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    Chronicles of a Sad Story. [Rubis]

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    Rubis

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    Date d'inscription : 24/01/2014

    Chronicles of a Sad Story. [Rubis]

    Message par Rubis le Sam 25 Jan - 10:42


    Thème de Rubis


    Loredas, 17 Ondepluie en l’an 547 de la seconde Ère


    Il y a vingt ans, Kyne m’a insufflé la vie sous les yeux de Masser et Secunda. Je suis né dans un lit mal rempaillé. Proche de ce dernier, un plat pauvre chauffait sûrement dans l’âtre de la cheminée. Faillaise était bien trop loin, la route trop peu sûre pendant la nuit. Mon père n’avait pu aller quérir l’aide d’un guérisseur pour l’accouchement de sa femme, ma mère. Il en paya le prix. La vie de son fils contre celle de sa femme. Kyne peut être bien cruelle parfois…

    Pourtant, durant vingt ans il m’éleva comme si rien ne s’était passé. Il ne me fit jamais culpabiliser pour la mort de ma mère. Il lui arrivait de sortir parfois avec quelques femmes du village. Mais en général il évitait : c’était un petit bourg, les gens parlaient trop.  Aujourd’hui, pour mes vingt ans, il m’a offert, avant mon départ, un journal. « Tu pourras écrire ce que tu ne peux dire ». C’est tout ce qu’il m’a dit en me le tendant. J’avoue que je ne sais pas vraiment à quoi cela pourrait me servir mais…je vais y raconter ma vie. Le voyage jusqu’à Faillaise est long, la charrette est lente. J’essaierais d’entretenir régulièrement ce journal.

    Je suis né, et j’ai grandi dans un milieu populaire et modeste du sud de La Brèche, dans un faubourg situé dans les montagnes brumeuses et escarpées. Ma mère est morte en me mettant au monde, et mon père m’a élevé du mieux qu’il pouvait. Il m’a appris à écrire et à lire comme il le pouvait, lui-même ne sachant pas très bien faire les deux. La journée, on jouait dans les montagnes au bandit et au soldat. La nuit, parfois on fuguait et on allait dans les montagnes. « On », c’est pas avec les autres gamins du village. « On » c’est Jensine et moi.

    Jensine était une fille de mon village. On a grandi ensemble, nos parents étaient très bons amis. C’est avec elle que j’ai passé les meilleurs moments de mon enfance, à explorer les montagnes malgré les interdictions de nos parents. Lorsqu’on était de corvée de tissage de fourrure, on se donnait des coups de mains. Et lorsque l’un devait aller pêcher pour le village, l’autre venait pour lui tenir compagnie. C’était pas le genre de filles faciles avec un bijou à la place du cerveau. Elle avait un sacré caractère et n’hésitait pas à rentrer dans le tas. A douze ans, elle savait déjà manier l’épée. A quatorze, le forgeron du village lui avait fait une armure à sa taille. A seize, elle avait tuée son premier bandit.


    Rubis et Jensine en 2E544

    Ce qui a bouleversé nos vies, c’est un événement survenu lorsque j’avais quinze ans. On se promenait dans le petit bois adjacent au village, qui le surplombait depuis une colline. Alors qu’on s’amusait, un ours a surgi d’entre les arbres. Au moment où il s’est dressé pour nous décapiter d’un coup de patte, j’ai glissé sous la terreur. Mes mains tendues vers l’ours pendant la chute ont alors projetées une onde de choc si puissante que l’ours alla se briser l’échine contre un arbre. C’est à quinze ans que se manifesta mon don pour la magie. Remis du choc, je fus la cible d’une avalanche de questions de la part de Jensine. Nous nous mîmes d’accord sur le fait que personne au village ne devait savoir que j’étais sensible aux arcanes : cela aurait signifié un aller simple pour l’Académie de Fordhiver. Des rêves de plus en plus fous nous animèrent, et nous nous entraînâmes dans les bois, elle à l’épée et moi à la magie pendant deux ans, tandis que nos occupations quotidiennes villageoises devenaient de plus en plus importantes. A dix neuf ans, nous pensions être des aventuriers accomplis. Ainsi parés, nous nous aventurions de plus en plus loin du village pour nous enfoncer dans les profondeurs de la vallée. Nous livrâmes des combats contre des bandits et des maraudeurs, jusqu’à les pister dans leur repaire.

