The Elder Scrolls Online - Roleplay

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    Malyisk Uvaris. Chapitre 2 : Un Mal Nécéssaire

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    Demnvath Uvaris

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    Malyisk Uvaris. Chapitre 2 : Un Mal Nécéssaire

    Message par Demnvath Uvaris le Mer 29 Jan - 3:59

    A lire avant:
    Ce chapitre fait suite au chapitre intitulé Le Tombeau Ancestral des Uvaris, que vous pouvez lire sur ce forum

    Malyisk Uvaris

    .
    ..

    Chapitre Deux
    Un Mal Nécéssaire
    Tel Uvaris, le 29 de primétoile en 2E 582.

    Cela faisait une dizaine de jours que Demnvath fouillait les archives des Uvaris. Ne voulant se risquer à prononcer un néonymique daedrique dans un rituel d'invocation sans savoir ce que cela allait produire, il cherchait une trace de celui ci dans des tomes poussiéreux et des rouleaux de parchemins en piteux états. Si ses Ancêtres connaissaient ce nom, il devait bien venir de quelque part, pensait-il. Les archives de la maison Uvaris étaient constituées essentiellement de livres de compte, et de chroniques narrant tantôt des exploits, ou des scènes quotidiennes. Très peu de journaux personnels des Seigneur-mages ou de livres de notes y figuraient. Mais le plus difficile pour le mage était de faire face à l’incommensurable désordre qui régnait dans cette pièce scellée du sous-sol de la tour. Cela faisait dix jours qu'il y était enfermé et qu'il n'avait pas dormi. Il avait suffisamment suscité l’inquiétude de quelques serviteurs pour que ceux-ci osent le déranger pour lui proposer à manger. Il ne leur en avait même pas tenu rigueur, les remerciant même pour ce geste d'attention, ce qui n'avait alors pas manqué d'alimenter des discussions agitées à la tour.

    Puisque le Seigneur-mage n'était pas disposé à gérer les affaires courantes, il fallait en référer à son héraut. Or celui ci était décédé à la fin du l'année précédente, et Demnvath Uvaris n'en avait pas repris de nouveau. Ce furent donc quelques uns de ses affiliés qui prirent sur eux de gérer au mieux les petits désagréments quotidiens de la tour. Les quelques gardes argoniens, qui étaient restés fidèles à Demnvath après qu'il les ait affranchis et surtout combattu à leurs côté dix ans auparavant, faisaient régner l'ordre. Mais en l'absence momentanée de celui qui leur donnait la légitimité de cette fonction, les dunmers semblaient un peu plus indisciplinés ; notamment les jeunes vassaux telvannis. Ils ne supportaient pas que leur Seigneur ne respecte pas les décisions du Conseil Telvanni, qui avait décidé de ne pas rejoindre le Pacte de Cœurébène lors de l'invasion akaviroise, et donc de ne pas en accepter les termes, parmi lesquels l'abolition de l'esclavage.
    Mais les désordres étaient mineurs, et la garde argonienne de Tel Uvaris n'était du genre à se laisser faire par quelque mage ambitieux qui aurait profité de l'occasion pour se débarrasser d'un Seigneur-mage gênant, afin de s’attirer les faveurs du Conseil.

    Il faisait froid en cette fin de primétoile, et alors que les activités agricoles étaient à l'arrêt, le commerce ou la pêche ne semblaient pas non plus produire beaucoup. Demnvath ne s'en préoccupait pas. Enfermé au milieu des archives, il était déterminé à trouver ce qu'il cherchait. Pour cela, il utilisait abondamment la magie, chose qu'il tentait de freiner habituellement. Aidé par de nombreux sorts mystiques de clairvoyance et des sorts d'altération, il lisait rapidement tout ce qui lui tombait sur la main, uniquement à la recherche de Yoo-vehseh, diminuant dangereusement ses réserves. Il les diminua si bien durant ces dix jours qu'il arriva, en cette nuit froide, complètement à cours d'énergie.

    Au milieu des tomes éparpillés et des parchemin endomagés, Demnvath titubait. Dans sa hâte et son insouciance, il n'avait pas fait attention qu'il puisait dans ses dernières ressources magiques. Pris d'un mal de crâne violent, il tomba à genou, se retenant sur le coin d'une massive table de bois. Réalisant son erreur, il s'effondra au sol, à plat ventre, son manteau de mage recouvrant les divers papiers qui jonchaient le sol. Il dormait. N'importe quel mage aurait récupéré ne serait-ce qu'un minimum de magie en se reposant, puis en méditant un moment, serait revenu au meilleur de sa forme. Mais Demnvath, comme tous ces Ancêtres d'ailleurs, était né sous le signe de L'Atronach, constellation protégée par le Mage, et comme chacun le savait, ceux nés sous ces étoiles, malgré leur potentiel magique accru, étaient dans l'incapacité la plus total de le régénérer seul.

    Demnvath était assailli par ses rêves. Des rêves de son enfance, lors de laquelle son kéna, un maître respecté de Sadrith Mora, lui répétait qu'il était un incapable, et que s'il n'arrivait pas à régénérer sa magie, même en dormant, il n'était bon qu'à devenir un maître alchimiste. Ces années difficiles lors desquelles il avait appris à maîtriser les arts alchimiques, avaient été pour lui un traumatisme. Bercé, plus jeune, par les récits guerriers de sa mère d'origine cendraise, et par les chroniques combattantes de ses Ancêtres, il ne supportait pas l'idée de devenir un simple alchimiste. Pourtant, son père en était un, et son père avant lui. Tous ses Ancêtres étaient nés avec cette tare.

    Revenant de Sadrith Mora, jeune adulte, c'était un dunmer amoindri sur le plan physique, certes capable de faire les meilleures potions, mais dont les connaissances magiques se limitaient là. Cependant les Uvaris n'avaient jamais été du genre à se laisser abattre par cette malédiction aux origines inconnues ; car c'était bien une malédiction : peu importe la date de conception de l'enfant, celui ci naissait toujours et invariablement le même mois, sous les étoiles de l'Atronach. Ce fut une nouvelle vie qui commença. Son père lui enseigna le mysticisme, d'une manière à ce que ses capacités magiques ne diminuent pas trop. Des affiliés, résidents de la tour, lui apprirent respectivement les écoles de destruction, altération, et de l'enchantement. Il commença à comprendre : les Uvaris menaient maintenaient leur place dans la société Telvanni en perpétuant la tradition d'envoyer les jeunes en apprentissage chez des kénas, mais ne supportaient pas d'être considérés comme de simple maîtres alchimistes. Cependant, cette rébellion à leur malédiction avait un prix.

