The Elder Scrolls Online - Roleplay

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    [Présentation et BG] Eshane Kel Taghlam

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    Eshane Kel Taghlam

    Messages : 7
    Date d'inscription : 13/01/2014

    [Présentation et BG] Eshane Kel Taghlam

    Message par Eshane Kel Taghlam le Lun 17 Mar - 10:53

    A moins de jouer un personnage proche de l'entourage d'Eshane,
    les informations de ce topic ne sont pas exploitables en RP.

    [Portrait] Eshane



    Identité Sociale :

    Nom(s) : /
    Prénom(s) : Eshane
    Surnom(s) : Fauve
    Titre : Fille d’Isran de la tribu des Kel Taghlam « ceux qui livrent le sel »
    Sexe : Féminin
    Âge : 24 ans
    Corpulence : Elancée, à la fine musculature
    Taille : 1 m 70
    Poids : 58 kg
    Cheveux : Nuance de brun-rouge foncé
    Yeux : D’un or profond
    Lieu de Naissance : Les chemins d’Alik'r au cœur de Lenclume
    Alliance : Couronne, Alliance de Daguefilante
    Race : Rougegarde
    Classe : Lame noire
    Guilde : /

    Ascendance familiale :

    La tribu des Kel Taghlam s’organise sur les liens du sang. L’appartenance à la tribu est établie en référence à un ancêtre originel commun : la légendaire Takama, la dompteuse de vent. La famille est le premier niveau de liens et se regroupe sous la même tente. Puis, vient la notion de famille plus élargie (oncles, cousins) au delà de laquelle apparaît celle de la tribu.

    Tente d’Eshane :
    Père : Isran, chef de la tribu (52 ans)
    Mère : Shafaye (48 ans)
    1 frère : Jeleen (jumeau d’Eshane - 24 ans)
    1 sœur : Tiela (18 ans)

    - Eshane possède un autre frère Aghali (28 ans) vivant sous sa propre tente avec sa femme Neesha (25 ans). Aghali deviendra le chef de la tribu à la mort de son père Isran. Ils ont un fils Rellian (4 ans) et une petite fille Anora (2 ans).
    - Elle a, également, une sœur Lashana (22 ans) vivant sous sa propre tente avec son mari Taran (26 ans). Ils ont un fils Ennah (3 ans).


    Caractéristiques Personnelles :

    Apparence Physique :

    S’il vous arrive d’arpenter les chemins arides d’Alik'r, vous croiserez peut-être la démarche déliée, fauve, muette, en un mot sauvage d’Eshane. Votre regard pourra alors probablement parcourir sa silhouette élancée, à la fine musculature, sculptée par ses années d’errance sur le sable brûlant du désert. Vos yeux s’égareront même, qui sait, un instant sur les tatouages tribaux recouvrant sa peau ambrée de leurs délicats entrelacs sombres. Et, plus que la réelle perfection de ses formes, c’est cette beauté originel, primitive qu’elle irradie en permanence qui dominera votre contemplation.
    En vous attardant sur le visage de cette étrange odalisque, vous noterez que sa chevelure aux nuances brunes-rouges foncées, attachée par un chignon flou laissant échapper quelques mèches, encadre un visage aux traits nobles et sévères. Visage dont émanera une certaine morgue accentuée par ses yeux d’or indomptés et par la moue boudeuse que prendront naturellement ses lèvres pleines. Lèvres d’où s’échappera une voix grave, profonde, féminine… Captivante.

    Signes particuliers : Elle arbore une fine cicatrice sur l’arrière de sa nuque. Ses tatouages sont éphémères et faits d’henné. Ses cheveux sont recouverts la plupart du temps d’un beurre végétal parfumé avant d’être attachés afin de les protéger du soleil aride et du sable. Elle est gauchère.