    Nous rentrâmes dans leur mine, et après plusieurs dizaines de minutes de progression lente et minutieuse, nous tombâmes dans une embuscade. Dans la mêlée, succombant au stress et à la peur, je débridais ce dont j’étais capable. Ce fut la plus grande erreur de ma vie : les fondations effritées par le temps de la mine cédèrent suite à de trop nombreux chocs, et les piliers s’effondrèrent. Fuyant avec Jensine, la sortie était en vue, lorsque qu’un rocher chuta près d’elle, écrasant sa jambe. Coincée, elle me hurla de courir. La dernière chose que je vis avant de sortir de la mine fut le reste de son corps broyé par une autre pierre chutant du plafond. L’éboulement se ressentit dans une bonne partie de la montagne, et alertée par le presque séisme, les forces de Faillaise arrivèrent rapidement sur les lieux, me trouvant face à l’entrée du tombeau de Jensine, scellé à jamais.

    J’expliquais à leur chef ce qui s’était passé, et je fus amené devant le jarl de Faillaise. Rendant l’entrevue intime, en tête à tête, il m’expliqua que ce regroupement de bandits était responsables de mois de meurtres, pillages et rapines dans la région, que nous avions, au prix d’un sacrifice, vengé de nombreuses vies et sauvé beaucoup d’autres. Mais cela ne m’intéressait pas. Jensine était morte, par ma faute. Lorsque le jarl me demanda pourquoi la mine s’était effondrée, je ne sus lui mentir. Je lui révélais ma qualité de mage, et lui demandais de ne rien en dire. Je fus étonné de voir qu’il partageait mon avis acerbe sur l’Académie de Fordhiver. Il me proposa alors de rentrer à son service. Ce que j’acceptai. Je n’eus pas le courage d’expliquer au village ce qui s’était passé. Leur regard me couvrait de honte et de tristesse. Le présent de mon père fut son dernier. Il me le tendit, prononça ses dernières paroles, et retourna dans sa maison pour ne plus me revoir.


    Morndas, 21 Vifazur en l’an 562 de la seconde Ère


    J’ai retrouvé mon vieux journal. Quinze ans qu’il était fichu dans la doublure de mon armoire. Je l’avais oublié. En relisant ces lignes, mes lignes…je ne peux pas m’empêcher de vouloir le brûler. Tant de choses se sont passées en quinze ans. Après que je sois arrivé à Faillaise et entré au service du jarl, la vie n’était pas si mal. J’aidais aux cuisines et aux offices ménagers, aux écuries. Le jarl ne m’accordait que très peu de temps. La naissance du fils du Haut Roi avait provoquée une vague d’allégresse chez les jarls. Il se nomme Joruun.  Les Brétons de Hauteroche ont poursuivi leur guerre civile. Bordeciel va plutôt bien. Le commerce prospère, même si les relations avec les Elfes du Sud se détériorent. Ils n’ont jamais pu supporter qu’on les ait battu à chaque fois qu’on guerroyait contre eux.

    Le mage de la cour m’a pris sous mon aile presque un an après mon arrivée. Il m’a aidé à développer mon pouvoir, à en faire une arme. Pendant plusieurs années, j’ai été son élève. Il était plutôt respecté et écouté par le Jarl. On était que trois mages à la cour. Le jarl, le Bréton, et moi. Je n’ai jamais su retenir le nom du mage de la cour. Je l’appelais le Mage pour moi.

    D’écuyer et cuisinier, j’étais passé à élève d’un puissant mage. En dix ans, c’est plutôt pas mal. J’avais trente ans à l’époque, et je me suis mis à regarder et à apprendre auprès du mage, le voyant conseiller le jarl sur toutes ses entreprises magiques. Nous fûmes les superviseurs de nombreuses recherches sur la ville Dwemer proche de Faillaise qui ne se passaient pas toujours bien. On dénombrait des morts. Il nous demanda de faire des recherches sur les épidémies qui ravageaient les terres du Sud. Mais c’était plus dans un but érudit qu’autre chose, histoire de nous occuper.

    Avec le temps, le mage devint le plus proche conseiller du jarl. A sa mort, en l’an 562, les sujets de Faillaise le voyaient déjà jarl. Mabjaarn, la Haute Reine de Bordecial, envoya un cachet officiel lui proposant de prendre la place du feu jarl. Mais il refusa, à la surprise générale. Devant cette nouvelle Mabjaarn le fit mander, et je prépare en ce moment même mes affaires pour Vendeaume. La cour royale m’attend.


