutes ses forces dans les jambes pour le mettre à genoux. L’orque lâcha un grognement de douleur avant de se retrouver à la merci de l’argonien qui faisait planer sa lame au-dessus de lui. Joree se savait vainqueur.

    Il lança un regard vers Katharr pour voir son fils plein de fierté, mais la seule chose qu’il vit ce fut le poignard de Fenryn sous la gorges de l’enfant, faisant un signe négatif de la tête et le fixant de ses yeux perçants. Puis il sentit une douleur fulgurante au niveau de son torse. L’orque venait de le poignarder avec une lame qu’il avait certainement dissimulée et répéta son geste encore et encore jusqu’à ce que Joree-Lan tombe à terre. Tout était prévu depuis le début. Il comprit que Fenryn avait vu cette idée germée en lui, au moment où il avait acheté un jeune argonien. Il savait qu’un jour, il lui aurait demandé d’arrêter de se battre et qu’il lui deviendrait alors inutile, sans profit autant lucratif que les combats dans l’arène. Et le diamant qu’il avait trouvé à Gidéon, c’était son remplaçant et celui qui causerait sa perte.

    Katharr qui sentit la pression de la lame se relâcher, en profita pour saisir le bras du Drès et le mordit jusqu’au sang pour lui faire lâcher son arme. Après quoi il se saisit du poignard, tout en se dégageant de son emprise et grimpa sur le rebord de la tribune. Il put voir Fenryn lui lancer un regard de haine ainsi qu’une multitude de mains qui se dirigeait sur lui pour l’arrêter. Il sauta dans la fosse, exécutant une roulade pour amortir le choc et fonça sur l’orque qui venait de le remarquer. La foule commença à s’agiter ne laissant parvenir que des bruits sourds à Katharr. Il prit appuie et bondit sur l’orsimer pour le frapper de sa lame mais il fut agrippé à la gorges par le gladiateur. L’orque se saisit aussitôt de la lame et dit :


    Si tu comptes me tuer avec ça, tu te la fourre dans l’œil.

    Et tout en ricanant il balafra l’argonien d’une entaille qui passa verticalement sur son œil droit. Par miracle l’œil ne fut pas atteint, ce qui troubla l’orsimer quand il vit Katharr, après avoir intériorisé sa douleur, le fixer de nouveau de ses deux yeux emplis de rage. L’orque le frappa du poing à l’estomac et le jeta près de l’autre argonien, avant de se diriger vers la sortie. Katharr alla près de Joree pour le pleurer mais découvrit qu’il n’était pas encore mort. Sa surprise disparut aussitôt quand Joree-Lan s’exprima avec difficulté:

    C’est de ta faute… Enfant du serpent… Tu es maudit… Tous ceux que tu approches mourront… Et c’est de ta faute…

    Ce furent les dernières paroles du gladiateur. Et alors que Katharr sanglotait de chagrins avec pour seules larmes, les gouttes de sang qui coulaient de son œil droit, la claymore que tenait Joree sur son torse glissa, tombant sur les genoux du jeune argonien. Il allait s’en saisir quand il entendit quelqu’un foncer sur lui. Il n’eut le temps que de se retourner et d’apercevoir un gourdin qui le frappa de plein fouet au visage, ne laissant que le noir.

    Quand Katharr se réveilla, il se trouvait dans un cachot, enchainé des pieds à la tête, contre le mur. Une silhouette se dessina derrière les grilles de sa cellule, c’était Fenryn Drès. Il s’approcha un peu amenant une chandelle près de son visage pour que l’argonien puisse mieux le distinguer.


    Je suis très déçu de ton comportement. Je pensais te faire un cadeau en te montrant comment ton instructeur allait mourir mais apparemment tu es trop sauvage pour le comprendre. Il releva sa manche pour montrer son bras meurtrit. Vu que tu te comportes comme un animal, je te traiterai comme un animal ! Je vais te mâter, te dresser et quand tu auras perdu toute parcelle de civilité et d’intelligence ! Je te jetterai dans la fosse et tu auras intérêt à me rapporter les richesses que je me suis promis d’acquérir en t’achetant ! Tu resteras dans cette cellule et n’en sortira que pour t’entrainer ou te battre ! Tu ne mangeras plus à ta faim et ne boira qu’au moment où je le déciderai !! Je te briserai pour t’être dressé contre ton maître !! Tout comme je l’ai brisé, sale bête !!!

    Il jeta au sol la claymore de Joree-Lan et sortit du cachot en riant, faisant disparaitre la lueur de la chandelle et laissant Katharr dans les ténèbres et la solitude.


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    Chapitre IV

    Message par Xeh-Ano le Sam 3 Jan - 23:57

    L'éveil de la bête : Part III


    Tombent les gouttes, dans la fosse coule le sang,
    De ses crocs, il ruissèle, arraché au perdant,
    Ecarlate comme la mort, sombre comme la nuit,
    Il se redresse fièrement, rugissant de sauvagerie,
    L’adversaire est à terre, il ne se relèvera plus,
    Le vainqueur triomphant, est porté aux nues,
    Dans tout le colisée, de son nouveau nom, il l’appelle,
    Xeh-Ano ! Xeh-Ano ! Les argoniens hurlent en Jel,
    Gare à ce fléau, la bête aux plumes vermeils,
    Gare à Xeh-Ano, Les Crocs du Marais s’éveillent.
    Poème d'un barde, 2E - années exactes inconnues.
    Relatant l'ascension d'un nouveau champion de l'arène de Larme.


    Il ne voyait rien. La douleur était insoutenable, même avec les yeux clos, il avait la sensation qu’on lui plantait une dague dans chaque orbite… Ce n’était pourtant que la pâle lueur du soleil qui se montrait brièvement, avant qu’un nouveau nuage de cendre ne s’interpose pour masquer ses rayons et sa chaleur, mais pour lui ce n’était qu’un lointain souvenir et ses yeux n’étaient plus habitués à autant de lumière. Et soudain, c’est le choc…

    Cela faisait trois ans, mais lui n’avait aucune idée du temps passé dans cette cave, à mourir de faim et de soif, à se faire fouetter ou à se battre dans des combats clandestins, contre des durzogs ou des chiens de nix. Pour Fenryn, c’était le moyen de gagner beaucoup d’argent tout en entrainant son «protégé». Il ne voulait pas que cet argonien, qui avait fait parler de lui pendant la succession du champion, soit sous l’attention des autres guerriers et l’idée d’en faire une bête de combat, l’amusait beaucoup.

    Katharr n’avait jamais de compagnie à part celle du Drès et des gardes qui le menaient aux lieux de rencontres. Avec le temps, son esprit sombrait tandis que la haine et la douleur faisaient mûrir chez lui une forme de bestialité que Fenryn cherchait à faire naître depuis des mois. Le jour de son premier combat en arène, il fut vêtu d’une simple jupe de gladiateur, une épaulette carapace à sangle, deux manchettes et une ceinture de protection. En cela, l’argonien savait que ce jour serait particulier, car habituellement il n’avait qu’un bout de tissu au niveau de la taille, mis en lambeaux au fils des combats. Puis il fut jeté dans l’arène pour en revenir à cet instant…

    Il ne fallut pas plus que ces quelques secondes pour que l’argonien sente le bois du bouclier de son adversaire se plaquer contre sa tête. Le choc le projeta au sol avec fracas, trainant son museau dans un mélange de sable, de cendres et de sang. L’arène était silencieuse, sans prendre en compte le bruit des combattants. Il n’y avait qu’une poignée de spectateur pour regarder ce combat, plus pour passer le temps à première vue. Katharr se releva avant que le Nordique ne s’abatte sur lui, il prit ensuite du recul pour esquiver la lame qui filait droit vers son torse, et bondit en direction de son opposant prêt à le frapper au visage avec de ses griffes. Quand le coup atteignit le guerrier au visage, on n’entendit un petit ricanement venant des gradins, mais l’argonien n’en tenu pas compte et continua d’enchaîner aussi sec pour se heurter au bouclier de son ennemi. Le nordique chargea pour repousser l’animal, mais celui-ci ne fit que se mettre en difficulté. Katharr plongea sur le côté, évitant ainsi l’assaut puis d’un mouvement de queue, balaya les jambes de l’homme qui se retrouva sur le dos, lâchant son épée sous le choc. L’issue du combat était terminée.

