The Elder Scrolls Online - Roleplay

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    Malyisk Uvaris. Chapitre 3 : Hogitum

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    Demnvath Uvaris

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    Malyisk Uvaris. Chapitre 3 : Hogitum

    Message par Demnvath Uvaris le Ven 28 Fév - 3:33

    A lire avant:
    Ce chapitre fait suite au chapitre intitulé Un Mal Nécessaire, que vous pouvez lire sur ce forum

    Malyisk Uvaris

    .
    ..

    Chapitre Trois
    Hogitum


    La Mer Intérieure, le 1er de clairciel en 2E 582.


    Le soleil frappait exceptionnellement fort. Il devait être midi ou une heure, et le silence n'était brisé que par l'étrave du navire qui brisait les vagues de la mer intérieure. Par moment, par un soudain changement de direction, la voile épaisse de l'embarcation à fond plat claquait au vent, éveillant les trois passagers, alourdis par leurs équipements. Le batelier était un dunmer plutôt jeune de Tel Uvaris, et possédait l'unique navire de transport de la tour, ce qui faisait sa fierté et sa relative richesse. Et il avait de quoi être fier, il transportait à son bord trois personnages importants.


    Deux guerriers dunmers doués et respectés au village, Meden Sendal et Gadave Seran. Meden était le plus vieux, et avait combattu les akavirois dans le temps, dans les Éboulis. Gadave quant à lui était jeune et intrépide, mais tout aussi fort et talentueux. Tous deux portaient des armures d'ossements par dessus leur côte de maille d'ébonite, et revêtaient des écharpes ocres et rouges. Meden Sendal portait autour du cou des lunettes de protection, tandis que Gadave Seran les portait sur le front. Il étaient armés d'épées et de dagues, et leurs casques étaient fixés à leurs ceinturons. Anasour Rarayn, le batelier, ne leur avait pas demandé quelle était la nature de leur mission, mais il se doutait très bien que les deux guerriers accompagnaient le troisième personnage, qui n'était autre que Demnvath Uvaris, le Seigneur-mage.


    Ce dernier n'était pas revêtu comme à son habitude d'un grand manteau ou d'une robe de mage. Il portait une superbe armure d'ébonite, gravée de runes et renforcées de plaques d'ossements. Lui aussi portait une lourde écharpe et des lunettes, et était tout aussi armé que ses deux gardes. Se tenant à la proue de l'embarcation, il fixait l'horizon. Devant lui s'étendait désormais la côte d'Azura de Vvardenfell, et Molag Amur, la noire et terrible région du sud-est de l'île. Il n'avait pas dit à Meden et Gadave pourquoi ils partaient, afin de ne rien ébruiter. A vrai dire, seule à la tour Nibani Ashar-Dan, la nouvelle guérisseuse, et Anasour Rarayn le batelier, savaient qu'il était parti. Sans doute que l'absence des deux guerriers seraient remarquée, mais ces deux là avaient l'habitude de s'absenter. Ce n'était cependant de toute manière pas le but de passer inaperçu.


    Demnvath fut interrompu dans sa contemplation de la côte par des rires. Meden et Gadave regardaient le ciel et s'exclaffant. Le mage leva les yeux, et vit un braillard des falaises qui suivait l'embarcation. Cette créature volante n'était pas inoffensive, mais ne semblait pas vouloir agresser les quatre dunmers ; bien mal lui en aurait pris. Anasour Rarayn rabattit cependant le grand chapeau qu'il portait dans le dos sur sa tête, craignant d'être picoré. Il était vrai que les braillards des falaises jouissaient d'une très mauvaise réputation. Gadave avait déjà saisi son arc d'ossements, et une flèche en os, et s'apprétait à décocher sous le regard amusé de son aîné le projectile vers le volatile. Meden l'avait prévenu : Une seule flèche, elle coûtent cher.


    Les vagues faisaient bouger le navire, rendant la position de l'archer assez instable. Debout entre deux planches de bois, il devait avoir du mal à ajuster sa visée, d'autant plus que l'oiseau de malheur bougeait également. Demnvath était désormais curieux du sort qui allait advenir du braillard et s'était retourné pour observer le tir. Meden, voyant cela, avait cessé de rire et observait désormais lui aussi le grand oiseau. Dans un bruit sec, Gadave lacha la corde de son arc et la flèche fendit l'air à vive allure pour aller frapper le braillard de plein fouet. Le volatile malchanceux chuta vers les flots tandis que le jeune dunmer, galvanisé par son tir réussi, riait à pleine gorge, accompagné par Meden et Anasour. Demnvath sourit, tout en regardant le braillard heurter violemment la surface de l'eau. Déjà son sang s'était répandu et des poissons carnassiers étaient à l’œuvre. Bientôt il ne resta plus rien de l'oiseau.


    Cet épisode de chasse avait creusé l'appétit de Gadave qui regardait désormais les sacs de provisions avec envie. Il se saisit de l'un d'eux et l'ouvrit pour en sortir un morceau de coutil qu'il coupa de sa dague en quatre, puis il en envoya un bout à chacun des occupants du bateau avant d'engloutir le sien. Demnvath apprécia le geste et mangea ce fromage local tout en reportant son regard sur Vvardenfell. Le coutil n'était pas vraiment un fromage, même s'il en avait la consistance et plus ou moins le goût ; il s'agissait d'un met préparé à partir de la chair du shalk, ou d'autres insectes, et était donc à proprement parler de la viande. Lorsqu'il eut fini, il s'adressa à Anasour, qui à la poupe, dirigeait voile et gouvernail.


    « Quand arriverons nous ?


    -Dans quelques heures serjo, il fera encore jour si c'est cela que vous voulez savoir. Nous sommes actuellement au sud de la baie de Zafirbel. Si je puis me permettre, pourquoi voulez vous accoster juste au nord de Molag Amur ? Il n'y a aucune ville, ni aucun village là bas. Au sud, il y a Tel Branora, et au nord il y a Tel Fyr. Mais là où nous allons, il n'y a rien.


    -Je sais ce que je fais jeune mer. Contente-toi de nous mener là où je t'ai demandé de nous mener. »


    Demnvath voyait très bien où ils se trouvaient. Bientôt, ils seraient au nord de Molag Amur, et pourraient s'enfoncer dans cette région sombre et crainte. Seuls des cendrais osaient y vivre, notamment la tribu des Erabenimsums, qui établissait ses camps à divers endroits de la région volcanique.


    Le calme qui régnait quelques minutes auparavant reprit sa place, et on n'entendit plus à nouveau que le bruit des vagues et la voile claquant dans le vent.