    Fridas, le 8 Soirétoile de l’an 569 de la seconde Ère


    La cour est un endroit étrange.
    La Haute Reine est une être fascinante. Le charisme qu’elle dégage, son aura apaisante…c’est superbe. Les nobles qui l’entourent sont également très intéressants. Lorsque nous nous sommes présenté la première fois, Mabjaarn s’est penchée sur son trône, m’a regardé l’espace de quelques secondes sans rien dire, et au milieu du silence régnant, alors que tous les nobles oscillaient leurs yeux entre le Reine et moi, elle a prononcé : « Que Sovngarde reprenne son dû. Nous n’en sommes pas digne. » J’ai installé mes affaires dans un quartier de Vendeaume. La ville est toujours enneigée, mais les gens semblent heureux d’y vivre. Parfois, les jarls viennent tous voir la Reine. La salle du conseil sature de ces auras de splendeurs. Tous parlent avec lenteur, pesant leurs mots. Et elle les écoute tous, prenant en compte leurs avis.

    Le mage de la cour royale est quelqu’un d’incroyable. Il est le Premier Mage de Bordeciel. C’est-à-dire qu’il commande quelques armées réduites, des effectifs moindres que le  Haut général des Armées. Le Premier Mage commande aux mages, dirige les affaires arcaniques de Bordeciel, et dirige près de cinq cents hommes directement. Je me suis rapidement lié d’amitié avec lui, et il a demandé a la Reine de Bordeciel que je sois sous ses ordres.

    Tirdas, le 31 Primétoile de l’an 573 de la seconde Ère

    Les Akavirois ont été vaincus, et Nordiques et Dunmer sont à présents liés par les armes. Joruund, notre Haut Roi, a lié ses forces aux armées des Elfes Noirs qui se sont pliés au commandement Nordique. Sur les flancs du Mont Écarlate, l’une des plus grandes batailles de notre ère s’est déroulée. Les forces Akaviroises ont été défaites par les efforts et l’entente commune de deux grands peuples guerriers. Sur le champ de bataille, en tant qu'apprenti du Premier Mage, je me tenais avec lui lorsqu'il dirigeait le corps de magie en collaboration avec les mages Dumner. Nous appuyâmes nos troupes par des sorts de soutien, et faisions pleuvoir les flammes et la foudre sur nos ennemis. La bataille dura plus d’une journée, et lorsque Joruund se dressa, victorieux, tous l’acclamèrent.

    Ensemble, Elfes Noirs, Nordiques, puis Argoniens, scellèrent leurs destins dans le Pacte de Coeurébène. Nos avenirs sont désormais liés. Je me suis retiré de ma fonction de Premier Mage. J’ai à présent 56 ans. Ma place n’est plus sur un champ de bataille, bien que je donnerais n’importe qui pour ressentir à nouveau les frissons des affrontements que j’ai traversé durant ma vie. Mais Shor ne laissera pas l’un des siens sans batailles. Quelque chose me dit que tout ne fait que commencer…  


    Tirdas, le 17 Primétoile de l'an 577 de la seconde Ère

    Peu après la bataille de Stonehall, les choses changèrent en Bordeciel. Joruund, qui n'était que l'héritier du trône, fut couronné Roi suite à la mort de la Haute Reine. Sous son impulsion et son commandement, Bordeciel entama une inébranlable et spectaculaire préparation à la guerre. Plus les jours passaient, et plus le climat politique de Tamriel installait la certitude d'une guerre inévitable. Hommes et femmes s’engageaient dans les rangs de l'armée Nordique, et les forges produisaient armes, armures et matériaux de guerre en quantité incroyable. L'armée prit des proportions incroyables, et atteignit des effectifs inégalés jusqu'alors.

    Les forts, riches de garnisons de cinq cents hommes, virent leurs effectifs quadrupler en un an et demi. Deux milles soldats furent postés en garnison sous les officiers. Les forts se bâtissaient et les frontières se consolidaient. Les  escarmouches en Cyrodiil, prémisses de la guerre, conféraient aux forts frontaliers un statut particulier de refuge, un mausolée pour les guerriers, un lieu de pèlerinage sur lequel les soldats venaient prier Shor pour la guerre à venir. L'an 572 de notre ère fut un tournant dans l'histoire de Bordeciel et la mienne.