    L’homme-lézard sauta sur le gladiateur, qui tentait tant bien que mal à se redresser tout en se protégeant de son bouclier, mais les coups se mirent à pleuvoir avec tellement de violence que le visage de l’homme était frappé par sa protection. Puis après cinq minutes interminables où le guerrier tentait de se débarrasser de son agresseur, le bouclier se brisa, et une volée de coups s’abattit sur le visage et la gorge de l’homme, arrachant des lambeaux de chairs et laissant une mare de sang s’écouler de sa trachée…

    Ce premier combat fut le début d’un combattant redoutable. De nombreux duels suivirent, la plupart aussi rapide que le premier, la plupart des combattants s’attendant à affronter un guerrier et non une bête dépourvue d’esprit. A chaque combat, la soif de sang de Katharr grandissait, tout ce que lui avait appris son mentor, qui l’avait renié à son dernier souffle, disparaissait dans les ténèbres de sa cellule et de sa conscience. Le besoin de tuer était tel, qu’il se soumit à Fenryn, devenant une poupée entre les mains du Drès, pour qui l’argent coulait à flot. Celui-ci devint aussi puissant que ses pairs au sein de Larme, grâce à l’argent amassée et la pression des dettes sur les roturiers. Les combats devinrent de plus en plus fréquent, Katharr les enchainait jusqu’à épuisement, les derniers combats étant souvent clandestins pour le plaisir de quelques nobles, et souvent la cause des blessures les plus sévères.

    Avec les années, Katharr devint assez fort et assez côté pour se mesurer face à l’élite de Larme et Fenryn devint le régisseur de toute la ville pour tout ce qui concernés les jeux d’argents et certaines activités illicites aux yeux de la loi. Il avait conquis un domaine que la majeure partie de ses paires dédaignaient prendre en compte, et ce fut sa plus belle réussite. Mais sa cupidité et sa soif de pouvoir fit naître le mépris envers lui, il envisagea donc d’abandonner son domaine et sa Maison pour une contrée plus hospitalière, pouvant lui apporter autant de profit sans risquer sa vie à chaque fois qu’il mettait un pied dehors. Heureusement pour Fenryn, l’un des meilleurs combattants de Larme lui servait de garde du corps pour ses dernières sorties en publiques… Katharr avait tellement perdu de sa personne au fil du temps, qu’il n’avait plus aucuns désirs mis à part le fait de combattre et de tuer, ce qu’il ne manquait jamais de faire auprès de son maître.

    A quelques jours du départ, Fenryn mit en place le plus grand évènement de sa vie, et le plus bénéfique surtout. Mauhul gro-Lazgarn, le Dogmatiseur et champion en titre, contre La Bête de l’arène, ancien disciple de Joree-Lan. Le combat qu’ils avaient commencé il y a huit ans, verra sa fin dans le sang au milieu de l’arène. Tous les parieurs, les marchands, les passionnés, et les combattants n’avaient que cette phrase à la bouche. Ce jeune argonien, qui s’était jeté dans l’arène pour attaquer un gladiateur, et qui était devenu une créature de mort, allait enfin se tenir face au champion, invaincu depuis son titre…

    Dans les ténèbres de sa cellule, Katharr attendait en silence, une sensation étrange le parcourait, sans savoir ce que c’était. Ce combat était comme tous les autres, alors pourquoi éprouverait-il quelque chose de différent ? Le peu de raison qu’il lui restait, voulait le découvrir, et son impatience lui faisait frémir les écailles, et dans cette pénombres, ses yeux de braises étaient plus perçant que jamais. Il avait soif du sang de cet orque, même si il ne savait pas pourquoi, il devait mourir de ses mains à tout prix…

    Puis la porte s’ouvrit et comme toutes les autres fois, les gardes vinrent lui retirer les chaînes qui l’entravaient, pour le conduire dans la lumière, mais quelque chose changea : la présence de son maître. Habituellement on le conduisait à lui, jamais Fenryn n’avait fait le déplacement jusque dans sa cellule, sauf une fois…. sans se souvenir pourquoi.


    Enfin, toutes ses années ont portées leurs fruits ! J’ai enfin le monstre que j’ai tant attendu. Sans pitié, ni hésitation. Celui qui ne peut que vaincre son adversaire quand répandant le sang de celui-ci. Je compte sur toi "Nammou" pour m’apporter la victoire. Après ce combat tu auras assez de renom pour combattre dans tout Tamriel et je pourrais étendre mon pouvoir dans n’importe quelle cité, comme je l’ai fait ici, et je compte bien y rester cette fois. Je pense que la Cité Impériale fera largement l’affaire… Et on dit que son arène possède les meilleurs gladiateurs… Qu’on le prépare ! Vêtissez-le ! Qu’il soit présentable dans l’arène !

    Sur ses paroles, le dunmer repartit en hâte, laissant les gardes l’harnacher et le sangler d’une magnifique armure de gladiateur et une claymore lui fut remise… c’était la première fois qu’on lui donnait une arme pour combattre dans une arène… Et pourtant, il avait l’impression d’avoir déjà manié ce genre d’objet et d’avoir vu cette arme avant…. Il fut mené ensuite dans l’arène au milieu de la foule qui l’acclamait. Etrangement, il y avait beaucoup de races présentes, mais les plus dominantes étaient les dunmers bien entendu, mais aussi les argoniens, ce qui troubla Katharr un moment avant d’être hué par certains :

    - Thuu kaoc lukiul!
    Trad:
    Tu n'est qu'un maudit étranger !

    - To waxhuthi chalxan Saxhleel!
    Trad:
    Saleté de tueur d'argoniens !


    Puis le vacarme fit place au silence, alors que la grille face à l’argonien se levait. Katharr lança un regard dans la loge où son maître avait l’habitude de se placer, pour avoir l’approbation d’attaquer. Le signal ne vint pas tout de suite, son maître étant apparemment trop occupé avec une dunmer… Elle était assez grande, avec une légère maigreur de ce qu’il jugeait malgré la distance. Il put discerner de longs cheveux pâles, comme sa peau. Il s’attendait à la voir se briser aux moindres chocs. Il crut même apercevoir des bijoux et du maquillage. Et à l’éclat de ses étoffes, il conclut que c’était surement une noble suffisamment riche et surtout jeune, pour intéresser Fenryn.
    Inconsciemment, l’argonien laissa échapper un grognement… Comment sont maître pouvait-il s’intéresser à autre chose que ce combat ? Cela fit naître un sentiment de haine envers cette dunmer, qui n’avait pas l’air absorber par le combat d’autant plus.

    L’orque arriva au centre de l’arène face à Katharr. Il ne portait que peu de protections, aux poignets, aux épaules et aux genoux. Vêtue d’une jupe retenue par un harnais de combat et une ceinture de gladiateur dorée. Il faisait deux fois la taille de l’argonien et tout son corps était couvert de cicatrices qu’il semblait exposer avec fierté. Son visage était défiguré par les coups qu’il avait encaissés, lui donnant un air dur et brutal, avec le regard sévère, une tresse trainant à l’arrière de son crâne et une défense brisé. Il laissait échapper un râle à chaque expiration puis il déclara :


    Alors c’est donc toi, la bête dont tout le monde parle ? Tu es là pour prendre mon titre comme je l’ai pris à ton instructeur ? Je pensais t’avoir appris que rien ne peut me vaincre ! Malheureusement, la marque gravée sur ton œil n’a pas l’air d’avoir gravée ta mémoire Raahhraaahrraaaaahhh !