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    Re: Malyisk Uvaris. Chapitre 3 : Hogitum

    Message par Demnvath Uvaris le Mar 4 Mar - 7:12

    Balayée par une interminable tempête de cendres, Molag Amur n'était que désolation depuis qu'ils avaient franchi la barrière montagneuse qui séparait la côte de la région volcanique. Depuis quatre jours qu'ils étaient là, la progression avait été difficile et rien n'allait en s'améliorant. Meden Sendal et Gadave Seran étaient aguerris et ne reculaient pas devant l'adversité, et Demnvath Uvaris ne se laissait pas abattre non plus.


    Ils avaient dressé un petit camp de fortune au pied d'un rocher, en amont d'une coulée de lave. La chaleur de la terre les gardait comme elle les menaçait. Demnvath avait enfin consenti à révéler à ses deux compagnons leur objectif, ce qui n'avait pas manqué de faire réagir les deux guerriers : le sanctuaire d'Azura. Gadave avait protesté, en disant qu'il aurait été plus simple d'accoster bien plus au sud, afin de rallier le sanctuaire en quelques heures seulement et que partis comme ils étaient, ils ne seraient pas arrivés avant la fin du mois. Le Seigneur-mage était resté muet quant à ce choix, et Meden Sendal, le plus vieux des deux guerriers, savait que leur maître ne leur avait pas tout dit.


    *
    **


    Demnvath Uvaris contemplait à travers ses lunettes de verre et de résine les cendres qui tombaient massivement sur le sol nu du foyada. Immédiatement balayées par un vent violent, elles ne restaient pas bien longtemps sur la roche à peine refroidie, et volaient en des tourbillons lourds et dangereux. Peu de créatures survivaient en ce lieu qui était le théâtre de légendes affreuses à propos de créatures et de monstres. Le temple des Tribuns affirmait même que c'est ici même qu'eut lieu l'union de Vivec et de Molag Bal, qui avait engendrée des bêtes immondes. Pourtant, en dehors de quelques shalks, le groupe n'avait rencontré aucune autre difficulté, hormis le climat et la topographie de l'endroit.


    Un shalk se promenait d'ailleurs en contrebas du petit campement. Il était sorti d'une marre de lave et s'était dirigé vers le cadavre fumant d'un braillard des falaises, qui n'avait probablement pas eu le temps de se mettre à l'abri avant le début de la tempête. Demnvath observait l'insecte extraordinaire d'un œil curieux. Un shalk pouvait résister à des températures très élevée, au point de pouvoir se mouvoir dans la lave, là où n'importe quel autre être vivant aurait fondu en un rien de temps. Pourtant, ce n'était pas pour autant que le shalk était réputé en alchimie, là où les différents organes de la bête pouvaient servir à des potions de résistance contre le feu. Non, le shalk était réputé... en cuisine. C'est à partir du shalk que l'on fait le meilleur coutil, et cette réflexion sur l'absurdité de l'utilisation de cet animal amusa le mage.


    La tempête de cendres ne se calmait pas. Ils avaient prévu des provisions pour un séjour prolongé, mais ils n'atteindraient jamais leur objectif si ils tardaient trop dans le nord de Molag Amur. Demnvath revint dans la petite tente qu'il partageait humblement avec ses deux compagnons. Gadave dormait dans son armure d'ossements, adossé contre un grand sac, et Meden préparait un repas froid, chose appréciable dans la fournaise de cette tempête de cendres. Meden regarda Demnvath alors qu'il s'accroupissait près de lui. Le mage savait utiliser une magie pour ne pas avoir besoin de dormir, contrairement à lui et à son cadet, s'ils faisaient des pauses, ce n'était pas pour satisfaire Demnvath Uvaris, mais bien pour que ses deux compagnons se reposent. En silence, il proposa un peu d'eau au mage, qui l'accepta. Demnvath retira sa lourde écharpe et ôta ses lunettes, afin de boire le liquide. On ne voyait pas souvent le visage d'un maître-sorcier Telvanni ; d'une part parcequ'ils ne se montrent pas souvent, et d'autre part parce que lorsqu'ils font des apparitions publiques, c'est en général dans une tenue complexe, masqués ou casqués dans des motifs céphalopodes. La dernière fois que Demnvath Uvaris était apparu, c'était cependant dans une tenue tout à fait normale, alors que les gardes se battaient entre eux suite à l'apparition d'un étrange artefact au pied de la tour.


    Le Seigneur-mage retourna son regard au guerrier. Demnvath était conscient que cela n'était pas vraiment dans les normes qu'un maître-sorcier Telvanni aille battre la campagne, se dévoile devant deux dunmers de basse extraction, et surtout partage un thé froid avec eux, tout en acceptant la promiscuité d'une tente fragile. Mais il était également conscient de ne pas être comme les autres. Il n'avait d'ailleurs pas lancé un seul sort depuis leur départ de Tel Uvaris. Finissant sa tasse, il remercia Meden :


    « -Juohn molamer. Je sais que l'eau est rationnée ici, ce ne sera plus la peine de m'en proposer par politesse. Je ne tiens pas à ce que nous nous trouvions à cours de ressource avant d'arriver à notre destination. »


    Meden regardait l'armure d'ébonite du mage. En réalité, si l'on ne savait pas qu'il s'agissait d'un maître-sorcier Telvanni, tout faisait croire que c'était un noble guerrier dunmer, depuis sa tenue jusqu'à sa posture.


    « -Très bien serjo. Puis-je seulement vous demander une chose ? »


    Il avait demandé cela en regardant Gadave qui dormait, comme pour s'assurer que celui-ci ne participerait pas à la conversation. Demnvath acquiesça d'un signe de tête.


    « Où allons nous ? Le sanctuaire d'Azura était bien plus accessible par bateau, pourquoi traverser Molag Amur pour nous y rendre ?


    -Tu as raison molamer, nous faisons un détour. Mais j'ai quelque chose à faire avant le Hogitum. »


    Ainsi Demnvath voulait s'entretenir avec Azura ! S'il avait voulu aller prier, simplement, il n'aurait pas eu besoin d'attendre le vingt-et-unième jour de semailles. Meden commençait à comprendre les motivations de son maître à aller au sanctuaire, mais ne voyait toujours pas pourquoi ce séjour à Molag Amur était si important.


    « J'ai des amis à voir » précisa Demnvath, soulignant verbalement le terme. « nous devrions être arrivés pour le Hogitum, du moins je l'espère. Je n'ai pas envie de refaire le voyage l'an prochain. »


    Quels amis un Seigneur-mage pouvait-il avoir sur cette terre désolée et capricieuse ? Seuls des fous et des nomades survivaient par ici, à moins que le mage ne soit amis avec un shalk ou un daedroth errant. Meden craignait le pire. Derrière lui, Gadave remua un peu puis s'éveilla, laissant échapper un toussotement en réaction à la cendre qu'il avait du avaler plus tôt. Renifflant légèrement l'air ambiant, il détecta rapidement que son aîné était en train de préparer un repas, et saluant respectueusement Demnvath Uvaris, il se prépara à manger.