    Les armées Akaviroises, menées par Ada'Soom Dir-Kamal, leur prince, débarquèrent subitement au nord de Vendeaume, et la ravagèrent en l'an 572. Les Nordiques, qui se préparaient à la guerre au sud, furent pris de surprise lorsque la menace vint soudainement du Nord. Après le sac de la capitale, Ada'Soom Dir-Kamal et ses troupes se déplacèrent en Morrowind, où sur les versants du Mont Écarlate, les forces Dunmers, Argoniennes et Nordiques, sous le commandement de Joruund, défirent les troupes Akaviroises. Cette victoire retentit dans tout Tamriel. Couronné la même année, Joruund usa de sa récente victoire pour tisser un Pacte avec les Dunmers et les Argoniens. Ainsi vit le jour le Pacte de Coeurébène.

    Après avoir pris part personnellement à cette bataille, je me retirais de la cour de Bordeciel, mon apprentissage auprès des mages qui s'y trouvaient touchait à sa fin. Pendant les jours qui m'étaient accordés pour déplacer mes affaires de Vendeaume, je reçus la visite du mage que je servais lors de mon arrivée à la cour. Premier Mage de Bordeciel pendant des années, sa puissance et sa réputation n'étaient plus à faire. Cependant sa visite m'intrigua, et dans le secret de la confession, il me parla de choses qui furent un tournant dans ma vie.

    Il m'avoua faire parti d'un ordre secret nommé l'Ordre des Bron'Akaa, les Guides des Nordiques. C'était une confrérie qui œuvrait dans l'ombre pour le bien de Bordeciel. Forts de nombreux guerriers, mages mais aussi hommes politiques de la nation, chacun œuvrait à sa manière pour le bien de la patrie dans un élan nationaliste. L'Ordre était une branche des descendants des Compagnons d'Ysgramor, qui le sacralisait au même titre que Shor. Considéré comme le Premier Nordique, Ysgramor était au centre du culte des Bron'Akaa. Il me révéla les raisons de leur anonymat : c'était là que résidait leur force, car l'Ordre était si puissant que s'il venait à être découvert, il serait une cible privilégiée pour les ennemis de Bordeciel.

    Flatté et séduit par cette idée, j'acceptais de le suivre, quelques jours plus tard, dans les cimes enneigées des montagnes de la Crevasse, où entre les saillies immaculées des roches coupantes, nous trouvâmes un sanctuaire où plusieurs dizaines de membres de l'Ordre, tous vêtus de la même manière avec le visage casqué afin de voiler leur visage, se trouvaient. A notre arrivée, l'ancien mage de la cour, qui était vêtu comme eux, me fit offrir une armure comma la leur, que je revêtis à grands renforts des présents. Tous étaient Nordiques, animés d'une flamme d'épris pour leur patrie, prêts à se sacrifier pour elle.

    Ils m'expliquèrent la fondation de l'Ordre, ses notions et ses principes, ses moyens d'actions, son histoire et ses projets pour la guerre à venir. Séduit par l'idée des élans patriotiques et nationalistes, j'acceptais de rejoindre l'Ordre. Ils me firent prêter serment devant ce qu'ils appelaient l'Orbe d'Ysgramor, au centre du sanctuaire naturel. D'une voix distincte, je prononçais : « Feenti, dunia faasnu,dremo akhrinna kron zeina. Zahrahmiik mea nahla Keizaal, keistakeein aaz, bornahbron kuzai. Evenaar zin geinmaar zohunkaan, draal mol unslaad valooki Sovngarde komeit kull. » Ce qui signifie « A l'avenir, je serais sans peur. Je jure d'épargner au peuple de Bordeciel les tempêtes des guerres. Je combattrais avec honneur, et mes luttes seront justes, je donnerais ma vie pour mon pays, et si je viens à mourir au combat, je prie le Gardien Éternel de m'accueillir en Sovngarde. »


    A la fin de mon serment, ils me saluèrent comme un des leurs, m'accueillant tel un Bron'Aaki, frappant leurs poitrails de leurs poings fermés. Ils entamèrent une psalmodie rituelle, chantant de leurs voix graves les vers suivants « Wah dien vokul mahfaeraak ahst vaal », ce qui signifie « Par ton honneur, nous jurons de maintenir le mal à distance. » S'en suivirent une longue mais captivante série d'odes à Shor et Ysgramor, de prières et de cérémonies pour Tsun et Shtun. Une fois la journée finie, je vis converser quelques guerriers ensemble. Leur aura de magnificence n'avait rien à envier à celle des héros de Sovngarde.