    Soudain, quelque chose dans l’esprit de Katharr sembla refaire surface… des brides de souvenirs. Un argonien… un maître… un père… Cette orque dans un combat à mort… la claymore, la cicatrice, la douleur qu’il avait enfoui au plus profond de lui avec ses souvenirs. Ceux de son père mourant, jetant toute la responsabilité de ses maux sur lui… Il avait tout perdu à cause de cet orque… Et la haine remonta… La haine envers Mauhul…. Mais surtout la haine envers Fenryn Drès… Haine, qu’il a déversé sur ses adversaires depuis huit ans alors qu’elle servait celui dont elle était destinée… L’argonien ne put contenir sa rage plus longtemps….

    Je suis Mauhul gro-Lazgarn, le dogmatiseur ! Et je vais t’apprendre que la mort est douce comparée à ce que je vais te…

    Le coup fila droit sur le champion, qui para de justesse avec un de ses marteaux. Katharr ne contrôlait pas ses gestes. Ils étaient instinctifs, comme si tout son être s’opposer à l’existence de Mauhul. Les coups se mirent à pleuvoir sur l’orque, laissant retentir le bruit du métal à un rythme soutenu. Puis le champion dévia une frappe, et alla fracasser quelques côtes à l’argonien avec son deuxième marteau.
    Le malheureux eut à peine le temps de reprendre son souffle qu’un autre coup vint sur son épaule droite. L’esquivant à temps, il ne sentit que le choc du sol… Il se trouvait maintenant à terre face à un colosse prêt à le marteler comme une lame sur une enclume. L’orque abattit ses deux marteaux de guerre sur son adversaire mais pas assez vite, l’argonien venait de rouler sur lui-même afin d’éviter l’impact.

    Le temps que le Dogmatiseur se redresse, Katharr exécuta une frappe à l’horizontal pour trancher le bras de l’orque, mais ce combattant savait comment ce sortir d’affaire. Il lâcha le marteau du bras qui était visé pour être libre de ses mouvements, le relevant le plus vite possible pour éviter le tranchant de la lame, et dans l’élan, il utilisa la vitesse de son corps pour frapper l’argonien sous la mâchoire, avec son deuxième marteau, le mettant une nouvelle fois à terre et la gueule en sang. Mais le vieil orque se retrouva aussi à terre car sa manœuvre l’avait complétement déséquilibre, laissant un temps de répit au Lukiul.

    Ayant repris ses esprits, Katharr regarda Mauhul se relever et se diriger vers son marteau. Malgré la douleur, il se releva, poussait par la rage qui l’animait. Il saisit sa claymore, et fonça sur son adversaire, trainant la lame derrière lui. Le champion vit son assaillant arriver et laissa son marteau, favorisant sa défense et se prépara à l’impact avec la seule arme qu’il lui restait. Mais Katharr ne fit pas ce qu’il attendait… Au lieu de le frapper son adversaire, il pivota sur lui-même avec sa lame toujours au contact du sol et ainsi que sa queue, ce qui eut pour effet d’élever un nuage de sable et de poussière enveloppant l’argonien et se dirigeant sur l’orque. Le malheureux n’eut pas le temps de se protéger suffisamment les yeux, qui furent agressés par toutes ses particules de sable. Frottant un œil avec son poignet gauche, il tentait de discerner son adversaire avec l’autre œil, bien que ce ne fût qu’une torture pour lui, mais il ne sentit que l’acier lui entailler la chair et les os. Mauhul lâcha un rugissement de douleur, et l’on pouvait lire la crainte et l’incertitude dans son regard, quand il découvrit l’absence de sa main droite… Katharr venait de lui sectionner l’avant-bras, et s’apprêtait à faire de même avec l’autre quand le nuage de poussière retomba. Le champion utilisa le peu de force qu’il lui restait, mêlé à l’adrénaline et la douleur insoutenable, pour se jeter sur le côté et éviter le coup.

    Fenryn se mit à rire aux éclats avant de se tourner vers sa voisine :


    Ist ru homag ohn yi muthsera Drès Valadrith ? Os ohn home'ath bahr ist fut N'wah ebahr throgah?
    Juohn serjo is yagla'ag yi falmed urithir sut isk gahshuhn euh os daelhad hij ohn balmarid ruhnjad devehr yi shoul… Yaglag enthi lo ujil Cyrodiil. Os aradir bahpun s'wit isk Cyrodiils luvahr yi khamir en julkhes fut os Armake'ag iru ean bahrsa'eltim devahr isk fut os isk yagla’an ! Ist ru homag ohn serjo?"

    Trad:
    Que dites-vous de cela ma chère Drès Valadrith? Ne vous avais-je pas dit que cet esclave était puissant ? Je vous remercie d’être venu me tenir compagnie pour cet événement, mais j’aimerais maintenant vous faire part de ma pensée… Venais avec moi en Cyrodiil, je convertirais rapidement ces crétins d’impériaux sous ma volonté et la richesse que j’ai extrait ici, sera ridicule comparé à ce que j’aurais à venir ! Alors Qu’en dites-vous ma dame ?

    La jeune dunmer regarda Fenryn avec dégoût avant de se lever de son siège pour quitter la tribune.

    Solsif... Os e luvahr ohuhm arghen... Ohn yaglan devehr ohn hadot ku'ay os ean eshtik di'ota jibu Drès Ruhn.
    Trad:
    Glacial… Je suis sous le charme… Vous viendrez de vous-même quand je serais le plus riche de la maison Drès.

    L’orque jura, alors que sa blessure était souillée par le sable et la poussière, et tenta de se relever mais l’argonien s’élançait déjà sur lui. Le champion ne pouvait pas esquiver cette fois et il n’avait plus assez de force pour parer avec seulement une main… Il tenta donc de contrer en frappant son adversaire. Le coup porta ses fruits, Katharr se retrouva désarmé par le marteau de l’orque, sa main le faisait souffrir et sa lame trainait au sol. Mauhul se sentit soulagé, mais son adversaire le frappa au visage avec le pied, lui faisant lâcher son marteau sous le choc et lui faisant mordre la poussière. Les spectateurs qui avaient retenus leurs respirations à cause de ce dernier échange, commencèrent doucement à se faire entendre, certains allant jusqu’à encourager l’argonien pour qu’il en finisse avec son opposant.

    Katharr posa son genou sur le cou de l’orque pour éviter qu’il ne se dégage et le privé d’air. Puis il enchaina les coups au visage jusqu’à s’essouffler. Le champion encaissa les coups, les uns après les autres, le sang lui coulant du nez, de la bouche et de plaies qui s’étaient ouvertes. Plusieurs des dents qui lui restaient, étaient tombées et son œil gauche était boursoufflé. Malgré cela, il profita du ralentissement des mouvements de l’argonien dû à ses coups répétés, pour le saisir au genou et le renverser au sol. Il en profita pour se redresser avant l’argonien et lui envoya un direct.


    Maudite bête ! C’est MOI le champion ! C’est MOI le dogmatiseur ! Et c’est MOI qui vais te tuer ! SI TU CROIS QUE TU AS UNE CHANCE…

    Alors que Katharr s’apprêtait à refaire face à son adversaire après le coup qu’il venait de recevoir. Mauhul sortit une lame qui était cachée dans sa ceinture et le frappa au même endroit qu’il y a huit ans, mais cette fois-ci, il s’assurait de toucher l’œil en frappant à l’horizontal. L’argonien émit un grognement de rage alors que sa main, plaqué sur son œil droit, laissait filtrer des coulées de sang… Le champion se mit à glousser alors qu’il semblait avoir repris le dessus sur son adversaire puis il perdit toute assurance quand Katharr se tourna vers lui et lança un regard, que l’on aurait retrouvé chez une bête sauvage, emplie de rage et n’ayant pour unique but que de détruire tous ce qui l’entourait. Et pour la première fois depuis qu’il était devenu gladiateur, Katharr prit la parole dans un éclair de lucidité :

    Je suis La Bête… Crains-moi !