    Les personnes nées sous le signe de l'Atronach peuvent remonter leur potentiel magique d'une manière unique : ils peuvent absorber la magie les touchant. Ce qui se traduit en général par le fait que pour régénérer leurs capacités, ils devaient encaisser des sorts offensifs plus ou moins puissants. Et Demnvath en plus de subir une malédiction, dut également subir ce qui s'assimila à de la torture, mais qu'il jugea bien vite nécessaire à la croissance de ses pouvoirs magiques. Bientôt, il fut même capable se s'infliger lui même des blessures magiques, utilisant des techniques invraisemblables de sortilèges lui permettant de sacrifier une part de son énergie pour la remonter presque entièrement, au prix de grandes douleurs et de blessures vives. Son père, le Seigneur-mage Telvanni Rilam Uvaris, expérimentait une méthode permettant de régénérer sa puissance  à partir de l'énergie vitale contenue dans les gemmes spirituelles chargées d'âmes blanches. Mais la conversion d'énergie était bancale, et il avait très vite réalisé qu'il lui faudrait utiliser des gemmes noires, pour parvenir à des résultats corrects. Préférant sa méthode non nécromantique, Demnvath continua à s’entraîner sans relâche au maniement de la magie, notamment de l'école de destruction, dans laquelle il devint talentueux et innovant.

    Demnvath s'entraînait également à l'escrime auprès d'un maître d'arme de Tel Uvaris, et même le port des armures intermédiaires et lourdes ne le dérangeait plus lorsqu'il atteint l'âge de trente ans. Il savait que s'il ne voulait pas s'infliger ses séances de torture trop régulièrement, il aurait à savoir se servir d'une arme physique, et bien.

    Demnvath ouvrit doucement les yeux. A quelques centimètres de lui se trouvait un gros livre entrouvert, sur l'une des pages duquel il put lire en belle graphie daedrique : Yoo-vehseh. Se relevant péniblement, s'appuyant sur son épée qu'il avait au côté, il ramassa l'ouvrage ancien. S'époussetant de la poussière qui lui recouvrait le corps, il examina le tome relié de cuir. Il s'agissait d'un vieux registre de compte, partiellement attaqué par l'âge, et dont les pages semblaient prêtes à s'évaporer. Les tournant délicatement, le mage compris que ce registre datait de l'époque de Resdayn, le temps où ses ancêtres étaient encore des chimers. On y lisait que tel Uvaris avait acheté telle quantité de gemmes à une autre tour, qu'une famille Drès avait acheté du musc d'insecte à telle date. Rien de tout cela n’intéressait Demnvath. Il finit par retomber sur ce qu'il cherchait tant.

    Yoo-vehseh : trente cœurs de daedras contre deux esclaves.

    Plus loin, il pu lire :

    Yoo-vehseh : deux litres de sang de daedra contre cinquante litre de shein.

    Plusieurs autres traces de ce commerce daedrique suivaient, et se poursuivaient jusqu'à la fi du tome délabré. Ainsi, Yoo-vehseh était le néonymique d'un daedra qui avait commercé avec sa famille à l'époque de Resdayn. Mais le fait que le néonymique soit connu ne pouvait signifier qu'une seule chose : ce daedra était à la merci des Uvaris. En le prononçant, un mage pouvait bannir ce daedra et le renvoyer vers l'Oblivion. Pourquoi alors lui fournir des quantités astronomiques d'alcool, d'esclaves, et d'autres denrées apparemment introuvables en Oblivion ?

    Demnvath referma délicatement le registre et se dirigea vers la porte en bois de la pièce, emportant le précieux document avec lui.


    Dernière édition par Demnvath Uvaris le Ven 28 Fév - 2:13, édité 5 fois

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    Re: Malyisk Uvaris. Chapitre 2 : Un Mal Nécéssaire

    Message par Demnvath Uvaris le Jeu 30 Jan - 6:20

    Affaibli par son séjour prolongé dans la même pièce et par l'utilisation de toute sa magie, Demnvath se déplaçait péniblement dans les étroits couloirs de sa propre tour. Habituellement, il évitait les étapes le plus pénibles en lévitant, mais compte tenu de la situation, cela lui était impossible. Se tenant aux parois fongiformes des murs, il portait toujours avec lui le tome décrépi qu'il avait tantôt. Il se sentait las. Il voulait dormir. En l'absence de toute magie dans son corps, il était incapable de réguler son sommeil, et après dix jours passés à lire, son corps était au bord de la rupture. La magie était une chose dangereuse lorsqu'utilisée imprudemment.

    Il l'avait à peine sentie. La boule de feu arriva dans son dos, réchauffant l’atmosphère auparavant glacée du couloir. Il ne vit que son ombre se mouvoir rapidement contre les murs avant de sentir une chaleur intense lui lécher le creux des omoplates. D'un geste, il arracha son manteau flamboyant qu'il jeta à terre. Torse nu, il se retourna pour faire face à son adversaire. C'était un dunmer habillé d'une robe brune et ceinturé d'argent. Le regard apeuré de son assaillant fit comprendre à Demnvath l'état de stress dans lequel se trouvait le jeune vassal qui se retournait contre lui. Son état avait attiré les convoitises, et ç'aurait été au premier à l'abattre que serait revenus les honneurs de prendre sa place. Une deuxième boule de feu lui arriva droit sur la poitrine, mais il n'esquiva pas. Alors que l'impact était imminent, il avait commencé à dégainer son épée. Dans un effort de concentration extrême, il se préparait au choc.

