The Elder Scrolls Online - Roleplay

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    La vieille femme du sombre bois

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    Culann

    Messages : 95
    Date d'inscription : 07/01/2014

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    Race: Bréton
    Guilde(s): La Bannière au Loup
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    La vieille femme du sombre bois

    Message par Culann le Jeu 13 Fév - 20:31

    La nuit était-elle tombée ? Probablement. Mais au cœur de ces bois il n’aurait pu en juger. Ici régnaient depuis toujours les ténèbres. Implacables au point que la lumière avait fini par déposer les armes. Pourtant une vie, invisible, avait colonisé la nuit éternelle. Sifflant, caquetant, hululant, elle signifiait sa présence sans jamais se laisser voir. Aucun n’aurait songé s’y aventurer à moins d’avoir déjà embrassé l’obscurité. Et Culann MacPhelan avait le cœur aussi noir que ces bois quand ses pas le traînèrent là sous la chape impénétrable.
    Durant des semaines il avait goûté à une nuit ininterrompue dans les geôles de Fier-Roc. Puis on vint le finalement traîner à l’extérieur par un beau jour ensoleillé. Et on lui infligea le pire des spectacles. Lui maintenant fermement la tête par sa longue tignasse, on le força à vivre la déchéance de la Baronnie qu’il avait juré de servir, et, pire que tout, l’humiliation, et la mort de son père dans le déshonneur.  Ainsi alors que l’astre de lumière présidait très haut dans le ciel, son cœur lui sombra dans les ténèbres. Il aurait à ce moment accepté volontiers la mort. Mais au lieu de ça on le conduit hors des Blanchesfalaises dont il fut banni.  

    […]

    Un jeu d’ombre noir et orange creusait son visage déjà émacié par sa détention. Allongé à un pas tout au plus d’un maigre feu il peinait - comme toujours depuis l’exécution de son père - à trouver le repos.  Il tentait de sonder les ténèbres d’une nuit sans étoile. Les courtes et frêles flammes, qui vacillaient à côté de sa tête, ne permettaient guère de voir à plus loin que sa main. Une très fine nappe de brume roulait jusqu’à lui dévorant petit à petit le sol moussu. Il frissonna. Puis il fut pris d’un sentiment d’insécurité et il se redressa sur ses coudes en hoquetant. Affolé il scruta tout autour, sa tête virant précipitamment de droite à gauche et de gauche à droite. Il ne voyait rien bien entendu.
    « Que fait tu là ? » L’interpella une voix ténue et chevrotante se faufilant entre les arbres.
    Culann hoqueta à nouveau, et glissa en arrière sur ses fesses cherchant à s’adosser à quelque chose.
    « Que fait tu là ? » Demanda une seconde fois la voix. Son ton suggérait davantage la curiosité que la menace.
    Culann plissa les yeux.
    « Rien. Je me repose c’est tout » Déclara-t-il d’une voix forte à l’attention des bois. Il fut pris une fois de plus d’un frisson. La température lui semblait avoir chuté instantanément.
    « C’est un bien curieux endroit pour le repos. » La voix se précisait. Et une silhouette commença à se dessiner. La brume s’écartait en volutes à mesure que l’ombre avançait près du feu. Et il finit par voir. Tout d’abord une fine et courte entaille vert pâle qui déchirait l’obscurité à environ cinq pied du sol. Toujours assis, Culann attrapa un bout de bois qui dépassait du feu et le leva au dessus de sa tête. Et il vit la plus hideuse des créatures qu’il avait pu croiser. Ses pieds nus et longs avaient chacun trois uniques orteils griffus. Ses genoux semblaient plier à l’envers des jambes frêles et décharnés. Leur peau avait l’aspect de l’écorce des chênes et lui paraissaient de même couverte de mousse par endroit. Sa tête était fine et allongée. Son visage avait les pires très de caractères qu’on pouvait réunir. Les joues étaient creusées. La peau était livide, au point d’y voir au travers. Une langue jaunâtre faisait le tour d’une bouche sans lèvres. Et elle le fixait d’un seul œil étrécit en une mince fente. Sa seconde orbite était condamnée par une plaie noire. Une longue tignasse noire parsemée de tout ce que les bois avaient à offrir descendait en fillasse jusqu’à sa taille. Etait-il possible d’être à la fois orc, argonien et humain ?
    « Et bien n’as-tu jamais vu de femme, jeune freluquet ? » L’interrogea la créature dessellant le trouble dans le recul de l’homme.  
    « Qui êtes vous ? » Bredouilla Culann, la curiosité l’emportant sur l’interdiction.
    « Tu n’as pas besoin de le demander. Pas plus que j’ai besoin de te demander qui tu es, jeune chien. »
    Elle s’approcha tout près de lui. Il resserra sa main sur la torche improvisée. Elle ne mesurait sûrement pas plus d’un mètre cinquante et le haut de son crâne arrivait tout juste à la poitrine de Culann. Elle se leva sur la pointe des pieds, allongea un long bras et lui saisi une mèche blonde entre deux doigts.
    « Quelle belle chevelure que tu as là. M’en donnerais-tu ? » Demanda sans détour la vieille femme.
    « Que voudrais-tu en faire ? »
    « Ca me regarde. » Rétorqua sèchement la femme. « Et toi que cherchais-tu ici ? »
    « Je te l’ai dit vieille femme. Je cherchais le repos. » Répondit tout aussi sèchement Culann.
    Elle lâcha la mèche de cheveux et reposa ses talons au sol.
    « Et si je t’offrais le repos que tu cherches, me les donnerais tu en échange ? » Proposa-t-elle se radoucissant.
    Culann la fixa longuement. Il était toujours troublé par cette créature, mais il était redevenu beaucoup plus serein, il ne craignait plus rien de ces bois.
    Devant son silence, la vieille chose se détourna de lui.
    « Suis-moi. » L’invita-t-elle.
    Hésitant entre la curiosité et l’incrédulité, il resta planté là alors qu’elle s’éloignait déjà un peu.
    « Suis-moi te dis-je. » Insista-t-elle.
    Une flamme vint lui lécher le revers de la main le sortant de sa perplexité. Il lâcha la le bout de bois bien consumé dans ce qu’il restait du feu, puis il s’enfonça dans les ténèbres à la suite de la vieille femme.