    Le repas terminé, ils replièrent rapidement la tente dans laquelle ils avaient passé la nuit, et, sous les cendres, se remirent à marcher vers le sud.

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    Re: Malyisk Uvaris. Chapitre 3 : Hogitum

    Message par Demnvath Uvaris le Dim 9 Mar - 21:57

    Les imposantes pierres grises taillées en blocs massifs et gravées de rouge défilaient tandis que Demnvath et Gadave couraient dans un étroits couloirs formé par deux murs très hauts. Assaillis par l'architecture oppressante de la ruine daedrique, ils ne pensaient pas à Meden, resté en arrière pour retenir les daedra qui les avaient attaqué.


    *
    **


    Ils n'avaient pas eu le choix. L'itinéraire emprunté passait par un défilé qui avait inévitablement conduit à cette ruine à ciel ouvert, qu'ils avaient du traverser pour atteindre le foyada qui se trouvait plus au sud. Il n'y avait pas eu la moindre trace d'un quelconque occupant de cette ruine, qui était somme toute de taille réduite. Mais ils avaient tout de même été surpris par les trois auréals qui les y avaient attaqué. Tout avait été rapide.
    Arrêtant d'un geste la lance daedrique de l'un d'eux grâce à un sort de télékynésie, Demnvath avait permis à Meden de porter un coup fatal au daedroth surpris, mais tout s'était compliqué lorsque venu de derrière, un puissant Xivilai avait lancé un sort d'absorption d'âme sur l'auréal à terre. A n'en pas douter, Demnvath et ses deux guerriers étaient tombés au beau milieu d'un affrontement entre daedra, et ce n'était pas bon signe.


    *
    **


    La respiration haletante, Gadave regardait derrière lui. Un auréal les poursuivait, balayant inlassablement l'air devant lui à l'aide d'un énorme marteau daedrique. Meden avait eu la présence d'esprit d'obstruer le passage grâce à à leurs paquetages et autres affaires, et était resté combattre les daedra pour laisser son maître et Meden fuir le plus loin possible de ce lieu maudit. Voyant qu'un seul daedroth était à leur trousse, Gadave ralentit et se retourna. La peau dorée de l'auréal jurait avec la noirceur des pierres et de son arme. Le bruit de l'air battu par le marteau sonnait comme un glas dans l'esprit du jeune dunmer. Déjà Gadave avait placé son bouclier d'ossement en position défensive et s'apprêtait à encaisser le choc, ne sachant pas si cette défense allait être suffisante. Rententit alors un cri puissant tandis que l'auréal levait son marteau :


    « BAISSE-TOI, MOLAMER ! »


    Reconnaissant la voix grave du Seigneur-mage, le jeune guerrier s’aplatit au sol alors qu'un gerbe de foudre venait impacter de plein fouet le daedroth, qui lâcha son lourd marteau au-dessus de sa tête, le faisant chuter sur lui-même, ce qui le mit à terre. Gadave n'eut qu'à sortir une grande dague de chitine et se rua sur l'auréal en mauvaise posture afin de l'achever. Il porta son regard en arrière.


    Demnvath, à une dizaine de mètres, était encore en position de tir, une main pour canaliser, l'autr e pour donner à la magie la forme qu'il avait souhaité. Se redressant, il jeta un regard à Gadave, puis alentours. Le silence régnait sur la ruine, mais ils n'en étaient pas encore sortis. En réalité, cela avait tout l'air d'être un labyrinthe. Les hauts murs empêchaient de voir quoi que ce soit du paysage alentours et trouver la sortie vers la suite du défilé allait prendre du temps.


    « Merci serjo. Heureusement que vous étiez là. »


    Gadave avait rejoint Demnvath, et ils observaient les constructions d'un autre âge dans laquelle ils étaient piégés. Ils avaient couru au travers de la ruine sans trop savoir où ils allaient, et de toute évidence, à moins de rebrousser chemin, ils étaient perdus.


    « Quels étaient ces démons seigneur? »


    Le jeune dunmer se remettait à peine de son combat contre le daedroth et continuait à observer le cadavre de celui-ci tout en questionnant Demnvath.


    « Un auréal molamer. Ce sont les suivants de Shéogorath, le Prince de la Folie. Peut-être les connais-tu sous le nom de Saints Dorés. Nous aurions du capturer son âme. »


    Gadave écarquilla les yeux. Lui, Gadave Seran, un jeune dunmer de Tel Uvaris, avait vaincu un Saint Doré ? Demnvath observait lui aussi le corps sans vie du daedroth. Capturer l'âme de cet auréal aurait pu remplir pleinement une gemme magistrale. Il effleura la gemme qui était logée au fond d'une petite sacoche à son ceinturon. Il faudrait penser à la remplir la prochaine fois, il est toujours utile de disposer de quoi raviver les enchantements. Les deux dunmers regardèrent dans la direction d'où ils étaient venus. Il y avait par là bas, au détours de quelques virages, des daedra tout aussi puissants et en nombre. Meden n'avait pas du survivre bien longtemps, mais il leur avait permis de se mettre en sécurité. Demnvath empressa d'un geste Gadave à le suivre. Le jeune mer serrait ses poings. Sans nul doute, il regrettait la mort de son aîné, et une rage devait poindre en lui.


    « Nous y allons. Nous n'avons plus de vivre, plus d'abri, on ne doit pas rester là. Nous devons absolument sortir d'ici. »


    Gadave emboîta le pas au mage en armure. Le soleil n'allait pas tarder à disparaître derrière les hautes collines et on n'y verrait bientôt plus rien dans les ruines labyrinthiques. Demnvath avançait rapidement mais prudemment observant chaque virage, chaque recoin formé par les murs sombres et menaçants. Sur les parois, des runes clamaient la gloire d'un seigneur daedroth oublié depuis des milliers d'années. Gadave savait les lire, mais ne comprenait pas la langue utilisée, contrairement à Demnvath qui s'efforçait au contraire de ne pas regarder les runes. Cela inquiéta le guerrier qui détourna alors son regard des gravures rehaussées de rouge, craignant un maléfice.