    Les flammes léchèrent son corps. Les peintures rituelles bleutées qu'il arborait sur le torse s'effaçaient comme fondues par le souffle. Pourtant sa peau ne brûlait pas. Au lieu de cela, une onde d'énergie vitale faisait comme écran aux flammes, qui le touchaient pourtant bel et bien. Et à voir son visage crispé en un masque de douleur, on imaginait bien la puissance du sort de son nouvel ennemi. Le feu se dissipa, laissant Demnvath essoufflé. Tombant à genoux, haletant, il leva la tête pour observer le traître qui l'avait attaqué dans le dos. Son visage était à la fois terrifié et déterminé ; sans doute n'avait-il jamais attaqué personne. Demnvath se releva, s'appuyant sur son épée d'ébène. Il s'avançait maintenant vers le jeune dunmer, de plus en plus paniqué. Le regard du Seigneur-mage était noir, et le vassal turbulent savait maintenant son erreur : il était vain de lancer des sorts aussi dérisoires sur un mage qui avait eu plus de cent-cinquante années pour maîtriser la puissance de l'Atronach. Demnvath avait absorbé les deux boules de feu, et sa main gauche, chargée d'éclairs, était prête à frapper.

    Son adversaire tomba à genoux avant même qu'il eut pu lancer un sort. Etonné par ce revirement de situation, il ne comprit ce qui venait de se passer qu'au moment ou le jeune dunmer s'etalait de tout son long dans le couloir, une flèche plantée dans le dos. A l'autre bout du couloir, Demnvath vit clairement deux argoniens armés d'arcs et de machettes. Il étaient habillés d'armures de cuir et avaient dans leur regard reptilien une lueur de satisfaction mêlée de soulagement. Demnvath sourit. Il avait fait le bon choix, vingt années auparavant, en affranchissant ses esclaves venus du Marais Noir. S'écroulant à son tour, il fut retenu dans sa chute par les bras écailleux et musclés de l'un de ses sauveurs. Il se sentit dès lors en sécurité. Il avait combattu avec ces deux individus lors de l'invasion akaviroise de 2E 572, et il connaissait leur valeur et leur fidélité. Il ferma les yeux, heureux de pouvoir compter sur quelqu'un dans son propre domaine, rempli de faux-amis.

    Dans son rêve, il se remémora la guerre, et avant cela la Grippe Knahaten. Ces deux épisodes marquant de sa vie, récents, avaient changé beaucoup dans sa perception des argoniens. La terrible maladie venue du Marais Noir en 2E 560 lui avait ouvert les yeux sur la puissance des Hists, ces arbres dotés d'une apparente conscience. Car à n'en pas douter, c'était d'eux que venait ce fléau qui s'abattait sur tout ce qui n'était pas argonien dans les marécages. Invoquant des raisons économiques pour se justifier auprès du conseil, c'était par respect qu'il avait alors affranchi ses possessions venues d'Argonie. Et ces anciens esclaves lui avaient rendu son geste. La plupart, au lieu de rentrer dans leur marais, étaient restés, sans doute habitués, ou résignés. Considérés comme des travailleurs libres, ils avaient pu construire leurs maisons de terre et de bois ; ils étaient payés pour leur service, et avaient redoublé d'efforts dans les tâches qui leur étaient demandées.
    Lorsque fut venue la guerre contre les forces d'Akavir, malgré le fait qu'il ne leur était pas demandé de combattre, ces quelques anciens esclaves avait décidé de prêter main forte à leur maître, et Demnvath avait pu voir la valeur guerrière de ces êtres sauriens au combat, lui qui n'avait vu que leur ardeur au travail. Dévoués, ils avaient combattu fièrement, non pas pour Morrowind, mais pour la reconnaissance qu'ils portaient à la maison Uvaris.

    Demnavth se réveilla. Il était allongé sur son lit, dans les derniers étages de la tour. Il se demanda comment il était arrivé là, puisqu'il n'y avait aucun escalier permettant l'ascension jusqu'ici. Mais il remit ce questionnement à plus tard. Face à lui, assis en tailleur à même le sol, un garde argonien dormait, émettant un sifflement animal. Il portait à la main un couperet et semblaient prêt à se réveiller pour fondre sur une hypothétique cible. Demnvath émit un léger toussotement, et le lézard se réveilla à son tour. Apparement soulagé de voir son maître assis dans son lit, il esquissa ce qui pouvait s'apparenter à une mine de contentement. Demnvath s'était habitué à ne pas toujours comprendre les expressions faciales des reptiles, mais il se contenta du regard de l'argonien.

    « - Maître, vousss allez bien ! Nous vousss avons porté jusssqu'ici.

    - Depuis combien de temps est-ce que je dors ?

    - Un cycle de jour entier, maître. Nous vous sssurveillons depuis. »

    Demnvath sourit à l'argonien. C'était chose rare de le voir sourire, du moins, quand on ne faisait pas partie de ses proches. Alerté par la discussion, un deuxième argonien ouvrit la porte de la terrasse et passa la tête à l'intérieur de la pièce. Dehors, il pleuvait, et il faisait nuit. Le froid envahit la pièce, glaçant les os du dunmer alité. L'eau qui ruisselait sur les écailles du nouveau venu lui donnait un aspect sauvage qui aurait terrifié n'importe qui ne le connaissant pas. Demnvath avait appris à reconnaître ses gardes. Ce n'avait pas été évident au départ, mais il savait faire la différence entre Sharr, le premier, et Debout-sur-le-sable, le second. Ces deux là avaient combattu avec vaillance il y a dix ans, et avait toujours été là pour soutenir le mage.

    « -Je vous remercie mes amis. Vraiment. »

    Si les deux argoniens avaient pu sourire, ils l'auraient fait. Ils se dirigèrent tout deux à l'exterieur et refermèrent la porte. Demnvath n'avait aucune idée de comment ils allaient faire pour descendre par là, mais il ne se soucia pas de ce détail. Du regard, il cherchait quelque chose à manger. Il allait lui falloir des forces pour les épreuves à venir. Il trouva un assortiment de plats froids sur son guéridon, là où il écrivait d'habitude ses quelques pensées. Il dévora cette nourriture avec un appétit féroce, tout en jetant un regard déterminé vers la pièce en face du puits d'accès à la chambre. C'était l'heure.