    Sur ces quelques mots, il enleva sa main pour révéler un œil intacte, exprimant la même impression que l’autre. Une plaie ouverte parcourant les deux côtés de son œil, laissant croire qu’il pleurait des larmes de sang mais qui ébranla tout de même le champion. L’argonien se jeta sur Mauhul qui tenta d’arrêter le coup de poing de son ennemi, mais c’était justement ce que recherchait l’argonien qui agrippa le bras restant de l’orque d’une main et saisit fermement l’épaule droite avec l’autre. L’orque n’avait plus assez de force et sentit la fin approcher alors qu’il recevait un coup de queue à l’arrière du genou droit, ce qui le déséquilibra et le fit chavirer. Désormais à genou face contre face, le regard de l’orque fut comme aspiré dans celui de son ennemi, la peur lui défigurant le visage. Puis Katharr fit un mouvement de recul de la tête, ouvrit la gueule et se jeta sur la gorge de Mauhul. L’orque se mit à hurler de tout son souffle alors qu’il sentait les crocs s’enfoncer dans sa chair. Puis plus rien…

    Alors que l’argonien arrachait un énorme lambeau de chair, pour recommencer à dévorer sa proie. Quand son appétit fut rassasié et qu’il ne restait plus d’étincelles de vie dans la carcasse de l’orque, Katharr alla chercher son épée dans le silence le plus total. Le temps semblait suspendu… Personne n’arrivait à prononcer le moindre mot à cause du choc. C’était la première fois qu’un acte aussi monstrueux s’était produit en ce lieu pourtant habitué aux atrocités… Il marcha de nouveau vers Mauhul, en brandissant de ses deux mains sa claymore, et la planta dans le cadavre de l’ancien champion dans un hurlement de rage. Un moment passa, quand enfin le silence fut brisé :


    - Vive le nouveau champion !
    - Vive les Crocs du Marais !

    Soudain, un argonien se mit à crier en Jel, suivit petit à petit par tous les argoniens dans les gradins :

    XEH-ANO ! XEH-ANO ! XEH-ANO !
    Trad:
    Crocs du Marais ! Crocs du Marais ! Crocs du Marais !

    Katharr fut légèrement surpris par ce revirement, ceux qui le huer avant, ce mettaient à l’acclamer. Il brailla ensuite :

    Je… suis… Xeh-Ano ! Je… suis… Les Crocs… du Marais ! Personne… ne pourra… m’arrêter !

    Il se tourna ensuite dans la tribune de Fenryn, le regardant avec le même regard qu’il venait de faire à Mauhul.

    Et ceci… est ma vengeance !

    Fenryn Drès voyant que ces paroles lui étaient destiné se leva de son siège pour se tenir debout de toute sa grandeur, se donnant un air supérieur, dans sa loge. Un rictus au coin de sa bouche et le regard intéressé par ce qu’il venait de voir, il se chuchota à lui-même :

    Voyez-vous ça….


    Dernière édition par Xeh-Ano le Dim 4 Jan - 0:27, édité 1 fois


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    Chapitre V

    Message par Xeh-Ano le Dim 4 Jan - 1:15

    La Fin d'un Empire



    Les soubresauts et le roulis continu d’une charrette finirent par réveiller le nouveau champion de Larme. Son corps était douloureux, ôté de ses vêtements et entravé par quatre chaines en fer. Sa vision était trouble, et son esprit encore embrumé essayait de surmonter les sensations déplaisantes qui parcouraient son corps nu, pour tenter de se relever et par là même occasion, savoir où il se trouvait. L’effort le faisait bien trop souffrir pour qu’il se redresse complétement mais à force de temps et de détermination, il progressa, pour finir par heurter le haut de ses cornes sur des sortes de barreaux métalliques, le laissant dans une position à demi-accroupie. Sa vision étant toujours affectée, il tenta de visualiser l’objet au-dessus de lui. Il se rendit vite compte qu’il n’était pas seulement au-dessus mais tout autour de lui… Xeh-Ano se trouvait dans une cage, bien plus petite que sa cellule dans la geôle de Fenryn.

    L’argonien tenta de rassembler le peu de mémoire qu’il lui restait avant de se retrouver ici mais n’en tira que quelques brides. Il se souvint de son combat, d’une rage inassouvie, des acclamations de son nouveau nom quand il quitta l’arène… Et des gardes qui l’attendaient, à l’abri des regards, pour le prendre par surprise, le mettre au fer et le tabasser jusqu’à l’inconscience. Cela ressemblait bien aux habitudes de son maître. Il n’allait pas laisser la possibilité à son esclave de jouir de son titre et de son renom en ville pour se libérer, ne serait-ce qu’un peu, de son emprise.

    Katharr ouvrit enfin les yeux pour voir la ridicule cage dans laquelle il se trouvait… certainement utilisée pour transporter des bêtes comme des durzogs ou des guars, et recouverte d’un tissu rouge pour dissimuler son contenu. L’argonien l’attira au travers des barreaux, pour être aveuglé par un soleil de plomb et sentir une légère brise sur toutes ses écailles… Après un court laps de temps, ses yeux s’habituèrent à la luminosité pour découvrir un paysage qu’il n’avait encore jamais admiré. Le sol n’était ni boueux, ni recouvert d’eau comme dans les quelques souvenirs de sa vie passée en Argonie. Il était recouvert de verdure à perte de vue, mis à part un village ou deux, visibles au loin grâce aux feux de cheminées, et quelques ruines qui semblaient se faire engloutir par la nature. Les collines, les champs, les forêts et les montagnes… Tout cela était bien étrange et nouveau pour lui qui n’avait jamais vraiment exploré le monde, lui qui n’avait voyagé que deux fois dans sa vie cherchant sans cesse à s’échapper ou trop occupé à écouter ce que son ancien mentor lui disait… Si il avait su que le restant de sa vie il allait se retrouver entre les murs d’une cité ou enfermé dans une cellule...

    Aujourd’hui il avait là une occasion de profiter de l’extérieur et d’un nouveau paysage. Mais ce fut vite gâché par l’arrivé d’un cavalier dunmer :


    Ouajihr S'wit !? Ohn eshtik arke'ag ghinu ohm shoreshik?
    Trad:
    Alors, chien !? Tu n'es plus amoché de ta leçon?

    Le cavalier sortit une lame de son fourreau, attaché à sa ceinture, et frappa à plusieurs reprises avec le plat de son épée sur les barreaux où s’était adossé l’argonien, produisant un bruit désagréable en plus de la douleur des coups sur son corps douloureux qui se ressentaient grâce aux fers, de qualité apparemment médiocre…

    Havag ! Ulorag lo ohm hidyivin N'wah! Hahaha ! Jikhig lo at hagil gahshuhn sut amurod yi daeljuhn sut at hagil ferghen !
    Trad:
    Allez ! Montre-moi ta gueule, esclave ! Hahaha ! Donne-moi une nouvelle opportunité de rassembler mes amis pour une nouvelle punition !

    L’argonien ni prêta attention qu’en s’écartant des barreaux pour ne pas subir une nouvelle pluie de coups.

    Tsss... Baldrahn sut Betmer... Meshti ! Os havad ahardid Serjo Drès ist ohm eshtik druhad. Baldefur ohm wehbin yi mer devahr as oam ! Hyaaa !
    Trad:
    Tsss… Saleté de Betmer. Bien ! Je vais informer Serjo Drès que tu n'es plus endormi. Par contre, tu regretteras ma présence à la sienne.