    Gadave fut stoppé net par le bras de Demnvath qui lui barrait la route. Se massant la mâchoire, qui avait encaissé le choc, il regarda le Seigneur-mage s’engouffrer dans une anfractuosité. Passant la tête par le trou dans le mur, il constata que derrière, la nature s'étendait et qu'ils pourrait enfin sortir de ce piège à ciel ouvert. Ne demandant pas son reste, il passa par l'ouverture providentielle et observa le terrain. Directement après le mur, une haute colline s'élevait, ne laissant pas de place pour longer la ruine. Les deux dunmers entreprirent d'escalader les rochers noirs, s'accrochant aux dures racines qui sortaient par endroit du sol. L'ascension ne fut pas difficile, et ils arrivèrent bientôt au sommet du mont. De là, ils purent voir l'étendue de la ruine, qui était finalement bien plus petite que ce qu'ils avaient cru. Le labyrinthe faisait en sorte qu'un visiteur importun se perde sans doute.


    A une extrémité de la ruine, une sorte de bâtiment en hauteur, aux colonnes hautes et pointues était garni d'une sorte d'autel. Gravissant les escaliers qui y menaient, le xivilai qu'ils avaient recontré plus tôt trainait derrière lui un corps inanimé. Plissant les paupières, Gadave reconnut Meden, en fâcheuse posture. Mais alors qu'il saisissait son arc pour tenter de sauver son compagnon, Demnvath l'arrêta.


    « Un instant molamer, ne sois pas hâtif. S'il ne l'a pas tué, il ne va pas s'empresser de le faire dès à présent. Ce xivilai doit vouloir préparer un rituel. Faisons le tour. »


    Gadave rangea son arc, et suivit Demnvath Uvaris sur la crête. Le xivilai était sans doute venu à bout du troisième auréal, pensait-il, à moins que Meden ne s'en doit chargé avant d'avoir été vaincu. Demnvath avançait rapidement malgré son armure d'ébonite. Il arrivèrent en surplomb de l'autel. De là, ils entendaient le daedroth parler. Il lançait un sort, ou invoquait un allié.


    « Que dit-il serjo ?

    -C'est un rituel d'invocation. Il veut se servir de l'âme de notre ami.

    -On ne peut pas le laisser faire ! »


    Gadave fulminait. Saisissant à nouveau son arc, il descendit la colline vers le sanctuaire daedrique, suivi de près par Demnvath. Sans un mot, il décocha une flèche vers le xivilai dès qu'il l'eut dans son champ de tir, mais le rata de très peu. Dans son empressement et sa colère, il n'avait pas correctement ajusté son tir, d'autant qu'il marchait en même temps. Sortant une nouvelle flèche de son carquois, il mit a nouveau en joue le daedroth. Pendant ce temps, Demnvath avait pu se glisser en contrebas de l'autel. En faisant rapidement le tour, il atteignit le bas de l'escalier qu'il monta en hâte, s'assurant que rien ne l'ait suivi. Les xivilaii sont de puissants lanceurs de sorts, et des daedra très forts physiquement. La flèche qui sifflait atteignit le daedroth en plein torse, mais celui ci ne broncha pas, et envoya une salve de feu vers Gadave, qui se jeta à terre, roulant contre un rocher.


    Demnvath s'approcha de Meden, qui était inconscient. Il ne semblait pas blessé, et le Seigneur-mage en profita pour se saisir de lui à l'insu de celui qui l'avait capturé. Le tenant par un bras, il approcha le corps inanimé du guerrier du rebord de la terrasse de l'autel et le lança en contrebas. Le bruit qu'il fit en heurtant le sol alerta cependant le xivilai qui se retourna sur Demnvath, surpris d'avoir été dupé de la sorte.


    « Un mage, c'est encore mieux que ce pouilleux de dunmer » s'exclama le daedroth. « Et un mage puissant en prime, mon seigneur sera content.

    « Je ne sais pas de quel seigneur tu parles s'wit, mais tu vas le rejoindre.

    -Comment m'a tu appelé insolent ? »


    Le xivilai fonça sur Demnvath, armant son poing pour frapper. Le mage réagit rapidement à ce coup puissant et esquiva tout en dégainant son épée, qui émit une lueur bleutée et un son crépitant. C'est à ce moment qu'une flèche se planta dans la cheville du daedroth, et bien qu'il ne semblait pas souffrir, il n'arrivait plus à se mouvoir parfaitement. Profitant de l'aubaine que lui avait fait Gadave, Demnvath frappa de sa lame enchantée le xivilai à l'épaule gauche, mais du encaisser un violent coup de poing dans la poitrine. Heureusement son armure d'ébonite encaissa le coup, mais il recula tout de même de deux bons mètres. Blessé, et immobilisé, le xivilai canalisa un sort de foudre vers le mage. Mais Demnvath souriait : il connaissait bien la foudre. Alors que le sort destructeur le frappait sous le regard horrifié de gadave, Demnvath écarta les bras, comme pour mieux en subir les effets. Il laissa échapper un cri de douleur intense, mais lorsque ce fut terminé, il se redressa, son épée toujours en main.


    « Tu sais absorber la magie ? » s'écria le xivilai.

    « Et toi tu ignores qu'il est vain de me lancer de tels sorts vraisemblablement. Voyons voir si de ton côté tu sais encaisser ça »


    Ouvrant de sa main gauche la petite sacoche qui renfermait la gemme spirituelle magistrale, il la tendit vers le daedroth tout en lançant de sa main armée un sort de capture d'âme. S'il battait la créature d'Oblivion, son âme serait à lui. Furieux et incapable de parer un tel sortilège, le xivilai s'élança vers Demnvath. Mais ralentit par la flèche l’incapacitant, il ne pu parer le coup d'épée qui s'abattait en direction de sa tête. Celle ci vola d'ailleurs loin de son corps dans une gerbe de sang noir. Rapidement, Demnvath redirigea la magie du sort de capture vers la gemme spirituelle qu'il tenait en main, et l'âme du daedroth s'extirpa de son corps pour venir remplir le cristal. Il n'avait pas pu crier, c'était au moins ça. En silence, le mage rangea précautionneusement la gemme à sa place, et regarda en bas de l'autel. Gadave avait déjà tiré le corps de Meden, qui s'était réveillé.


    Ils n'avaient plus qu'à récupérer leurs affaires dans le labyrinthe, et ils pourraient repartir.

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    Re: Malyisk Uvaris. Chapitre 3 : Hogitum

    Message par Demnvath Uvaris le Mar 18 Mar - 17:25

    Il est rare qu'un voyage se déroule sans incident. Il est encore plus rare qu'aucun incident n'arrive aux voyageurs traversant Molag Amur.


    *
    **


    Meden et Gadave l'attendaient depuis plus de douze heures. Demnvath s'était enfoncé seul dans une étroite gorge, interdisant à ses deux gardes de le suivre. Il avait trouvé au bout, comme cela lui avait été indiqué il y a longtemps par son père, un cirque formé par différentes coulées de lave. Et comme prévu, au centre, une unique yourte cendraise affrontant le vent chaud de Molag Amur. Quelques arbres brûlés jaillissaient du sol, comme s'ils voulaient s'extirper de cette roche inhospitalière. C'était un paysage désolé et inquiétant, mais Demnvath ne s'arrêtait plus à ces détails depuis longtemps.