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    Re: Malyisk Uvaris. Chapitre 2 : Un Mal Nécéssaire

    Message par Demnvath Uvaris le Sam 1 Fév - 0:11

    La pièce qui constituait le bureau du Seigneur-mage, située en face de sa chambre, de l'autre côté du puits d'accès central de la tour, était une salle plutôt haute et large. Le sol était recouvert d'épais tapis bigarrés. Les murs étaient recouverts des habituelles tentures que l'on retrouvait partout dans la tour. Le plafond était intensément compliqué, et nulle architecture artificielle n'aurait pu en égaler le mystère. De grandes branches lisses se hissaient en tournoyant vers le sommet, soutenant ce qui semblait être le chapeau du champignon géant. Un bureau de bois massif trônait en périphérie du centre de la pièce, et de nombreux ouvrage y étaient entassés, sans doute prélevés dans les bibliothèques qui étaient rangées contre les parois. Tout semblait converger vers le centre de la pièce. Demnvath s'y tenait d'ailleurs.

    Au dessus de lui était un assortiments d'artefacts, pendus de manière mathématique à des câbles et poulies, accrochées aux branches porteuses. Demnvath s'était saisi d'un filin et faisait descendre un bâton magique. Maintenus par des cordes, ce dernier était parallèle au sol, à hauteur d'homme, et pointait vers l'entrée de la pièce. C'était un bâton d'argent, apparemment assez lourd ; il était gravé de symboles complexes, de courbes artistiques et orné en chef d'une tête de dragon élégamment sculpté dans le métal. C'était le Bâton d'Argent que lui avait donné son père lorsqu'il était devenu son héraut. Il est de tradition que les Maîtres Telvannis offrent des Bâtons d'Argent à leurs hérauts, gage de la confiance qu'ils leur portent. Demnvath l'avait toujours gardé. Et il lui avait toujours servi de manière unique.

    Le mage se saisit d'un large panneau de bois qui était comme incrusté de gemmes spirituelles. A y regarder de plus près, celles-ci étaient agencées de manière très précises, et comme fondues les unes avec les autres. Un travail d'enchanteur hors pair. C'est son père qui l'avait confectionné pour Demnvath. Il le plaça en face du Bâton d'Argent, tel un réflecteur de la puissance que pouvait sans aucun doute déverser l'artefact magique. Mais se placer entre un panneau incrusté de gemmes spirituelles magistrales chargées et un Bâton d'Argent de la Guerre, ce n'était pas une chose de très avisée lorsque l'on avait du bon sens. C'est pourtant ce que fit Demnvath.

    Nu au milieu de la pièce éclairées par les lueurs sans vie de quelques sphères magiques, le Seigneur-mage effleurait du doigt l'artefact. Et alors que la tension était palpable, il en déversa la puissance sur son propre corps. La décharge foudroyante que le toucha aurait tué n'importe quel mortel assez fou pour commettre cet acte suicidaire. Mais la concentration de Demnvath était telle qu'il poussait le pouvoir d'absorption de l'Atronach dans les limites du possible. En transe, lévitant légèrement, son corps était parcouru par le pouvoir électrique de l'arme. Il grimaçait en une expression terrible, serrant les dents. Puis, dans un geste lent, alors qu'il subissait encore son propre assaut, il dirigea une main en arrière, vers le panneau incrusté des gemmes, et son bras conduisit la décharge vers cet autre artefact. Faisant office de conducteur, il semblait dès lors moins ressentir la douleur. La scène prit des couleurs étranges, tandis que les gemmes absorbaient une part de l'énergie dévastatrice, le bâton continuait de déverser sa magie sur le corps du seigneur Uvaris.

    Demnvath pratiquait cette méthode de regain magique depuis des dizaines d'années. C'était cela, ou bien détériorer son organisme à grand renfort de potions. En l'absence de la magie de restauration de sa mère défunte alors qu'il était enfant, et n'ayant jamais pris de femme chez les cendrais, il n'avait pas le choix. C'est du moins ce qu'ils se disait. Cette façon peu orthodoxe et dangereuse valait mieux que de foncer tête baisser contre un adversaire utilisant la magie. Le pouvoir de l'Atronach lui conférait cette capacité exceptionnelle, il comptait en profiter encore longtemps.

    Toujours traversé par l'énergie du bâton de foudre, il produisit ses propres éclairs, qu'il dirigea vers le panneau réflecteur. Les centaines de gemmes spirituelles brillèrent alors d'éclats roses, ou jaunes. L'énergie fluctuait et semblait lui revenir de manière pure dans le corps. Malgré la douleur intense de l'opération et le risque de mort à la moindre erreur de dosage de puissance, Demnvath était heureux. Heureux de pouvoir recharger son potentiel magique de son propre chef, alors que toujours on lui avait dit que ce n'était pas là chose possible.

    Bientôt l'énergie du Bâton d'Argent s'épuisa. Demnvath savait quelle quantité de magie il pouvait absorber, et changeait régulièrement la capacité de son bâton. D'un geste, il fit remonter l'artefact à sa place. Il se saisit d'une robe de chambre qui était posée sur une commode, et s'en vêtit. Quelques douces décharges d'électricité statiques lui parcoururent le corps lorsque sa peau frotta le tissu soyeux, et il s'en amusa. Il avait toujours eu une affinité avec la foudre ; bien plus qu'avec le feu ou la glace. Il s'était même demandé, étant enfant, si l'Atronach, la constellation, n'était pas un atronach des tempêtes. Il avait pu en observer et cette créature d'Oblivion l'avait toujours fasciné. Il considéra la bâton qui avait retrouvé sa place. Il songea qu'il devrait peut-être en changer l'enchantement, afin qu'il délivre plus de puissance encore. Il avait bien le temps. Maintenant qu'il était chargé, il avait d'autre priorités.

    Il se dirigea vers sa chambre, sautant le puits rapidement, ce qui ne manqua pas de choquer l'esclave khajiit qui passait le balais plus bas.


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    Re: Malyisk Uvaris. Chapitre 2 : Un Mal Nécéssaire

    Message par Demnvath Uvaris le Dim 2 Fév - 6:22

    Il avait beau être né cent quatre-vingt-treize auparavant, Demnvath était encore un mer vigoureux et en pleine forme. Là où un homme aurait eu le temps de vivre deux fois déjà, l'Elfe Noir n'en était qu'aux prémices de la longue vie qui se profilait devant lui. Malgré ce qu'il faisait subir à son corps, il savait que ce n'était rien comparé à la puissance qu'il pourrait acquérir un jour. Cet exercice de rechargement lui avait donné le sourire. Il s'était vêtu de chausses, d'un pourpoint et d'un grand manteau à col très haut, qui avait presque l'allure d'une robe. Ceinturé d'une large bande de tissu et d'un ceinturon du cuir de netch de bonne facture, il paraissait encore plus grand qu'il ne l'était. Ainsi vêtu de sable et de sinople, il avait fixé son épée au côté et d'un air décidé, avait ouvert la pote qui menait à la terrasse.