    Le cavalier partit en avant de ce qui semblait être un convoi, aux sons des roulis et des sabots, ainsi que des quelques voix qui se faisaient entendre. Apparemment il devait être en bout car il n’y avait personne derrière la charrette et une pile de meubles et de coffres lui occultaient l’avant du véhicule. Après quelques instants, Xeh-Ano vit plusieurs hommes, bêtes, voitures et carrioles remplis de nobliaux ou de richesses, arrêtés sur le bord du sentier. Chacun se remettant doucement en route une fois l’argonien passé devant, une façon pour Fenryn de montrer aux dissidents ce qu’il en coûte de laisser paraître, ne serait-ce qu’un court instant, l’envie de lui résister… Ou alors était-ce sa manière d’exhiber le trophée de sa puissance aux yeux de ses partisans. Le chariot finit par ralentir au niveau d’un carrosse. La porte s’ouvrit pour laisser paraitre son maître, entouré de charmantes compagnes, de denrées et apparemment venaient de s’offrir leur troisième bouteille.

    Sera os ohn alshokag yi gah'amer sha shogur luvahr as ammu "Les Crocs du Marais" ! Pas si mal trouvé je pense. Il te va bien… Dommage que tu te le sois attribué sans m’en demander la permission ! Alors vengeur ? La promenade te plait-elle ? Vois-tu, je ne comptais pas partir si précipitamment, même si j’avais un maigre doute que l’orque te tue, je ne m’attendais pas à ce que tu fasses pareil spectacle… A cause de cela, la foule voulait t’acclamer hors de l’arène et il me fut difficile de faire disparaitre leur champion pour l’emmener avec moi ! Et avec mes ennemis aux trousses !
    Trad:
    Mes dames, je vous révèle mon champion aussi connu sous le nom "Les Crocs du Marais" !

    Il prit la bouteille récemment ouverte et s’enfila une lampée avant de jeter la bouteille à moitié remplie pour aller se fracasser sur la cage de l’argonien.

    Mais rassure toi ma créature. Là où nous allons, il n’y a nul admirateur pour te soutenir, nulle âme pour te protéger de ma volonté… Personne !

    Il prit une pomme qui trainée dans une coupelle sur la banquette en face de lui. Après avoir croqué dedans il la tendit en direction de Katharr.

    Avant cet incident, tu me servais convenablement, tu m’étais loyal et tu m’obéissais. Je ne pouvais tolérer le moindre signe de rébellion… Voici ta punition. Mais vu que je suis un maitre clément, je t’offre ta dernière chance. Accepte ce que je t’offre, et je promets d’améliorer ta condition. Fini les combats clandestins et les combats à mort ! Terminé les séances de torture et les passages à tabac ! Je t’enlève les chaînes et plus de cellules. Tu seras mon serviteur, mon champion et mon protecteur et tu auras tout ce qu’un esclave de ta condition mérite. C’est au moins ce qu’il te faut pour que tu acceptes ma proposition et que je n’ai pas à t’abattre, n’est-ce pas "Xeh-Ano" ?

    Il se cramponnait à la portière de la voiture et se penchait au-dessus du sol pour tendre cette pomme au travers des barreaux. A ce moment, Katharr comprit que le dunmer pouvait très facilement chuter et avec un peu de chance, tomber sous la roue du carrosse, le rendant infirme ou le tuant sur le champ. Il regarda Fenryn dans les yeux qui renvoyaient les deux braises qui s’enflammaient dans les siens. Il tendit la main et l’agrippa avec force puis il l’attira vers lui précipitamment.

    Il mit un moment pour réaliser ce qu’il venait de faire et pour se conforter en se disant que c’était le choix le plus judicieux. Il serra contre lui la pomme qu’il venait de recevoir, et il baissa le regard en signe d’acquiescement et de soumission auprès de son maître.


    Je suis satisfait de ta décision, savoure cet instant et tous ceux qui viendront bientôt à nous !

    Puis il se rassit, entouré de ses deux compagnes et il referma la porte… Il s’adressa ensuite à elles une fois la carriole de l’argonien hors de vue.

    Ohn taljeg lacor dugahl adur bahrsa'eltim ?! Ku'elm oam molhan kol hagil gher at molhamar os lo ruin telshahr oam drahag en os shotelan at hagil gah'amer... Oam yilag eshtik taljeg ohn? Oam harig eshtik isk khamir... isk molhad... Oam balorig hadik isk fut oam balma'ath yi eshtik gah julkhes.
    Trad:
    Vous voyez comme ces bêtes sont ridicules ?! Lorsqu'il se battra à nouveau dans une arène, je m'arrangerai pour qu'il meure et je trouverai un nouveau champion... Il ne me sert plus, voyez-vous ? Il n’a plus cette volonté de tuer… de lutter… Il a perdu tout ce qui faisait de lui ma plus grande richesse…

    Quand le soleil se coucha, la caravane fit halte et se mit à préparer les tentes pour passer la nuit. Xeh-Ano regardait les Mers s’affairer à leurs tâches en silence, examinant chaque homme et femme et leurs rôles au sein du campement. Il se demandait si quelqu’un aller daigner lui jeter un reste de nourriture ou du moins un peu d’eau. Mais tous passaient leurs chemins sans s’intéresser à lui ou alors c’était des gardes qui riaient de lui en faisant leur ronde. La soirée se prolongea ainsi… la caravane était composée notamment de soldats, mais aussi des roturiers ou nobles alliés de Fenryn, ainsi que leurs familles, leurs animaux, leurs serviteurs et de leurs biens. Il semblait bien qu’ils avaient quittés les contrées de Morrowind pour ne jamais y revenir… Les enfants déambulaient entre les tentes, parfois un chien ou un chat se faufilait dans l’une d’entre elles. Pendant ce temps les serviteurs s’activaient à rendre le campement suffisamment confortable pour leurs maîtres, s’occupaient des guars et des chevaux et d’autres se relayaient près du feu pour préparer le dîner pour toutes ces bouches à nourrir.

    Entre deux rondes, Xeh-Ano eut la visite d’une jeune esclave argonienne qui tenait entre ses griffes un paquet enroulé dans de vieux draps déchirés. Après avoir vérifié que personne ne la verrait, elle s’accroupit près de la cage et déballa son bien avant de le tendre aux « Crocs du Marais » au travers des barreaux. C’était un quignon de pain accompagné de ce qu’il semblait être un petit bout de volaille cuit et d’un minuscule bout de fromage. La saxhleel se mit à s’exprimer dans un dialecte que Katharr n’avait plus entendu depuis avoir quitté le Marais Noir, même si il eut un bref rappel lors de son combat contre Mauhul. Il se rendit vite compte que cette langue ne signifiait plus rien pour lui… L’argonien saisit les mets tendus de sa semblable en laissant paraitre un signe de gratitude.


    Mm…eerrr….cciii…

    Dans son esprit, Katharr fut abasourdi par la difficulté qu’il avait à s’exprimer. Il lui semblait se souvenir qu’il savait converser avec d’autres… dans un passé qui lui paraissait si lointain. Il avait prononcé des paroles compréhensibles aussi dans l’arène, de cela il s’en souvenait vaguement, mais il était incapable de se souvenir d’où ses mots étaient venus ni même où il les avait appris. C’est à ce moment, dans cette cage avec la compagnie d’une inconnue, au milieu de nulle part et dans une province qu’il ne connaissait pas, qu’il comprit que son maître ne l’avait pas seulement torturé et entrainé pour le combat. Il lui avait aussi effacé les souvenirs de son passé par un quelconque conditionnement. Il ne lui restait que quelques brides à diverses années et toutes étaient assez embrumées… Cette jeune femme venait de lui faire réaliser ce qu’il avait perdu sans s’en rendre compte. Il fut sorti de ses pensées effroyables par une demande répétée de l’argonnienne.