    Le mage s'était arrêté à quelques dizaines de mètres de la yourte, et se tenait droit, fixant la porte. Tôt ou tard, on finirait par remarquer sa présence. C'est alors que la nuit tombait qu'une dunmer chargée d'un sac arriva à sa droite, descendant par un chemin escarpé la colline. Elle le regarda quelque minutes. Vêtu d'une armure d'ébonite et masqué par un épais foulard, la tenue de Demnvath jurait avec la simplicité apparente des vêtements simples et pratiques de la cendraise, elle aussi masquée. Après l'avoir observé, elle entra dans la yourte, sans lui adresser le moindre mot. Quelques longues minutes passèrent avant qu'elle ne ressorte, lui faisant signe d'entrer. Le léger cliquetis de l'armure vint alors s'ajouter au bruit du vent alors qu'il s'avançait vers l'habitation rudimentaire.


    A l'intérieur, tout était bien différent. Les couleurs étaient chaleureuses, et un feu crépitait au centre de la large tente. Des objets divers étaient disposés un peu partout, ainsi que des tissus et des peaux. Mais Demnvath n'était pas venu observer les mœurs cendraises, et son attention toute entière se porta sur les trois femmes qui l'accueillaient. L'aînée, la plus vieille et la plus sage semblait-il, commanda à ses deux apprenties de se retirer pour vaquer à leurs occupations, tandis qu'elle invitait Demnvath à s'asseoir. Elle était parée de divers tissus aux motifs élaborés, de bijoux de natures diverses, allant de l'or à l'os, et portait une coiffure tout aussi étrange, faite de plumes et de morceaux de bois. Voilà donc à quoi ressemblait une mabrigash, sorcière des cendres.


    Demnvath avait retiré son foulard, laissant apparaître son visage. Ses cheveux se laissèrent aller à vagabonder sur sa nuque tandis que son regard rouge fixait la sorcière. Savait-elle qui il était ? Cela faisait au moins deux cents ans que personne de sa famille ne s'était rendu ici, et nul doute que malgré son grand âge apparent, cette mabrigash n'avait jamais connu son père. Cependant, elle lui souhaita la bienvenue le plus exactement du monde :


    « Ju'rohn serjo Uvaris »


    Demnvath la salua très respectueusement, sans adresser un mot. Il ignorait de toute manière le nom de la vieille femme. Il la laissa prendre la parole.


    « On m'a avertie qu'un jour un grand seigneur arriverait, vêtu d'une armure, et qu'il se nommerait Uvaris. Je vous ai vu en songe il y a treize jours. Vous veniez pour me poser des questions. N'avez vous pas peur ? »


    Non, Demnvath n'avait pas peur d'une vieille femme, toute sorcière des cendres qu'elle pouvait être, qu'elle ai vu son arrivée en rêve ou pas. Mais il venait effectivement pour avoir des réponses, et il ne venait pas les chercher auprès de n'importe qui : cette femme était une des mabrigash des Erabenimsuns, la tribu dont il était en partie issu, par sa mère.


    « Je n'ai pas peur, et effectivement, je viens en quête de réponses à certaines interrogations »


    La mabrigash semblait quelque peu troublée du peu d'effet qu'avait produit sa question rhétorique, mais elle ne s'en offusqua pas.


    « Que veux-tu savoir serjo Uvaris ? Viens-tu, comme tes aïeuls, chercher une femme chez les Erabenimsuns ? »


    Demnvath écarquilla les yeux. Il n'avait même pas songé qu'il aurait pu en effet venir pour cette raison. Il fut cependant très étonné de voir avec quel calme la sorcière lui avait posé cette nouvelle question. Les mabrigash sont réputées pour détester les hommes, pour ne pas hésiter à se jouer d'eux et pour les perdre dans les régions sauvages de Morrowind.


    « Non mabrigash, je ne viens pas pour cela. Je viens vous questionner au sujet des esprits de nos mères »


    La vieille femme avait changé d'attitude. Sans doute savait-elle que la Maison Uvaris, non contente d'aller chercher des épouses pour ses maîtres chez les cendrais de Molag Amur, disposait d'une sépulture cendraise pour les y inhumer à leur mort.


    « Je préfère te prévenir serjo Uvaris, je ne te dévoilerai aucun secret au sujet des esprits. Vous autres gens des maisons avez déjà affirmé vos différences, à nous de garder les nôtres. »


    « Je ne viens pas chercher de secret, du moins, je ne crois pas, mabrigash. J'aurais voulu savoir cependant s'il m'était possible d'entrer en contact avec l'esprit de ma mère, Mi-Ilu Assarbael des Erabenimsuns, car j'ai des questions qui restent sans réponses, et seule elle pourrait y répondre. »


    La sorcière se leva. Aucune émotion ne venait trahir son visage impassible, mais Demnvath savait que la réponse allait être négative. Les deux apprenties de la mabrigash avaient interrompu leurs travaux, d'alchimie et de couture visiblement, et observaient désormais le Seigneur-mage. Demnvath avait visiblement manqué de respect envers l'une des nombreuses coutumes ou croyances des cendrais, et ces mabrigash voulaient très certainement le lui faire comprendre. Cependant la vieille femme s'adressa simplement à lui par ces quelques mots :


    « Il faut laisser les morts à leur mort, serjo Uvaris. N'essayez pas de les contacter. Jamais. Si les esprits doivent un jour vous parler, ce sera de leur propre initiative. Maintenant, il faut partir. »


    Les croyances vis-à-vis du culte des morts étaient à ce point différentes entre les gens des maisons et les cendrais ? Demnvath ne s'en doutait pas, et il se leva doucement. Il ne devait pas rester plus longtemps, ni insister. En aucun cas il ne devait froisser cette femme ou ces apprenties. Les saluant respectueusement, il les gratifia d'un « Juohn ikalaam» avant de se retirer et de sortir de la yourte. Là, il fut de nouveau agressé par le vent chaud de Molag Amur. Déçu, il l'était, car il avait fait un détour assez important pour visiter cette femme. Mais il était soulagé car il avait tout de même eu un début de réponse : si jamais communication avec l'esprit de sa mère il devait y avoir, cela viendrait d'elle.


    Il lui fallait maintenant rejoindre Meden et Gadave qui l'attendaient. Ils pourraient ensuite reprendre la route vers le sud, vers le sanctuaire d'Azura. Il ne restait plus très longtemps jusqu'au Hogitum, cette fête qui célébrait la déesse en même temps que l'équinoxe. Arriverait-il à temps ?