    […]

    La vieille femme des bois vivait littéralement dans un trou aménagé sous un arbre qui devait être d’une taille plus que respectable. Toutefois Culann ne pu en juger mieux dans ces ténèbres. Elle ne devait guère recevoir de visiteurs. De l’extérieur, son repaire semblait n’être que racines et terre hormis la porte très basse qui l’obligea à quasiment se plier en deux pour entrer. L’intérieur, contrairement à l’obscurité environnante, était éclairé par quelques bougies et un feu qui dévorait le fond d’une marmite. Du récipient débordait des volutes d’une fumée jaunâtre et à l’odeur, qui contre toute attente, n’était pas désagréable - mélange de plantes aromatiques comme le laurier et d’épices, cannelle et girofle entre autre.  
    « Pourquoi m’avez-vous amené ici vieille femme ? » Demanda Culann rompant le silence depuis qu’ils avaient quitté le feu.
    « Qu’est ce qui t’a mené ici toi ? » Le questionna-t-elle pour toute réponse. « Personne n’a jamais bravé les ténèbres de ces bois. » Ajouta-t-elle. « A moins… » Elle agita un doigt squelettique sous le menton de son hôte. « A moins que ce soit les ténèbres qui l’y ont amené. » Son unique œil s’étrécit alors qu’elle sondait l’homme. « Et sache que je m'y connais en ténèbres, moi qui vit dans le trou du cul d'un orc. » Lâcha-t-elle d'une voix à mi-chemin entre un gloussement et un grincement sinistre.
    Elle s'éloigna de lui pour s'approcher d'une malle vermoulue et devant laquelle elle s'agenouilla.
    « Tu as vraiment une sale trogne. » Reprit-elle lui soulevant le couvercle poussiéreux. « Et effectivement ça te ferai pas de mal manger et de dormir un peu mon p'tit. » Elle se releva dans une série de craquements répugnants et revint vers lui. Puis lui offrant un sourire édenté elle lui agita une paire de ciseaux rudimentaire sous le nez.
    « Alors quand est-ce qu'on commence mon mignon ? »
    « Vous êtes tenace vieille femme. » Protesta Culann, éloignant son visage des lames. « Qu'allez vous en faire ? »
    « Je ne sais pas encore. Peut être pourrai-je les filer ? » Elle attrapa à nouveau une mèche blonde. « Quelle longueur crois-tu que je puisse faire avec ? »
    Culann haussa les épaules.
    « Allez. Après nous mangerons. J'ai un bon ragoût qui mijote. Après ça je suis certaine que tu dormiras comme un chiot. » Le pressa la femme des bois en croisant les lames des ciseaux.