    Il faisait froid. Et il faisait nuit surtout. Au loin, il observait la silhouette du Mont Écarlate, sur lequel on apercevait quelques lointaines coulées de lave rouge et visqueuse. En contrebas de la tour, il ne perçut nulle vie, hormis quelques lueurs de torches, servant sans doute aux gardes à renforcer leur efficacité. On n'était jamais trop prudent ; n'importe quel Telvanni pouvait décider que Tel Uvaris devait être sienne. Cela avait toujours été comme ça : la société Telvanni obéissait en cela aux préceptes de Boéthia ; seuls les plus forts laissaient leur marque sur cette terre. Si quelqu'un arrivait à lui prendre sa tour, c'est qu'il avait été plus fort. Mais bien heureusement, les Seigneur-mages avaient souvent autre chose à faire, bien que trop de prudence n'avait jamais coûté trop cher à personne.

    Demnvath se remémora la scène de combat qui avait eu lieu dans les couloirs de la tour. Celui qui l'avait attaqué n'était pas mort. Et Demnvath, pour éviter à ses gardes du corps de subir une quelconque visite de la Morag Tong, avait pris soin de bien dissimuler au pauvre dunmer ce qui lui était réellement arrivé. Avant de le renvoyer dans sa famille à jamais, il lui avait fait croire une sornette à propos d'un sort non visé, ou d'un enchantement de protection. S'il avait été assez idiot pour le croire, c'est qu'il n'était pas apte à apprendre quoi que ce soit à Tel Uvaris. Et après le geste que l'ambitieux avait commis, il devait être bien content de ne pas subir pire qu'un renvoi avec déshonneur. Demnvath était magnanime. C'était là un bien grand défaut, surtout auprès de Boéthia pensa-t-il sur le coup. Il estima Azura heureuse de pouvoir le compter parmi ses fidèles, lui qui n'avait pas assez de temps pour adorer un quelconque autre dieu de toute manière.

    Alors que seul le bruit de vent se faisait entendre dans la nuit noire, Demnvath avait sorti sa lame et s'entrainait à son maniement au sommet de sa tour. C'était un exercice qu'il affectionnait, et qui forgeait son corps. Lui qui devait subir mille souffrances pour exercer la magie, il appréciait la facilité avec laquelle il pouvait manier l'épée. Un guerrier doublé d'un mage. Ce n'était pas chose rare, surtout en Morrowind, mais peu de gens aussi excellents en magie que les Seigneur-mages pouvaient se vanter d'être aussi bons en escrime. Le seigneur Uvaris le savait. Peut-être ne serait-il jamais le meilleur mage Telvanni que Nirn ait porté, mais au moins, face à un adversaire de puissance égale, il aurait toujours un avantage, celui de pouvoir le transpercer de sa lame. Et puis cela lui permettait d'éliminer des cibles qui ne valaient même pas une décharge électrique.

    Il resta jusqu'à l'aube à manier sa lame dans le vent, et alors que les premières lueurs de l'astre solaire poignaient à l'Est, il eut une pensée pour Azura. C'était plus un symbole qu'autre chose, avait-il toujours pensé. Azura faisait-elle seulement se lever et se coucher le soleil, il ne le pensait pas. C'était là juste une manière de penser à la Princesse du Crépuscule et de l'Aube. Il ne savait pas pourquoi il avait toujours été attiré par ce daedra. Peut-être y voyait-il une aide précieuse éventuelle, bien qu'il ne l'ait jamais sollicité que par interjection. Mais ils savait qu'en ayant une penser pour cette divinité,en accomplissant certains rites, le jour ou il aurait besoin de son aide, elle viendrait sans doute.

    Alors que l'Œil de Magnus se faisait de plus en plus visible, Demnvath remit sont épée au fourreau et rentra dans sa chambre. Fermant la porte derrière lui, il contempla le désordre ambiant qui régnait dans cette pièce. Des vêtements étaient posés au sol, ainsi que divers objets, dont des gemmes spirituelles. Il aimait particulièrement les gemmes spirituelles. Il y avait toujours vu un symbole de sa malédiction, bien qu'il savait pertinement que les gemmes et l'Atronach n'avaient pas grand chose à voir entre eux. Cependant, son père avait tellement travaillé sur un moyen fiable et sans danger de se servir de gemmes spirituelles pour lutter contre l'Atronach qu'il ne pouvait plus dissocier les deux. Il en saisit une, une large gemme magistrale d'une couleur rose vive. Elle était chargée d'une âme. L'âme de quoi? Il ne s'en souvenait plus. La pensée qu'un jour il pourrait se trouver lui même, du moins son âme, dans une gemme lui traversa l'esprit. Pourquoi pas après tout, les nécromanciens était actifs ces dernières années, sur tout Tamriel, et il n'était pas impossible qu'à un moment donné, ils prennent d'assaut Tel Uvaris. Il sourit à nouveau, amusé par de telles considérations.

    Il s'approcha du puits d'accès et descendit en lévitant les quelques mètres qui le séparait de son atelier d'alchimie, situé sous son bureau. La potion qu'il avait commencé à préparer, une dizaine de jours auparavant, était ratée. Les sels de feu étaient consumés, et plus aucune chaleur n'animait le matériel complexe. Peu importe, il ferait nettoyer ça par l'un de ses vassaux, lui apprenant sur le coup comment se servir au mieux de cet attirail. Il avait toujours été bon en alchimie. Cela venait sans doute du fait que l'on ne lui apprenait que ça lorsqu'il était jeune, et qu'à force, même avec une assez mauvaise volonté, il avait tout de même réussi à concevoir de bonnes décoctions. Il ne trouvait pas que c'était là un art magique très important. Tout le monde avec les connaissances adéquates à propos des ingrédients et des dosages était capable de faire des potions, et à moins de trouver un remède miracle ou un poison nouveau, l'alchimie n'était que la répétition inlassable des gestes des anciens. pas comme la magie de l'école de destruction, qui était tout sauf stable, et qu'il fallait maîtriser à chaque nouvelle utilisation.