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    Re: Malyisk Uvaris. Chapitre 3 : Hogitum

    Message par Demnvath Uvaris le Jeu 20 Mar - 5:26

    Il étaient enfin arrivés. Après être sortis sans grand problème de Molag Amur, il étaient arrivés sur le littoral oriental de la Côte d'Azura. Cela avait été un soulagement non avoué pour les trois dunmers, même pour Demnvath qui avait commencé à se lasser du paysage volcanique et désolé, des successions de foyada étroits, des coulées de laves incessantes et mortelles. Et la progression au travers du sol terreux de la Côte d'Azura, à l'ombre rafraîchissante des parasol-empereurs, sous une brise marine, avait de quoi revigorer.


    Engagés sur un étroit chemin à flanc de falaise, les trois voyageurs n'était plus seuls. Malgré la dangerosité de ce sentier qui était à-pic avec les flots tumultueux des dizaines de mètres plus bas, des pèlerins s'y aventuraient, progressant tous prudemment. Parmi eux, des gens du peuple, mais surtout des prêtres et des mystiques. Il y avait même quelques riches nobles. Le Hogitum était une fête très attendue pour les adorateurs d'Azura. C'est le vingt-et-unième jour de semailles que le jour est aussi long que la nuit, et donc que l'Aube et le Crépuscule sont si harmonieusement symétrique. Le Hogitum, jour d'invocation de la déesse Azura. Bientôt il purent voir la statue imposante de la divinité daedrique, taillée dans la falaise, et portant à l'est le croissant, et à l'ouest l'étoile.


    *
    **


    Gadave et Meden attendaient sur l'esplanade du grand sanctuaire, en compagnie d'autres suivants ou gardes ayant accompagné pélerins et prêtres. Assis sur leurs lourds sacs, ils devisaient joyeusement, buvant à même leurs bouteilles le mazte revigorant. Plus loin, Demnvath observait la mer. Le soleil était encore haut dans le ciel, et il faisait chaud pour ce dernier jour de l'hiver. Ils était arrivés juste a temps. Le lendemain, à l'aube, on invoquerait Azura. Puis on la réinvoquerait au crépuscule. La journée serait une journée de célébration, et la nuit aussi par la même occasion.


    Pour l'heure, des prêtres volontaires essayaient d'organiser au mieux l'espace prévu pour l'accueil des pèlerins. En ce temps troublé, alors que Molag Bal essayait d'arracher Nirn à Mundus, ces dunmers venaient chercher réconfort auprès de la déesse tutellaire, Azura. Demnvath avait d'autre préoccupations. Il ne venait pas adorer la Princesse daedrique. Il venait pour la questionner humblement et personnellement. Il lui fallait trouver un prêtre conciliant qui accéderait à sa requête.


    *
    **


    Il aurait du s'en douter. Tout ce qu'il y avait là n'était qu'un grouillement de moinillons empressés dans l'incapacité totale de lui fournir la moindre attention. Il faudrait ruser s'il voulait voir un prêtre, à l'intérieur du sanctuaire. Mais l'entrée étant gardée, cela n'allait pas être facile de se frayer un chemin jusqu'au cœur ce ce lieu de culte ancien. Mais entrer en douce dans un sanctuaire, même gardé, n'était pas le plus dur ; il fallait ensuite convaincre un prêtre de le laisser, même quelques instants, s'entretenir avec Azura. De toute manière, ces mêmes prêtres pouvaient communiquer avec la Princesse Daedroth n'importe quand, ils n'avaient pas besoin de Hogitum pour l'entendre et lui parler.


    Demnvath envisagea la solution la plus simple. Un sort d'invisibilité serait parfait. Il fallait cependant qu'il ne se fasse pas remarquer en train de disparaître, afin d'éviter les mauvaises surprises. S'échappant derrière une colonne, il se concentra sur son être et la perception que le monde avait de lui, puis de quelques mouvements de bras, lança fameux sort, altérant son image, le rendant transparent et … invisible.


    Sortant de sa cachette, toujours armé et engoncé dans son armure, mais impossible à discerner, il attendit qu'un moine ou un prêtre daigne ouvrir la porte pour la franchir avec lui. Ce fut rapide. Finalement rien de plus simple que d'entrer dans un sanctuaire daedrique gardé et fermé. Comme à son habitude, il rit intérieurement de cette réflexion ironique et personnelle. Il aimait provoquer ces raisonnements anodins dans les méandres de son esprits et les faire resurgir consciemment afin de provoquer ce petit effet de satisfaction.


    L'intérieur du sanctuaire était commun. Commun à tous les sanctuaires daedriques qu'il avait pu visiter à un moment ou un autre de sa vie. Tout ressemblait vaguement à la ruine qu'il avait du traverser avec ses deux compagnons quelques jours auparavant. De grandes pierres rouges ou noires étaient taillées en des formes agressives et oppressantes. Alors que les plafond étaient haut et les murs porteurs rectilignes, de grandes formes de pierre s'arquaient pour former des couloirs aux allures rondes. Tout n'était qu'illusion et impression. De très lourds chandeliers de facture ancienne portaient des bougies de cire rouge qui se consumaient lentement dans l'air à l'odeur si particulière du sanctuaire. Une odeur de vieille pierre et d'encens.


    Au détour d'un couloir il croisa une prêtresse simplement vêtue, mais dont l'aura indiquait à Demnvath qu'elle devait être plutôt importante en ces lieux. Il suivit pendant quelques minutes la dunmer encapuchonnée, jusqu'à la pièce étroite dans laquelle elle entrait et où il s'empressa de s'engouffrer avant que la porte ne se referme derrière lui. Croyant être enfin à même de pouvoir s'adresser à un prêtre d'Azura, quelle ne fut pas sa déconvenue lorsqu'il se retourna pour se rendre compte que qu'il était entré dans la chambre de la prêtresse, et en sa compagnie de surcroît. Ce n'était certainement pas le lieux idéal pour parler, encore moins pour aborder une femme après l'avoir suivi, invisible. Cependant, il se dit que si jamais la prêtresse s'étonnerait d'abord vivement de sa présence, elle verrait ça comme une épreuve divine que de devoir affronter sa destinée. Confiant en cette élucubration, et toujours sous l'emprise de son sort, il prit la parole, tandis que la dunmer se déshabillait :


    « Rhabillez-vous je vous en prie sera. »


    A demi-nue, la prêtresse poussa un petit cri d'étonnement et même si elle ne voyait personne, elle trouva tout indiqué d'accéder à la demande de la voix de Demnvath.