    Je… comprends… pas… dit-il avec toujours autant de difficulté comme si les mots se mouvait dans un tourbillon et qu’il lui était impossible à distinguer les uns des autres.

    Après un moment de surprise, l’argonnienne se mit à parler dans la langue commune.


    Excuse-moi, je pensais que tu venais comme moi du Marais noir ou que du moins que tes parents t’avaient appris le Jel… Je dois reprendre depuis le début je suppose… L’Hist m’a nommé Ereel-Sa. Elle désigna la nourriture dans les mains de Xeh. C’est un don de certains argoniens présents au camp… On a tous entendus parler de ton combat et le fait que tu t’es rebellé face à ton maître aux yeux de tous. Ça donne à certains un peu d’espoir de voir qu’il y a encore des frères qui ne se laissent pas mater par leurs maîtres telles des vagues dans la rivière. On dit même que bientôt les argoniens seront libres de l’esclavage, depuis que notre peuple est venu aider les maîtres contre l’invasion akaviroise, et que nous serons égo face aux dunmers… Mes maîtres sont bons avec moi, mais j’aimerais revoir ma famille en Argonie et revenir à l’Hist… Refaire parti du courant…. Elle s’interrompit, le regard triste et perdu dans le vague, alors que Katharr continuait de savourer la nourriture qui lui semblait divine. Et toi Xeh-Ano ? Ou si ce n’est pas indiscret de me dire ton surnom, que comptes-tu faire une fois libre ?

    Il s’arrêta net. Libre ? Cette idée ne lui avait jamais traversé l’esprit. Qu’allait-il faire? Où irait-il ? Il n’avait pas vraiment de but ni d’envie… Il fit « non » d’un signe de tête avant de finir le dernier morceau de pain et de tendre les morceaux de chiffons.

    Oh ! Je vois…

    Elle sembla déçu que Katharr ne lui ai pas révéler un nom qu’il n’a jamais reçu.

    Pardonne-moi… Que le soleil me dessèche sur place ! J’en oublie que ton sort est incertain par rapport au miens… Mais si jamais tu voulais retourner vers ton peuple, je serais ravie de t’accompagner pour le voyage… Enfin… Je veux dire… Faire le trajet ensemble ?

    Elle semblait maintenant gêner et l’argonien aurait eu l’impression que les écailles de la saxhleel, prenaient une teinte d’un léger rouge… Elle tendit ses mains pour prendre les lambeaux et fit mine de dériver pour qu’elles entre en contact avec celle du gladiateur. Elle fit un sursaut et tomba en arrière le regard effaré, comme si il venait d’arriver quelque chose à Katharr.

    Qu… C’est donc vrai. Je ne t’ai pas senti… Comme si tu étais vide. Tu n’es pas connecté à l’Hist… à nous, tu n’es pas Saxhleel, et tu ne vaux pas mieux que les autres races… Lukiul !

    Sa peur se mêla en tristesse et en colère, comme si elle reprochait à Xeh-Ano de l’avoir trompé et de s’être moqué d’elle depuis le début. Elle allait renchérir quand une flèche vint se planter dans sa tempe, la tuant sur le coup. Soudain des cris se mirent à retentir dans tout le campement, les plus compréhensibles furent :
    Asuhn osuhn marghag !!!
    Trad:
    On nous attaque !

    La panique gagna tout le monde. Des gardes fonçaient à l’assaut, les femmes couraient dans leurs tentes avec leurs enfants ou fuyaient dans la pénombre avec quelques objets précieux. On aurait dit qu’une ombre s’était abattue sur eux. Xeh-Ano pouvait voir des gardes tomber soudainement, frapper par l’obscurité et ne laissant qu’une flèche plantée dans leur corps ou une gorge tranchée laissant gicler leur sang encore chaud. Les bruits de combats commençaient à retentir un peu partout, mais celui des victimes agonisant ou de ceux voyant la mort s’abattre sur leurs proches, ne faisaient que s’amplifier à chaque décès.

    Soudain le feu se déclara, avalant une tente dans ses flammes et certainement ses occupants aussi. Il se propagea avec une grande vitesse, sautant d’une toile à l’autre ou se laissant transporter par une personne qui se faisait dévorer par celui-ci.

    L’argonien pensa qu’il allait mourir dans cette cage, comme un animal que l’on abat ou tout simplement brulé vif si personne ne s’intéressait à son sort. Mais finalement l’espoir lui revint quand il vit un groupe de gardes se diriger vers lui avec Fenryn en son centre, brandissant l’épée d’une main et tenant fermement un objet fin de l’autre. Quand il arriva à mi-parcours, un soldat s’écroula au sol avec un trait planté dans l’œil droit. L’agitation s’installa dans le corps de garde et leur rang s’en retrouva amoindri, certains commencèrent à prendre peur et à essayer de protéger ce qui ne l’était pas par leurs armures alors que d’autres se mirent à charger vers leurs adversaires.


    Fredag ohn ! Erufig isk morfijin ! Lança Fenryn.
    Trad:
    Défendez-vous ! Repoussez ces assassins !

    Le groupe s’était éparpillé ne laissant plus qu’un garde au côté du Drès. Quand il fut assez près, L’argonien pu constater que le petit objet fin dans la main du dunmer était une clé et cela lui redonna de l’assurance, il n’allait pas mourir sans se battre.

    Tiens ton engagement ! Défends-moi comme je te l’ai ordonné, sur ta vie si il le faut !

    Alors que l’argonien s’apprêtait à sortir et que Fenryn tentait d’ouvrir le verrou, le dernier garde périt, un couteau de lancer fiché dans le bas de la nuque. Le Drès qui avait des difficultés avec la serrure, tellement ses mains tremblées, réussi enfin à ouvrir la cage. Xeh-Ano s’en extirpa pour se tenir au côté de son maitre.

    Tes effets sont dans l’une des malles de cette charrette derrière ta cage ! Dépêche-toi de prendre ton épée et emmène-moi loin d’ici !

    Katharr regarda dans la direction que lui avait décrite Fenryn puis vers le garde qui gisait au sol.

    Tu m’as entendu, chien ?! Mais qu’est-ce… ?

    Le dunmer venait de recevoir quelque chose dans la main que venait de lui remettre de force l’argonien. Cela ressemblait à un fruit, une pomme pour être précis et avec pour particularité qu’elle avait une partie qui avait déjà était croqué… C’était la même pomme qu’il avait mangé, puis tendu à son esclave plutôt dans la journée. Sauf que cette pomme était restée intacte depuis…

    Puis il sentit une terrible douleur à l’estomac. Ne voyant plus que la garde de l’épée s’enfoncer dans sa chair et laissant son sang s’échapper de son corps, ruisselant sur les mains de Katharr. Le gladiateur s’était emparé de la lame du soldat, pendant que son maître avait son attention troublé un bref instant par ce qu’il venait de lui remettre et en avait profité pour mettre un terme à son emprise. Le Drès venait de lâcher son épée et tentait de retirer l’arme qui le faisait tant souffrir, puis Xeh-Ano frappa d’un coup de poing au niveau du pommeau, stoppant l’effort du dunmer et laissant la douleur le submerger pour finir par le mettre à genoux.

    L’argonien s’en alla vers la charrette qui contenait sa lame, et l’extirpa de la malle ainsi qu’un sac contenant les vêtements de gladiateur qu’il portait lors de son dernier combat. Il n’enfila que la jupe, une ceinture et des manchettes avant de saisir son arme et de se retourner vers sa victime qui dans son état, n’avait pratiquement pas bougé.


    Pourquoi ?! Qu’as-tu fait stupide créature ?! Je t’offrais la gloire et voilà ma récompense ?! Tu as tout détruit ! J’y étais presque…. Mon empire…

    Ce furent ses dernières paroles.

    Sa tête alla rouler dans la cage où Xeh-Ano était enfermé quelques minutes avant, et son corps s’écroula près de la pomme, laissant la lame toujours empalée, pointée vers le ciel.