    Jugeant qu'il était bien temps de se sustenter, il lévita lentement vers la salle à manger, située plus bas. Là il ne trouva personne, et il dut appeler à plusieurs reprises un serviteurs qui passerait par là. Une femelle khajiit pointa alors le bout de ses moustaches de derrière une tenture, qui masquait un accès à la salle à manger. Elle portait sur les poils bruns de ses poignets des bracelets d'esclave, tant le symbole de son rang qu'une entrave à sa volonté. Demnvath la regardait droit dans les yeux, la dévisageant avec insistance. Devant la mine apparemment terrifiée de la suthay-raht menue, il sourit. Elle n'avait pas à s'en faire autant, il voulait juste un bon repas. Après lui avoir commandé un œuf de kwama frais, du coutil, du pain et un peu de flin, il resta debout dans la pièce, contemplant quelques souvenirs posés sur les meubles qui entouraient la table à manger. Il y avait là des armes exotiques, fruits de combats passés, des objets enchantés, trouvés dans des ruines daedriques ou dwemers, ainsi que quelques insectes rares, épinglés sur des panneaux de bois, disposés entre les plantes décoratives qui parsemaient la pièce.

    La khajiit finit par revenir, remontant péniblement la pente cachée derrière la tenture, chargée d'un plateau sur lequel était posé un gros œuf de kwama ainsi que le reste du repas. Demnavth la laissa poser tout cela sur la table, et la gratifia d'un "merci", au plus grand étonnement de l'esclave. Elle n'avait pas du être habituée à être possédée par des maîtres aimable se dit-il alors. Encore quelque peu perturbée, elle se retira, sans trop savoir quoi répondre à cela, sous le regard amusé du dunmer qui la toisait du regard. Il était bien plus grand que la femme chat, mais il ne put s'empêcher de penser qu'elle aurait pu le maîtriser avec de la volonté et plus d'assurance. Il s'en amusa d'autant plus. Peut-être pourrait-il lui rendre visite plus tard. Pour l'heure, il se mit à table, et cassant avec netteté la coquille de l’œuf cuit, s'attela à en dévorer le contenu.

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    Re: Malyisk Uvaris. Chapitre 2 : Un Mal Nécéssaire

    Message par Demnvath Uvaris le Jeu 6 Fév - 23:35

    Les quelques derniers jours avaient été calmes. Le mage qui avait agressé Demnvath Uvaris avait été tué. C'est la seule nouvelle qui était parvenue à la tour, et malgré le choc que ressentirent les plus jeunes, les autres savaient que renvoyer chez lui un Telvanni après un tel acte, au lieu de le tuer, était signer son arrêt de mort quoi qu'il arrive. Demnvath n'y pensait même plus. Les faibles n'étaient pas destinés à marquer la mémoire, l'histoire. Même s'il n'était pas un fervent adepte de Boéthia, il reconnaissait là un trait tout particulier des dunmers.

    La grande salle qui contenait les tables pleines de gemmes spirituelles était toujours aussi peu entretenue. Demnvath parcourait cet étalage de pierres assez peu commun, à la recherche d'une gemme en particulier. La plupart étaient là depuis bien avant sa naissance. Les Uvaris enfermaient les âmes de créatures puissantes dans ces gemmes depuis des siècles. Et bien sûr, plus ces gemmes étaient puissantes, moins on les trouvait sur les tables. En effet, à force de laisser au rebut tout un tas de gemmes pas forcément utile, on ne trouvait plus celles d'importance notable dans le désordre de tous ces objets. En réalité, c'était à l'image de la tour dans sa totalité. Demnvath avait toujours trouvé que Tel Uvaris était un désordre sans nom. Entre les archives et cette salle, il existait une multitude d'endroits mal rangés, voire presque abandonnés.

    Au milieu de cette multitude de gemmes spirituelles, tantôt blanches, ou jaunes, ou même roses, Demnvath semblait être dans une salle aux trésors. En vérité, c'en était une, puisque ces gemmes étaient toutes achetée à prix d'or, vide bien entendu, et remplies par des âmes au prix de dangereuses chasses, ce qui en augmentait encore la valeur. Des trophées de chasse en quelque sorte; Demnvath sourit à cette idée. la plupart des créatures dont l'âme avait été enfermée dans ces gemmes avait en fait été plus torturées que chassées. Saisissant une grosse gemme spirituelle rose pâle, le mage sourit.

    "- Bonjour toi, tu me sembles très puissant, tu es quoi au juste?"

    Examinant la gemme, un flux de magie sortit du corps de Demnvath afin d'identifier l'artefact. C'était l'âme d'un auréal, une créature très puissante de l'Oblivion. Et malgré le fait que le Seigneur-mage en avait trouvé d'autres contenant des âmes d'auréals, celle-ci lui semblait plus adéquate et suffisamment puissante. Demnvath laissa le désordre derrière lui et se dirigea vers l'escalier qui menait au reste de la tour. Il se retourna cependant sur la grande porte du Tombeau Ancestral. Il n'avait pas oublié les derniers évènements, et comptait bien tirer au clair cette affaire de néonymique.

    Alors qu'il passait au détour d'un couloir, quelques vassaux le saluèrent respectueusement. Demnvath en profita pour les envoyer à la recherche d'une quelconque formule d'enchantement perdue dans une ruine daedrique non loin. Il fallait bien qu'ils apprennent quelque chose, et ne pouvaient pas rester à Tel Uvaris à ne rien faire en attendant que cela passe. Et peut-être que l'un d'eux mourrait en route, cela ferait de la place. Demnvath se sentirait tellement mieux entouré si ces incapables étaient motivés par autre chose que le priver de calme et vivre à son crochet. Il continua sa marche ver le puits d'accès vers ses quartiers, et lévita doucement vers le dernier étage et son bureau.

    La pièce était sombre, les sphères lumineuses qui éclairaient habituellement l'endroit avaient disparues. Demnvath entreprit de les recréer, puis se désista. Il n'avait pas entièrement récupérer sa magie puor la gaspiller à faire de la lumière. Il sortit une torche de derrière une bibliothèque et créa une petite flamme dans sa main gauche afin de l'embraser, puis fixa la torche à un support prévu à cet effet, à l'entrée du bureau. Cela donnait une toute autre allure à la pièce. Les ombres dansantes des multiples éléments naturels qui composaient l'architecture créaient une impression de vie qui n'était pas déplaisante, tout en soulignant la hauteur de la salle.