    « Qui est là ? Que me voulez vous ? »


    « Ju'rohn sera, je suis en face de vous. Ne vous inquiétez pas, je voudrais simplement vous soumettre une requête, c'est très important. »


    *
    **


    Cela n'avait pas été difficile. La prêtresse s'était montrée très compréhensive et moyennant quelque arrangement, Demnvath avait obtenu le droit de s'entretenir avec Azura le temps d'une minute, au crépuscule, le jour d'Hogitum. S'étirant en sortant de la pièce, oubliant qu'il n'était plus invisible, il prit le chemin de la sortie. Une fois n'est pas coutume, il avait désormais envie de dormir, et il savait que cela ne serait que plus bénéfique. Tout le monde allait dormir très tôt afin d'être prêt pour l'Aube d'Azura, et il allait en faire de même. Il sourit. Etait-il si proche de la réponse qu'il attendait ?


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    Re: Malyisk Uvaris. Chapitre 3 : Hogitum

    Message par Demnvath Uvaris le Sam 22 Mar - 18:28

    L'apparition d'Azura à ses prêtres et prêtresses à l'Aube avait du être magnifique. Les pèlerins n'étaient pas autorisés à assister à cette cérémonie, mais les festivités avaient été des plus joyeuses qu'il n'avait été donné à voir. Bien sûr, le temps de prière avait été respecté mais sitôt l'annonce que Azura était apparue, tout le monde avait décidé de céder aux appels de la fête.


    *
    **


    Demnvath attendait patiemment son heure. Au Crépuscule, on lui avait promis une très courte entrevue avec la Déesse du Crépuscule et de l'Aube, et il en arrivait au point de ne plus être certain de ce qu'il attendait de ce dialogue avec le Daedroth. Il avait l'habitude des discours politiques, des affaires occultes, il avait convoqué de nombreux daedra pour ses études, ou au combat, il avait participé à des guerres, mais jamais il n'avait eu à parler directement avec un Prince Daedroth. Devait-il se montrer révérencieux ? Il savait que les Princes d'Oblivion étaient bien différents de nature des autres daedra, et formaient un cercle très restreint de divinités. La prêtresse lui avait bien dit que la manière de s'adresser à Azura lui viendrait naturellement. Il verrait bien.


    Il se tenait debout, à l'écart des réjouissances. Le soleil brillait et réchauffait l'extérieur du sanctuaire à flanc de falaise, la journée était belle. Les deux guerriers qui avait accompagné Demnvath participaient à leur manière aux festivités. Le Seigneur-mage ne savait pas s'ils étaient fervents adeptes de Azura, et les imaginait bien plus proche de Boéthia, mais ils n'avaient pas l'air dépaysés. Demnvath s'interrogea alors sur la non-présence du Temple, ou de ses ordonateurs. A défaut de soutenir le culte des trois bons daedra, il le tolérait, mais il était bien étrange que nul représentant ne soit là à des fins de contrôle. Peut-être quelques nobles présents avaient su se montrer suffisamment convaincant afin de tenir le Temple à l'écart. C'était là l'hypothèse qui se prêtait le mieux à cette absence.


    La journée continua ainsi jusqu'en fin d'après midi. Demnvath s'était introduit dans le sanctuaire de la même manière que la veille, et se tenait dans la cellule de la prêtresse qu'il avait convaincu de le laisser parler à Azura. C'était une petite pièce, disposant d'un éclairage rudimentaire, d'un lit, d'une petite commode, d'une table et d'un tabouret. Les prêtresses disposaient du strict minimum vital, mais ne semblaient pas s'en plaindre. Finalement, cet isolement et cette solitude était comparable à la vie d'un Seigneur-mage Telvanni. Sauf que les Seigneurs-mages ne vivaient que pour eux-mêmes, pas pour un Prince Daedroth. Demnvath avait faim. Voyant une pomme sur la table, il se demandait si cela manquerait à l'appel s'il la mangeait. Mais son questionnement fut interrompu par la porte qui s'ouvrait.


    La prêtresse était radieuse, habillée d'une très fine robe blanche à capuche, brodée d'or. Elle sourit au mage, qui était vêtu d'une armure sale et poussiéreuse.


    « Ju'rohn serjo. Je vois que vous êtes ponctuel. Laissez moi me changer et je vous mènerais à l'autel auquel vous rencontrerez la Déesse. »



    Demnvath acquiesça tandis que la prêtresse abandonnait sa robe, qui était son unique vêtement. Nue, elle chercha dans sa commode une deuxième robe, d'un bleu très sombre celle-ci, mais décorée de la même manière que la première. La revêtant, elle croisa le regard gêné de Demnvath, qui n'avait même pas eu la présence d'esprit de se détourner. La prêtresse y répondit de son habituel sourire. Elle était jeune mais pleine d'assurance. Une fois bien habillée, elle expliqua au mage ce changement de vêtement.


    « Azura est Princesse du Crépuscule et de l'Aube, ces robes de cérémonies honorent ces deux mouvements, ces deux changements d'état. Une pour la venue du jour, l'autre pour la venue de la nuit. Allez, suivez moi serjo. »



    Elle ouvrit la porte, regardant de chaque côté du couloir ; Demnvath fut enjoint de la suivre et se pressa à grand pas derrière cette jeune femme qui montrait décidément une autorité indiscutable. Ils marchèrent un moment à l'intérieur du sanctuaire, puis arrivèrent devant une petite porte. La prêtresse invita le mage à y entrer, ce qu'il fit sans discuter. La pièce dans laquelle il pénétra était très haute de plafond, mais étroite. Quatre chandeliers étaient disposés aux quatre coins, et au centre se dressait une statue d'Azura, d'une taille équivalente à celle d'un dunmer. Un petit autel sur lequel étaient posées quelques offrandes était placé aux pieds de la statue.


    « J'ai prié Azura, et elle m'a révélé qu'elle se montrerait à vous, au crépuscule. Mais pas longtemps, elle doit apparaître à ses fidèles, au grand autel du sanctuaire. J'espère que ce que vous aurez à lui dire sera court. Je ne pourrais pas vous assister dans vos prières, je dois me rendre près des autres. Vous n'aurez qu'à partir une fois votre entrevue terminée. »



    Demnvath sourit à la dunmer. Elle avait été infiniment compréhensive, et ne s'était à aucun moment offusquée de sa demande incongrue. Peut-être qu'Azura voulait que cette entrevue ait lieu après tout. Cela expliquerait la spontanéité de la prêtresse, qui n'a pas hésité longtemps avant d'accéder à la demande du mage. Elle quitta la pièce, refermant délicatement la porte, laissant Demnvath seul face à la statue. Comment Azura allait-elle se manifester ? N'entendrait-il qu'une voix désincarnée ? Ou son image apparaîtrait-elle ? La prêtresse lui avait conseillé de prier, et c'est ce qu'il entreprit alors de faire. Tendant les bras vers l'autel et la statue, il ferma les yeux et pria. C'était plus là une manière de faire qu'une adoration sérieuse. Demnvath était loin d'être un fervent pratiquant d'aucune religion, ce qui ne l’empêchait pas de prier, de croire, ou même d'espérer.