    Leurs armures étaient raffinées, sculptées, et de nombreuses runes en parsemaient les parties. Le sanctuaire, quand à lui, était en réalité une cuvette escarpée très difficile d'accès dans la montagne, entourée de cimes enneigées. Au vu de l'architecture, il avait été bâti voilà des siècles. Une construction au milieu contenait une orbe étincelante entourée de faisceaux lumineux. Ils l'appelaient l'Orbe d'Ysgramor. Tout autour, la pierre grimpait légèrement pour donner forme à une estrade entourant l'Orbe, seule une sortie concrétisée par deux piliers massifs rompait le spectacle.


    L'Ordre des Bron'Aaki n'avait pas de Maître. Son instance supérieure était un Haut Conseil, composé de douze membres. Trois des membres du Conseil étaient présents à mon initiation. C'était des êtres âgés, paraissant réfléchis et sages. Si certains étaient guerriers, d'autres étaient mages, et manifestement détenteurs d'une grande puissance au vu de leur aura. L'un d'eux m'expliqua que les Bron'Aaki comptait un peu plus de deux cents membres disséminés non seulement en Bordeciel, mais également en Tamriel. Leurs actions se caractérisaient par la vocation propre de chaque membre. Les hommes politiques allaient oeuvrer dans le sens de l'Ordre, les guerriers allaient assaillir une place forte ennemie et disparaître pour ne pas qu'on puisse retrouver leurs traces, les mages endiguaient les recherches historiques des érudits sur les suivants d'Ysgramor...c'était un réseau complexe et solide, fort de plusieurs siècles d'existence. Je finis par me retirer du sanctuaire, réempruntant les routes escarpées et secrètes à travers les montagnes.

    A mon retour à Vendeaume, j'étais habité par une étrange sensation. Le peuple de Bordeciel pouvait dormir tranquille : un Bron'Aaki de plus veillait sur eux.
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    ATTENTION, CE POST CONTIENT DES SCREENS POUVANT CHOQUER

    Tirdas, le 16 Sombreciel de l’an 578 de la seconde Ere

    Après mon intégration dans l’Ordre des Bron’Aak en 572, j’ai quitté Bordeciel. J’ai élu domicile en Morrowind, et je joignais mes nouvelles occupations à celles de mon ordre. Pendant 6 ans, je ne fus rompu aux méandres de l’administration de Bordeciel. En Morrowind, les jours étaient longs. Les Dunmers sont un peuple intéressant. Ce sont des combattants honorables. Ils ont toutefois bien trop recours aux lames dissimulées dans l’ombre pour parvenir à leurs objectifs.  Toutefois mon office dans leur patrie me sied, et je pus librement agir dans le sens de l’Ordre en cumulant mes fonctions.

    Durant le mois de Plantaisons 578, parmi les lettres déposées par le coursier, une m’était destinée personnellement. Il n’y avait ni nom, ni adresse, ni ville, mais le papier de l’enveloppe n’était pas originaire de Morrowind, cela se sentait au toucher. J’attendis d’être seul dans mes quartiers pour en déchirer la partie supérieure.  L’extirpant de son enveloppe, je pus attester de la solidité du papier,  atteignant presque en qualité celui réservé aux affaires officielles Nordiques. Je n’eus aucun mal à deviner l’expéditeur.  L’Ordre exigeait ma présence à un sommet allant réunir les plus éminents membres de l’Ordre.  Il allait se tenir dans quatre jours, dans une demeure cachée par les neiges au nord de Vendeaume, proche de la frontière avec Morrowind.

    J’obtins de ma supérieure l’autorisation de retourner en Bordeciel pour des affaires urgentes nécessitant ma présence. Le Haut Conseil demandait ma présence temporaire afin de pouvoir disposer de mes avis sur de nombreux sujets, et cela m’amenait à voyager jusqu’à Vendeaume. Le périple jusqu’à la capitale de Bordeciel fut prestement parcouru par ma monture,  les routes et chemins du pays permettant un tracé direct jusqu’à la Première Ville du Nord. Je ne sus si je fus suivi par quelques sbires de ma supérieure. Le tout étant qu’en deux jours de voyage, je parvins aux coordonnées émises par la lettre que j’avais pris soin de brûler après la lecture.

    La demeure siégeait au sommet d’un petit chemin de pierre enneigé. Les sapins et hêtres subissaient les maux des chutes immaculées éternelles, et entre les branches se dessinaient les parois d’un petit manoir. De ma monture, je poursuivais la petite ascension, jusqu’à ce que je l’arrête net. Dans la neige, au milieu d’un spectacle d’harmonie, une giclée de sang rompait l’homogénéité du spectacle. Dégainant lentement ma lame, je descendais de ma monture. Un petit escalier de pierre fut ma prochaine étape, et je remarquais le ruisseau de sang qui y coulait. Je tombais alors sur un spectacle terrifiant.