    Demnvath fit descendre son Bâton d'Argent. Saisissant la gemme, il la fit entrer en résonance avec l'arme, puis canalisa d'une main la puissance de l'âme de l'auréal dans l'artefact métallique. Les flux magiques passèrent rapidement de la gemme au bâton, qui se mit à vibrer très légèrement. Demnvath ne savait pas vraiment ce qui advenait de l'âme une fois que son énergie était dispensée dans un objet enchanté. Était-elle libérée? De toute manière, il n'était pas adepte de la nécromancie, et tant que ce n'était pas une âme de dunmer, il s'en fichait. Lorsque la gemme fût vide, elle se disloqua et tomba en morceaux au sol. Donnant quelques coups de pieds dans ces résidus inutiles, Demnvath les envoya gésir sous un meuble, et le léger tintement en provenant laissa entendre que le ménage n'était pas fait souvent, d'autres fragments de gemmes spirituelles se trouvant déjà là.

    Demnvath fit remonter le bâton à sa place à l'aide des quelques filins qui le soutenaient, puis éteignit la torche, qu'il rangea derrière la bibliothèque. Encore une fois, cela se répétait. Encore une fois, il se demandait s'il ne fallait pas mieux trouver, comme ses aïeuls, quelqu'un qui saurait canaliser des énergies magiques dans son corps, afin de lui éviter le choc de cette pratique qu'il avait adopté. Mais d'un autre côté, cela le préparait au combat. A chaque fois qu'il rechargeait ce bâton, il se morfondait dans ses pensées, se demandant ce qui était au final le mieux pour lui.

    Mais alors qu'il s’apprêtait à lancer son sort de lévitation habituel, il sentit une présence derrière lui, une présence familière et pourtant effrayante. Se retournant, il pu voir le visage torturé d'Athron Uvaris, son Ancêtre qu'il avait rencontré quelques jours plus tôt. Le fantôme semblait attirer le peu de lumière qui provenait de la chambre du mage. Demnvath, qui savait très bien qu'il ne craignait rien de cette être, le salua brièvement, s'interrogeant sur la présence d'un fantôme hors du tombeau, alors qu'il n'avait sollicité la présence d'aucun esprit. Mais avant qu'il ne put poser la moindre question, Atheron s'adressa à lui de sa voix lointaine et pourtant si proche:

    "- Alors, tu avances, jeune Uvaris?"


    Dernière édition par Demnvath Uvaris le Ven 28 Fév - 2:14, édité 2 fois

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    Re: Malyisk Uvaris. Chapitre 2 : Un Mal Nécéssaire

    Message par Demnvath Uvaris le Sam 15 Fév - 6:31

    Le fantôme Ancestral semblait dévisager Demnvath, qui s'étonnait de pouvoir observer tant de détails sur le visage de son Ancêtre. Bien qu'il savait faire appel à des esprits ancestraux, il n'avait jamais pris le temps de vraiment les observer. Atheron Uvaris devait être un mage puissant pour ainsi pouvoir se manifester dans la mort. Les mots qu'il avait prononcé résonnaient dans la tête de Demnvath. S'il avançait? Et à propos de quoi? Il salua poliment le fantôme. Mais il ne pouvait cesser de s'interroger. Qu'est-ce que cet Ancêtre faisait là? Il ne bougeait pas, et s'était contenté de poser une question tout à fait insipide. Il semblait cependant attendre une réponse.

    "Et à propos de quoi, Atheron Uvaris, devrais-je avancer?"

    Demnvath n'avait pas craint d'être trop irrespectueux en prononçant cette phrase. Après tout, c'était le mort qui s'était manifesté de lui-même, dérangeant le vivant. Chacun résidait habituellement sans son plan d'existence, et si les vivants faisaient appel au savoir de leurs ancêtres, il n'était d'aucun intérêt pour les mort de rendre visite à leurs descendant. Avait-on jamais vu un fantôme soucieux de quoi que ce soit concernant un vivant? Et pourtant, la question avait tout d'une question que poserais un parent en visite de courtoisie.

    "Demnvath Uvaris, as-tu trouvé celui que tu recherchais?"

    Le Seigneur-mage avait compris à quoi Atheron faisait référence. Le fantôme s'exprimait avec mystère, peut-être car sa condition ne lui permettait pas de se souvenir, ou bien à cause d'une force mystique l'empêchant de faire des révélations. Quoi qu'il en soit, en dehors d'avoir trouvé dans un livre de compte que le néonymique faisait référence à un quelconque daedroth marchand, Demnvath n'avait pas "avancé". Il avait passé le plus clair de son temps en affaires personnelles, et alors que ce fantôme lui posait des questions impertinentes, il commençait à regretté d'être descendu dans la ruine à la recherche de l'esprit de son père. Cela ne lui avait apporté que des ennuis pour le moment, et il n'avait que faire d'un daedroth qui avait acheté du vin à sa famille il y a des générations de cela. Cette caricature l'amusa et il ne put retenir un sourire de contentement.

    "Le daedroth vous achetait des denrées rares en Oblivion, c'est tout ce que je sais. Quel intérêt cela peut-il avoir, et surtout, qu'en avez vous à faire?"

    Le fantôme ne bougeait toujours pas, ni n'émettait de son. Comment les fantômes émettait-ils des son d'ailleurs? Demnvath chassa ce questionnement de son esprit, se promettant intérieurement d'y revenir plus tard. Il attendait à la fois une réponse de l'esprit ancestral, et son départ.

    "Je ne sais pas, jeune Uvaris."

    C'était le comble. Non seulement ce fantôme était importun, mais il était de surcroit inutile. Il venait le déranger, et ne savait même pas pourquoi ! Demnvath écarquillait les yeux en fixant son Ancêtre.

    "Vous ne savez pas. Vous ne savez pas. Vous ne savez pas pourquoi vous venez ici, dans mon bureau, me poser des questions, et me faire perdre mon temps avec des "Je ne sais pas" ? Ha ! Soyez donc maudit."

    Tout en prononçant ces derniers mots, il avait effectué un geste de dédain de la main droite vers l'esprit. Mais loin de s'en offusquer, ce dernier reprit:

    "Malyisk muhri, ohuhn Uvaris.

    - Pardon?