    Au loin, il entendait la clameur des prières des prêtres. Il distingua même la voix de sa prêtresse parmi les prières. Le fameux « grand autel » devait se trouver non loin, et il était très certainement dans une salle de prière privée, plus quotidienne, plus modeste. Demnvath observait les attributs divins de la Déesse sur sa statue. Elle tenait d'une main le croissant, de l'autre l'étoile. L’Étoile d'Azura. S'il y avait bien un artefact daedrique que le mage aurait bien voulu posséder, il s'agissait de l’Étoile d'Azura, cette gemme spirituelle infinie grâce à laquelle on n'avait plus besoin de se réapprovisionner en gemmes. De nombreux chercheurs avaient tenté d'imiter cet artefact divin, sans succès. Les gemmes sont irrémédiablement détruites après utilisation, sauf l’Étoile d'Azura.
    Soudain une voix le tira de sa réflexion.


    « Me voilà, jeune mortel. »



    Se retournant, Demnvath tomba nez-à-nez avec une femme à demi nue, grande, à la peau claire et très légèrement dorée. Elle avait l'apparence d'une dunmer, mais sa peau et ses yeux étaient presque surnaturels. Azura avait pris la forme qu'on lui connaissait sur la plupart des anciennes statues, celle d'une femme chimer. Devant la beauté de l'apparence de ses ancêtres, Demnvath ne put que rester bouche-bée. Le regard lourd de sens de la Déesse lui fit cependant comprendre que leur temps était compté, et qu'elle devrait s'en aller bientôt. Ne sachant pas comment introduire poliment sa question, Demnvath décida de faire au plus simple.


    « Azura, Princesse du Crépuscule et de l'Aube, je te remercie de m'être apparu. J'ai une question à te soumettre, et j'espère que dans ta grâce tu daigneras y répondre. »



    « Je t'écoute dunmer, mais fais vite. »



    « Je suis à la recherche d'un daedroth. Tout ce dont je dispose pour le retrouver est son néonymique que voici : Yoo-Vehseh. »



    C'était la première fois qu'il prononçait le néonymique, mais en la présence de la Princesse daedrique, il était confiant. Il attendit la réponse d'Azura quelques secondes, commençant à se demander si la Déesse avait au moins la capacité de répondre.


    « Tu disposes du néonymique d'un daedroth, mais tu hésites à en faire usage. Voilà qui est prudent dunmer. Je vais répondre à ta question. Le daedroth que tu recherches s'est mis au service de mon frère, Molag Bal, et se trouve donc en Hâvreglace. C'est tout ce que je peux te dire dunmer. »



    Demnvath avait enfin une piste claire. Il savait où chercher, il savait. Et le savoir est cher et précieux. Cette simple information pouvait avoir des retombées éclatantes. Ne sachant pas comment remercier Azura, il inclina la tête respectueusement, cachant sa joie.


    « Tu ne devrais pas tarder à avoir l'occasion de le rencontrer, si tu as de la chance. »



    Demnvath resta immobile. Qu'Azura venait-elle de dire ? Il releva la tête, mais elle avait disparue, sans doute était-elle partie faire son apparition devant ses fidèles prêtres. Il se parla à lui-même à haute voix.


    « Comment ça je vais le rencontrer si j'ai de la chance ? C'est insensé ! »



    Réfléchissant à ce qu'il venait de se passer, il resta un moment devant la statue d'Azura, tantôt la contemplant, tantôt maudissant le fait qu'il n'ait pas eu plus de temps. Il n'allait tout de même pas faire irruption dans la cérémonie officielle pour contenter sa soif de savoir. À cette réflexion, il tendit l'oreille afin d'entendre les prières, ou Azura. Mais aucun bruit ne lui parvint. La cérémonie était-elle terminée ? Des pas se firent entendre dans le couloir. Quelqu'un courait. D'autres bruits de pas se firent entendre. Et bientôt des voix s'élevèrent. Demnvath n'eut pas le temps d'écouter ce qu'elles disaient : la porte s'ouvrit rapidement, et la prêtresse qui avait tant fait pour lui apparu. Son visage était paniqué, et elle était essoufflée.


    « Vous devez nous aider serjo ! »



    « Que se passe-t-il ? »



    Demnvath ne comprenait pas la situation. Qu'est-ce qui ébranlait ainsi la confiance de la prêtresse ? Il la suivit dans le couloir, où il croisa d'autres prêtres, qui ne semblaient pas se soucier de sa présence. Tous étaient paniqués. A l'autre bout du couloir, il vit que l'on faisait entrer les pèlerins massivement dans le sanctuaire. Aucun ne semblait comprendre la situation. Demnvath empoigna alors la prêtresse par les épaules et la secoua un peu.


    « Que se passe-t-il par Azura !? »



    Se ressaisissant, elle leva le regard vers le Seigneur-mage. Une larme perla sur sa joue, et Demnvath ne sut dire si c'était de peur ou de joie, car un sourire lui fendait le visage.


    « Notre Déesse vient de nous prévenir d'un grand péril, serjo. Molag Bal va très bientôt envoyer une de ses ancres noires près du sanctuaire. Nous sommes loin de tout, et il n'y a pas de soldats pour nous défendre. La fuite est inenvisageable, nous sommes perdus. »



    Demnvath regardait les pèlerins qui se massaient désormais dans la grande salle du sanctuaire. Se doutaient-ils de cela ? Certains semblaient même se réjouir de pouvoir entrer dans le sanctuaire d'Azura. Si une ancre noire devait effectivement tomber près d'ici, tous ces gens seraient vite perdus. Azura savait se montrer généreuse avec ses fidèles, et avait prévenu ses prêtres du danger. Demnvath lui adressa une courte prière pour la remercier. Ce temps d'avance allait ruiner l'effet de surprise des daedra.


    « Je vais vous aider. Mais je ne dois pas être seul. Vous autres prêtres d'Azura êtes bons invocateurs me semble-t-il. Appelez ses Ombres Ailées. Elles défendront le sanctuaire. Je dois retrouver mes compagnons. N'ayez crainte. »



    Alors qu'il prononçait cette phrase, la prêtresse serra son armure entre ses bras, puis couru rejoindre ses pairs. Demnvath se retourna vivement à la recherche de Meden Sendal et de Gadave Seran. Ces deux là ne seraient pas de trop pour le combat qui allait suivre.


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