    Pour la première fois de sa vie Katharr se sentit seul. La seule personne qu’il connaissait, venait de périr de sa main et maintenant il ne lui restait plus rien. Ce sentiment de solitude se mua en vide…. Qu’allait-il devenir maintenant ? Il ne savait pas où allait et son maître n’était plus là pour lui donner des ordres. Tout semblait s’écrouler autour de lui et disparaitre dans les flammes. Lui qui pensait haïr cet homme se rendait compte maintenant que c’était la personne qui avait donné un sens à sa vie et qu’il venait de se l’interdire à jamais. Alors que son esprit s’effondrait, deux ombres s’approchèrent de la tête de Fenryn Drès. L’argonien les remarqua à peine, toujours hébété de ses sentiments qui lui brisaient l’esprit. L’un fit signe à l’autre, qui se mit à partir dans une direction opposé au gladiateur, et le dernier dégaina une lame d’ébonite et avança avec précaution vers lui. L’individu portait une armure en chitine sombre, recouvrant entièrement son corps, avec quelques toiles de tissus pour mieux se dissimuler dans la pénombre et un châle pour masquer les parties de son visage à découvert de son casque. Les deux lentilles de son casque étincelaient avec le reflet des flammes et leurs insufflaient une impression maléfique, qui procurait au personnage une aura encore plus inquiétante.

    C’est alors que l’homme s’élançait pour frapper d’un coup mortel Katharr, que celui-ci esquiva de peu l’attaque avant de se mettre en garde face à son assaillant. L’assassin semblait contrarié d’avoir raté une cible aussi facile mais resta prudent face à cet argonien qui montrait des marques de combat sur tout le corps. Il avait apparemment sous-estimé son adversaire mais n’allait pas reproduire cette erreur, sachant maintenant à quoi s’attendre. Quant à Xeh-Ano, il avait toujours l’esprit dans le vague, n’agissant que par instinct, à croire qu’une force autre que la sienne faisait bouger son corps et luttait pour sa survie.

    Le temps était comme suspendu dans ce paysage de chaos, rongeait par les flammes, des corps éparpillés un peu partout, des tentes saccagées et charrettes détruites à cause des combats entre les gardes et les assassins. Puis l’homme exécuta un coup transversal au niveau du bras de son opposant, tentant de l’handicaper pour manier sa claymore. Le lukiul fit un bond en arrière avant de contre-attaquer en lançant un coup vertical pour séparer le guerrier en deux, mais celui-ci fit une roulade sur le côté, se rapprochant suffisamment pour tenter de frapper la jambe de Katharr. L’argonien para en déviant son coup vers la lame d’ébonite puis retenta un assaut en faisant un balayage et ainsi repousser son adversaire.

    L’assassin recula in-extremis pour éviter l’attaque et marqua un temps d’arrêt pour reprendre son souffle. L’argonien était plus rapide qu’il ne le laissait paraître au premier abord, surtout si l’on prenait en compte son arme imposante. L’inconnu savait qu’il n’aurait pas le dessus en utilisant la force, il devait se montrer plus rapide, habile mais surtout plus rusé. Il relâcha d’une main la prise sur sa lame et saisi quelque chose dans une besace accrochée à sa ceinture. L’assassin fit ensuite un pas de côté et attaqua avec une simple frappe, qui fut aisément paré par Xeh-Ano, mais utilisa cette ouverture pour lancer quatre dards de sa main libre. Le gladiateur relâcha la pression sur la lame de son opposant pour mieux éviter les dards en pivotant sur lui-même, mais il fut touché superficiellement au bras gauche par la lame et reçu l’un des projectiles à la cuisse droite. L’homme dégaina ensuite un tanto dissimuler derrière lui et attaqua sur deux fronts, en visant l’épaule droite et la hanche gauche. Parant la lame d’ébonite et esquivant la seconde frappe en se penchant en arrière, laissant le coup filer pour que la tête de l’argonien soit à hauteur du coude de son adversaire. Il utilisa alors l’opportunité que venait de lui donner son ennemi en se rapprochant autant, et frappa de son crâne contre le visage de l’homme masqué, visant surtout la bouche et les yeux que le casque ne semblait pas protéger. Xeh-ano misait sur ses cornes pour faire un maximum de dégâts sur l’assassin, espérant lui avoir au moins brisé la mâchoire.

    Celui-ci fut momentanément étourdi par le coup qu’il venait de recevoir de plein fouet, il baissa le châle qui couvrait sa bouche, pour la laisser paraître complétement déformée par la douleur et ensanglantée, tout comme son nez qui était à présent tordu et du retirer son casque à cause des lentilles qui étaient complétement brisées, dévoilant ainsi son teint sombre, son œil rouge comme la braise, et ses oreilles pointues. Son œil gauche saigné abondamment, certainement à cause d’un éclat de lentille qui l’avait atteint lors de l’impact, et deux plaies ornées maintenant son front. La tête de l’argonien le faisait souffrir, mais fort heureusement il n’avait que de légères égratignures et quelques coupures, ses écailles ayant protégées du verre et résistées aux chocs. Mais il fut pris soudain de vertige, voyant ce qui l’entourait vaciller autour de lui. Il pensa alors à retirer le dard de sa jambe, laissant un liquide s’égoutter sur la pointe de l’arme, il venait d’être empoisonné. Le simple fait de tenir debout devint difficile, constamment en train de se maintenir en se servant de sa queue pour garder l’équilibre et exécuter des frappes dans le vide pour repousser toutes attaques, se rendant compte que sa perception des distances était aussi affectée. Une fois le dunmer remit du coup au visage, il observa son adversaire se débattre avec difficulté, il sut que le venin faisait son effet, bien que normalement la victime aurait dû se retrouver pris d’une terrible agonie, mais que le reste se ferait sans trop de difficulté. Il s’approcha, repoussant la claymore avec aisance et planta son tanto dans la hanche. L’argonien avait réagi suffisamment vite pour éviter que l’assassin ne le plonge dans son abdomen mais se savait en péril, n’ayant plus assez d’allonge pour atteindre facilement son ennemi avec son arme. Son regard commençait à se perdre sur ce qui l’entourait, se sentant condamné sans savoir comment se débarrasser de son assaillant. Puis son regard s’enflamma de nouveau pour fixer ensuite celui du dunmer.

    Katharr se servit de la garde de son arme pour bloquer la lame d’ébonite de toute frappe et empoigna le bras qui maintenait le tanto. Dans un hurlement de rage, il se mit à pousser de tout son corps contre l’assassin, qui ne comprenait pas ce que le betmer avait en tête, essayant de résister à cette force soudaine. L’argonien continua de plus belle, faisant glisser son opposant en arrière, puis dans un dernier effort, se jeta sur lui en le frappant à la poitrine avec son épaule, pour le renverser sur le dos. Alors que l’elfe noir basculait sous le coup de la surprise et de la force de son adversaire, il sentit une terrible douleur le parcourir dans tout le corps avant que sa vie ne le quitte définitivement dans un dernier râle. Xeh-Ano lâcha un hurlement de douleur, alors que la lame qui sortait du corps de Fenryn venait de transpercer le cœur de l’assassin et l’épaule droite de l’argonien. Le venin et la douleur des deux armes qui lacéraient sa chair rendirent le supplice insoutenable. Il commençait à perdre conscience mais fut rattraper par un sentiment… Il voulait survivre.