    -Malyisk Muhrid, ohuhn Uvaris."

    Demnvath ne savait pas bien si le fantôme voulait effectivement lui lancer une malédiction, ou s'il délirait. Ne voyant rien l'affecter, ni ne sentant de magie, il en conclut que le fantôme ne le menaçait pas. "Soyez maudits, Uvaris". Qu'est-ce que cela signifiait? Un éclair paru alors dans ses yeux. Il venait de comprendre. Comme mis au courant par la lueur qui venait de parcourir le regard de son descendant, Atheron Uvaris s'évapora dans les airs et disparut; Demnvath était désormais sur que c'était cela. Sans perdre de temps, il lança son habituel sort de lévitation et descendit dans les étages les plus bas de la tour. Il arriva en très peu de temps dans la salle aux gemmes, devant la lourde porte en pierre du tombeau, qu'il ouvrit en hâte. Il descendit les marches le séparant du narthex de la sépulture, et pris la porte de gauche, pour arriver face au rempart intangible. Le bruit caractéristique des ancêtres murmurant lui était désormais familier, et il traversa sans crainte le mur magique. Il lança un sort d'illumination et une petite boule de magie vint virevolter autour de lui, créant assez de lumière pour qu'il pu voir clair dans cet endroit sombre. Comment son père avait pu ne jamais y songer?

    Il fit quelques pas et retrouva l'urne d'Atheron Uvaris. Mais alors qu'il était plein d'enthousiasme, il déchanta aussi vite qu'il était descendu dans le tombeau. Il n'y avait pas de date sur l'autel. Rien ne pouvant lui indiquer quand Atheron était mort, et, plus important, quand est-ce qu'il était né. Demnvath soupira, déçu. Le tombeau lui parut bien silencieux alors qu'il restait là, debout dans le froid, son ombre tournant autour de lui en même temps que la sphère lumineuse. La porte en bois qui menait vers le bas de la tombe était ouverte. Il se dit alors qu'il ne lui couterait qu'un peu de temps de vérifier quelques autels en quête de dates. Demnvath se mit alors à chercher la tombe de Threvul Uvaris, le frère d'Atheron, et Seigneur-mage de Tel Uvaris. Étrangement, elle n'était pas dans la première pièce, avec celle d'Atheron, mais Demnvath ne s'en soucia guère. Il descendit les escaliers.

    Les marcheurs d'os étaient toujours en place, et déambulaient au gré du hasard dans le tombeau. Demnvath se souvint qu'il avait ordonné à l'un d'eux de le faire prévenir si jamais l'intrus était trouvé. Atheron ne lui en ayant pas parlé, il en conclut que ce mystérieux individu n'existait pas, ou était mort au fond de la tombe. Les pas de Demnvath le guidaient instinctivement vers la cavernes cendraises, il ne savait pourquoi, lorsqu'il reconnut l'endroit dans lequel il se trouvait. Plus important encore, c'était le couloir où il avait trouvé l'urne d'Atheron, la dernière fois qu'il y était passé. Il observa les autels alentours, et trouva ce qu'il cherchait. l'urne de Threvul Uvaris trônait sur un autel de pierre, seule, sans offrande d'aucune sorte. Calmement, demnvath essuya la poussière qui recouvrait la petite plaque métallique qui indiquait l'identité du défunt.

    Telvanni Threvul Uvaris
    Archag gaharihn am Tel Uvaris
    20 clairciel 1E 286 - 4 soufflegivre 1E 700

    Il détenait la réponse qu'il était venu chercher. Threvul Uvaris n'était pas né sous le signe de l'Atronach.

    Demnvath venait de confirmer sa théorie. Le daedroth dont le néonymique était Yoo-Vehseh était très probablement le responsable d'une malédiction qu'il avait combattu toute sa vie. Atheron radotait peut-être, mais le Seigneur-mage était désormais quasiment certain d'avoir découvert une des clefs de la malédiction des Uvaris. Malyisk Uvaris. Tout tournait désormais très vite dans sa tête, et il était pris d'un sentiment de satisfaction ainsi que d'une terrible envie de vengeance. S'il s'était habitué à ce mal, il voulait cependant plus que tout détruire l'auteur de ce crime, peut importe la raison qui l'avait poussé à lancer une malédiction. Et demnvath possédait une arme de choix: le néonymique même de la créature d'Oblivion, avec quoi il était capable de la renvoyer définitivement, voire même de la tuer.

    Mais il entendit soudain un bruit venu du fond du couloir. Ce n'était pas le bruit habituel d'un marcheur d'os, c'était le bruit d'une porte que l'on claquait. La caverne. Demnvath courut vers la sépulture des Mères des Uvaris, en ouvrit la porte, qui n'était plus gardée par le seigneur des ossements, et pénétra dans la grotte. Le même sentiment de dépaysement qui l'avait pris la fois d'avant se fit sentir, mais il n'avait pas le temps de s'y attarder. Des bruits de pas résonnaient dans la carverne; quelqu'un courait, sans doute pour lui échapper. Suivant son ouïe, et toujours éclairé par la sphère lumineuse, Demnvath passa devant les momies, et même dans la salle où il avait tenté une invocation. Le bruit des pas du fuyards étaient de plus en plus proches. Un pilleur de tombe, sans aucun doute. Demnvath dégaina son épée d'ébène et se prépara à devoir punir l'intrus. Le couloir dans lequel il courait se faisait de plus en plus étroit et irrégulier, puis finit en cul-de-sac, à son grand étonnement. Il regarda rapidement autour de lui, et vit une pierre chuter d'un petit conduit, sur l'une des parois du tunnel. Le pilleur s'était engouffré dans cette cheminée. Demnvath y grimpa à son tour et rampa dans l'étroit tuyau de roche. Un air frais lui glaça le visage... Après quelques minutes d'aventure dans ce conduit, et après avoir déchiré la plupart de ses vêtements sur la roche dure et coupante, il se retrouvait dehors, en pleine nature. Plus aucune trace de l'intrus. Il chercha Tel Uvaris du regard et vit sa tour, à quelques centaines de mètres, qu'il regagna.


    A lire après:

    La suite de ce Chapitre, Hogitum, a été commencée et peut être suivi ici : http://tesoroleplay.fra.co/t561-malyisk-uvaris-chapitre-3-hogitum#5523


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