    […]

    Après des semaines d'un infâme gruau qu'on lui avait servit dans la prison de Fier-Roc, le ragoût de la vieille femme des bois était d'un réconfort sans nom. A la fois épicé et doux. Culann avait l'estomac bien rempli et son esprit semblait s'alléger. La vieille quant à elle était en train de ramasser chaque cheveux blond tombé. Celle qu'il avait pris pour une sorcière à cause de son aspect hideux, lui paraissait tout à coup moins repoussante et effrayante au fur et à mesure que le repas et l'atmosphère le réconfortait. Il se laissait absorber par la sensation légèrement piquante qui irradiait sa langue au fur et à mesure que le mélange d'épice explosait. Ses membres lui avaient parus lourd depuis longtemps, pourtant il eu l'impression que son bras flottait devant lui quand il approcha la cuillère de sa bouche. Sa nuque endolorie par le supplice qu'il avait subit semblait avoir retrouvé  un peu de souplesse alors qu'il tournai lentement la tête vers la vieille femme. Elle tenait dans ses mains un petit coffret de bois sur lequel était gravé des serpents. Ils lui sembla les voir glisser et s’entremêler tout autour de la boite, puis entre les doigts de la vieille. Elle approcha l'objet ouvert pour lui présenter. A l'intérieur y étaient lovées de longues mèches blondes. Ses mèches blondes. Une ombre passa, obscurcissant le contenu du coffret alors que le couvercle se refermait dans un clap silencieux.

    […]

    Ses paupières commencèrent à ciller. Ses yeux brûlaient un peu. Instinctivement il mit son bras devant son visage. Ses paupières cillèrent à nouveau, puis finirent par s'ouvrir. Il faisait jour. Incrédule Culann se releva sur ses deux coudes et fit voyager son regard sans bouger la tête. Il était allongé sous un arbre. Et dans un ciel d'azur, l'aura dorée du soleil montant chassait peu à peu les ombres. Comment était-il arrivé là ? Poussant sur ses mains il se redressa pour être assis. Les sourcils froncés il posa plus longuement son regard sur les environs. Il était assis sous un châtaigné au beau milieu d'une prairie verdoyante. Il entendait distinctement le bruissement d'un cours d'eau qui devait se trouver à quelques pas de là. Le cadre était si pittoresque qu'il en restait médusé. Il se sentait particulièrement bien, hormis la sensation d'avoir la bouche pâteuse. Mais dans son esprit la surprise commençait à laisser place à la panique. Il referma les yeux cherchant à se remémorer ce qui l'avait mené là. Ainsi se succédèrent à toute allure des images de sombre cachot, de têtes encapuchonnées de cuir, d'une intense lumière blanche, le visage de son père et ses yeux révulsés, un puits sans fond, les ténèbres, et cette prairie qui s'étendait devant lui désormais. Il tenta de se calmer et se mit à respirer profondément et lentement. Une odeur agréable se dégageait tout autour de lui, un étrange mélange d'épices et d'aromates. Il se laissa basculer gentiment dans l'herbe et prit son visage dans les mains. Elles sentaient la cannelle et le clou de girofle. Ses mains sentaient la cannelle et le clou de girofle ! Sa chemise également d'ailleurs. Il lui sembla agripper le fil ténu d'un souvenir, mais il se rompit net. Il lui fallait se rafraîchir les idées. De plus il avait très soif. Il se leva prestement et entreprit de se diriger tout d'abord vers le cours d'eau qu'il entendait. À intervalle régulier il se retournait dans tous les sens, marchant tantôt à reculons, les bras ballant, les yeux plissés et la bouche ouverte l'air hébété cherchant le moindre repère lui permettant de se rappeler. Et pour l'instant il n'avait absolument aucun indice. C'était juste un petit ruisseaux qui parcourait la plaine. Mais c'était tout à fait ce dont Culann avait besoin. Il remonta les manches de sa chemise et se mit à genoux prêt à y plonger la tête. L'eau était claire et lui renvoya son reflet. Tout de suite il passa une main sur sa tête et ses doigts glissèrent rapidement au travers des mèches de ses cheveux courts. Interdit, il se laissa tomber sur les fesses.


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