    Son esprit hagard durant tout le combat émergea enfin, sentant cette rage sanguinaire le quitter peu à peu, il commença par retirer le tanto de son corps avec beaucoup de difficulté. Puis vint le tour de la lame dans son épaule qui semblait être infiniment longue, mais finalement fini par relâcher son prisonnier. Xeh-Ano reprit son souffle un moment, serrant de toutes ses forces la poignée de son arme pour essayer d’oublier la douleur de ses deux plaies, mais gardant un œil alerte si jamais un autre assassin venait constater sur le résultat du combat que leurs hurlements avaient certainement indiqué, puis il se releva avec difficulté à cause du poison qui parcourait toujours son corps. Il fixa de nouveau son ennemi pour voir ce tas de chairs mortes et sanguinolentes qui l’avait tellement mis à mal. Il se mit à chercher d’éventuels objets qui pourraient lui servir, comme une fiole d’antidote contre ce poison mais ne trouva qu’un parchemin enroulé avec un sceau de cire apposé dessus. Il entendit alors des bruits d’armure venir vers lui et n’attendit pas plus longtemps pour fuir de cette endroit, sans vraiment savoir où se diriger pour être à l’abri et courant avec peine, toujours emprunt aux vertiges.

    Quand il sortit du camp, il entendit un hurlement dans sa direction. Un assassin venait de le remarquer et commençait à alerter ceux encore dans le campement. Il devait se tenir à l’extérieur comme d’autres pour arrêter d’éventuels fuyards. Katharr ne pouvait plus combattre et l’arrivé d’autres hommes masqués était imminente, il n’avait plus qu’à fuir. Il se mit à courir plus vite, ralentit par le poids de sa lame, de ses blessures et de ce maudit poison qui menaçait de le faire s’écrouler à chaque pas qu’il faisait. Il pouvait entendre derrière lui des assassins qui tentaient de le rattraper. Des flèches commencèrent à siffler dans les airs, ce qui força l’argonien à courir en zigzaguant pour éviter d’être une cible trop facile. Il courra sur une longue distance jusqu’à ce que l’épuisement le rattrape.

    A bout de souffle, il fut écorché à la jambe par une flèche, le mettant à terre et le faisant dévaler une pente qu’il n’avait pas remarqué avant. Alors qu’il roulait sur lui-même, il finit par tomber dans une cavité qui semblait être reliée à une grotte naturelle. Le sol meuble amortit sa chute d’environ trois mètres mais il n’avait plus assez de force pour continuer, et après un moment à guetter si les dunmers allaient le retrouver, il sombra dans l’inconscience.

    Quand il ouvrit les yeux, le soleil était à son zénith et ses rayons éclairés légèrement la pénombre qui entourait l’argonien. Il se releva, sentant toujours la douleur parcourir son corps meurtri, il remarqua qu’il avait gardé le parchemin de l’assassin complétement froissé, qu’il tenait fermement dans sa main. Xeh-Ano tenta de remonter à la surface, après de longues minutes d’effort, il atteignit enfin son but et se reposa sous la chaleur du soleil et la brise du vent. Une fois qu’il s’en sentit capable, Katharr se remit en route, choisissant une direction au hasard. Après plusieurs heures de marche, trainant son arme derrière lui sans forcer sur ses blessures, il aperçut un nuage de poussière se soulever et foncer dans sa direction. La cause était masquée par le haut de la colline que l’argonien s’efforçait de gravir. Il ne savait pas si c’était un convoi comme le sien, une troupe de guerrier s’en allant piller un village ou bien les assassins qui recherchaient les fuyards. Ne sachant pas où se cacher, il décida d’atteindre le haut de la butte et d’accepter son destin, espérant qu’il lui soit plus favorable que jusqu’à présent. Une fois au sommet, il admira le paysage qui l’entourait essayant d’en profiter au maximum avant que le verdict ne tombe.

    Mais à peine eu-t-il le temps, que des cavaliers passèrent autour de lui et se positionnant pour lui couper toutes retraites. Dix-sept cavaliers humains se tenaient maintenant en cercle, tous soldats si l’on prêtait attention à leurs uniformes, fixant tous l’argonien avec la même expression qui pouvait se traduire par : Qu’est-ce que se betmer fait au milieu de nulle part et comment s’est-il retrouvé dans cet état ?

    Katharr resserra la prise de sa main sur la poignée de la claymore près à se défendre jusqu’au bout, comme il l’avait fait depuis toujours, même si cela impliquait de mourir… Si il devait se battre, il allait certainement mourir aujourd’hui. Un Dix-huitième cavalier apparut, entrant dans le cercle, contrairement aux autres, c’était une femme se tenant d’une façon noble sur un côté de la selle et elle portait une armure plus légère avec de nombreux tissus et une robe couvrant jusqu’à ses jambières. Un capuchon dissimulait des cheveux d’un blond doré, un visage d’une grande beauté et pourtant des yeux d’une grande sagesse et de sévérité.


    Toi, le betmer, que fais-tu ici au milieu de ses collines et dans un tel état ?

    Xeh-Ano ne répondit rien, attendant le moment où il devrait lutter pour sa vie.

    Tu ne m’as pas l’air d’être de notre Empire ni de ton Marais, alors d’où viens-tu ? Je te sommes de me répondre ! Je suis Ladia Amnis de Nibenay, de la Neuvième Légion, préfet et chef de mon unité sous l’ordre du Légat Stratège au service de l’Empire et de l’Empereur Varen Aquilarios !

    L’argonien ne comprit pas même la moitié de ce que la femme venait de raconter sur son statut. La seule réponse qu’il trouva approprié à ce moment, fut de cracher un peu de sang qui coulait encore de sa bouche.

    Soldats, arrêtez moi cet argonien et reprenons la route !

    La femme commença à faire cabrer son cheval pour lui faire contourner l’agitation de l’arrestation quand elle entendit le betmer pousser un râle de fureur et le voir se jeter sur eux. Certains chevaux désarçonnèrent leurs cavaliers sous la peur de l’attaque de Xeh-Ano. D’autres posèrent pieds à terre, alors que les derniers se postèrent pour protéger leur commandant. Les coups se mirent à déferler sur Katharr qui essayait de parer et d’esquiver tant bien que mal, l’assaut des six guerriers qui étaient descendus de cheval. Utilisant la dernière étincelle de force qui lui restait à son extrême, il repoussa et frappa de tout son saoul voulant au moins marquer leurs esprits à jamais avant de trépasser.

    Les soldats ne frappaient qu’avec le plat de leurs épées pour éviter de tuer cette bête déchainée comme l’avait ordonné Ladia Amnis. Les hommes qui étaient au sol rejoignirent le combat alors que d’autres le quittaient avec de méchantes blessures mais non létales. Après vingt bonnes minutes, Xeh-Ano fut mis à terre et assommé, les soldats prirent son arme et lui mirent les fers avant de l’attacher sur un brancard de fortune pour le trainer avec un cheval. Alors que les impériaux soignaient leurs plaies et se préparaient à reprendre la route, un des légionnaires, vint porter le parchemin que l’argonien avait gardé à sa ceinture, au préfet qui regardait toujours le betmer ayant tant mis à mal son unité alors qu’il était seul et affaibli. Regardant le parchemin avec sévérité, elle déclara :


    Je vous prends pour témoin soldats. Le convoi que l’on nous a ordonné de retrouver après une disparition de deux jours maintenant, et sans doute tombé sous l’attaque d’assassins, à en croire les blessures, et le document de cet argonien. Envoyez cinq éclaireurs dans la direction d’où venait ce betmer et suivez cette piste. Elle mènera certainement aux restes du convoi sinon continuez de patrouiller jusqu’à le retrouver et de façon prudente. Les assassins sont certainement encore en Cyrodiil alors méfiez-vous et ne vous approchez pas de la frontière des Elfes noirs. Je rentre à la cité impériale avec le prisonnier pour interrogatoire et en informer le Légat Stratège. Félicitations légionnaires, vous venez d’arrêter un partisan de la Morag Tong ! Soyez fiers.

    Les cavaliers se séparèrent, emmenant Xeh-Ano vers un destin bien pire que celui qu’il avait subi entre les griffes de Fenryn Drès.

    A suivre...


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    Re: Les Crocs du Marais

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