    Les cadavres de nombreux Hauts Elfes gisaient là, massacrés. Une bataille semblait s’être déroulée sous les yeux du soleil de Bordeciel. Parmi les dépouilles je remarquais des cadavres d’Impériaux. L’un d’entre eux semblait avoir exécuté, et l’enclume sur laquelle son corps reposait semblait avoir été son échafaud, au vu de l’éclaboussure de sang et de l’absence de sa tête.


    En rentrant dans le bâtiment , mes yeux m’offrirent une vision d’effroi. Impassible, lame toujours dégainée et des étincelles crépitant au bout de mes doigts, je me frayais un chemin parmi les cadavres des Elfes. Le hall était sans dessus dessous, les cadavres des Elfes ayant été projetés, certains même sur les tables. A chaque pas, j’entendais mes bottes disperser les flaques de sang. Un Haut Elfe avait vu une lance transpercer sa gorge, passant par l’orifice de sa bouche, empalé au mur. Ces derniers étaient repeints de sang, les giclées témoignant de la férocité des combats. En touchant de mes doigts l’une de ces projections, je sentais le sang. Il n’était pas froid.


    J’accédais au premier étage, et pour la première fois je vis un Bron’Aaki à terre. Dans son armure runique étincelante, je vis son cadavre, face au sol, immobile, je fis un pas dans le cimetière, heurtant de mon pied une masse sourde. Baissant les yeux, je reconnus la tête de celui qui m’avait initié à l’Ordre. J’enjambais les corps, ne pouvant décrire par des mots ce que je ressentis. Des flèches étaient encastrées dans les portes qui n’avaient pas été enfoncées. Je vis celui que l’on surnommait Marteau de Shor, un Nordique colossal. A terre, le torse percé de nombreuses flèches, tenant encore fièrement son marteau. C’était l’un de nos hauts conseillers.


    Me tenant, seul être vivant dans ce carnage je regardais autour de moi, les yeux plissés afin de retenir des larmes de colère.  Un autre Bron’Aaki jonchait le sol, le torse percé d’une lame Elfique.  Plus rien ne vivait entre ces murs funestes. Je pliais un genou, fermant les yeux de ce dernier, et restant un instant à le regarder. Je poursuivis mon exploration, et parvins à des quartiers. Les portes, criblées de flèches, avaient probablement été enfoncées. De nombreux corps d’Haut Elfes occupaient la place libre du sol, et les débris de tables et les membres arrachés témoignaient de la violence des combats qui s’étaient déroulés dans cette pièce.  Contre l’armoire, crucifié, se tenait celui qu’on appelait l’Étoile du Nord, le plus éminent de nos conseillers.


    Malgré sa crucifixion, il respirait encore. Je me précipitais, lui demandant ce qu’il s’était passé, comment l’ordre avait été découvert.  Il me répondit que l’Ordre avait été trahi. Il ne savait par qui, mais l’un des Elfes avait parlé d’un informateur. Il m’avoua que les Hauts Elfes avaient dérobés les données de l’Ordre, c’est-à-dire la localisation de beaucoup d’agents à l’étranger. Il me fit jurer de venger les morts des Bron’Aaki, et de protéger l’Ordre. Il s’éteignit, suite à cela. « Sovngarde vous attend, mes frères. » Telles furent mes paroles en lui fermant les yeux.


    Je me relevais, et retournant à l’entrée des quartiers, je regardais la multitude de cadavres devant moi. L’Ordre des Bron’Aaki avait été trahi. Nos conseillers étaient décimés, nous n’avions plus de tête. Ma tête se posa sur la cheminée, et j’y vis des jarres d’huile. Je m’en emparais, et les fracassais contre les murs aux piliers fondateurs du manoir ; puis après m’être fait une torche de fortune, je mettais le feu à la demeure. Je sortis calmement du brasier, rejoignant ma monture effrayée par la hauteur des flammes. Mes yeux se posèrent une dernière fois sur le manoir, tombe des Bron’Aaki. Ils reposent à présent en Sovngarde. Mes yeux laissèrent échapper une perle salée, tandis que mes lèvres étaient parcourues d’un rictus de haine. Lançant ma monture au galop, j’entamais le chemin de retour vers Morrowind. Le sang appelait le sang, et la vengeance serait brutale.



      La date/heure actuelle est Lun 21 Aoû - 21:36