    Traits de caractère :

    Avide de liberté et de grands espaces, son cœur nomade lui dicte sa loi faisant d’elle une femme insoumise, prête à tout pour garder son indépendance. Comme la plupart des rougegardes, elle se montre peu réceptive et docile face à une discipline stricte. Toutefois, Eshane n‘est pas irréfléchie. Elle optera pour le bon sens plutôt que pour la négation absolue d’un ordre.
    Farouche et fière, elle ne s’intéresse qu’aux individus piquant sa curiosité ou forçant son respect et n'a que peu de goût pour les intrigues et l'hypocrisie. Elle respecte la parole donnée et les individus qui vont au bout de leur conviction. Pour ses proches, elle révèle une sensibilité à fleur de peau, une touche maternel laissant place à un être protecteur, juste et d’une grande honnêteté. La jeune femme est, de plus, inéluctablement attirée par la défense des causes perdues. Comme la plupart des gens vivant sous de fortes températures, elle parle peu, économise ses gestes et vit sobrement. Toutefois, ces qualités sont quelque peu mises à mal par son caractère fougueux et un tantinet soupe au lait. Elle est également très superstitieuse.
    Courageuse, persévérante pour ne pas dire têtue, elle n’abandonne jamais ce qu’elle entreprend. Il n’est pas question pour Eshane de subir son destin. Rien n'est définitivement écrit et il n'y a pas de destinée que sa volonté, sa propre détermination ne puissent modifier. C’est d’ailleurs pour cela qu’elle ne supporte pas l’échec. Maligne et avisée, la ruse est l’un de ses atouts majeurs pour parvenir à ses fins. Qu’importe la méthode, seul le résultat compte.

    Signes particuliers : Elle ne sait ni lire, ni écrire le Tamriellien (langue commune de l’empire) mais le parle. Elle maitrise le Yoku (langue ancienne des Rougegardes) et sait compter.

    Aptitudes et Talents :

    Eshane a appris diverses choses au cours de son enfance errante dans le désert comme la danse, l’observation, l’art du combat et l’endurance. Elle sait aussi que l’eau est précieuse, le soleil puissant et le vent porteur de message. Que la vie est dure mais qu’elle reste une bénédiction.

    - Elle pratique la danse comme personne et toujours de façon extrêmement féline et lascive. Ses danses sont tribales, envoûtantes et ses mouvements toujours coordonnés à la perfection. Cette excellence n’est pas le fruit du hasard mais le résultat d’un travail acharné depuis l’age de 5 ans. Travail fait de sueur, de larmes, de courbatures, de blessures et de privations diverses et variées.
    - Dépourvue de force, elle a du se fier à son agilité, sa rapidité, sa souplesse et son endurance acquise au fil des années grâce à la danse et à sa vie nomade dans le désert aride d’Alik'r. Toutes ces qualités lui permettent de maîtriser l’art de l’esquive, de se faufiler là où la majorité des gens ne peuvent aller facilitant grandement la traque de ses proies ou la récupération d’une bête égarée. Elle peut, également, courir à un rythme modéré sur une longue distance sans paraître fatiguée le moins du monde, très utile lors des transhumances. Durant son enfance, elle a, en effet, souvent gardé les troupeaux et les a conduit aux puits d'eau parfois à plusieurs heures de marche.
    - Autres atouts non négligeables sa très bonne audition et sa grande capacité d'observation font d’elle une excellente pisteuse, éclaireuse. L'observation est un acte vital pour les peuples du désert, savoir lire dans le sable et les étoiles est incontournable. Le désert exige la patience.
    - Très adroite, elle fait preuve d’une grande dextérité dans le maniement des arcs, dans l'art des dagues et maîtrise le lancé de couteaux.

    Facultés psychiques :

    - Hypnose

    Équipement et armes :

    - Pour danser, elle aime se parer à outrance de bijoux argentés et de breloques en perles qui tintent à chacun de ses pas. Pour se battre, elle préfère des tenues de cuir sobre lui permettant aisance et mobilité aux couleurs de sa tribu (noir, bleu, blanc).
    - Elle porte des sandales de cuir même si elle préfère être pieds nus notamment pour danser.
    - Une petite besace de cuir contenant divers petits objets utiles comme des onguents.
    - Une outre en peau d’eau fraîche.
    - Un pendule fait d’argent et d’ambre autour du cou.
    - Deux dagues jumelles « les filles de Tava ».
    - Son arc d’if répondant au sobriquet de Bajihri.
    - Plusieurs lames fines en argent finement ciselé dissimulées ça et là sur son corps ou ses vêtements.


    Valeurs et Croyances :

    - Elle est fortement attachée aux traditions ancestrales de son peuple.

    - Elle pratique souvent le cérémonial du thé. Refuser de boire les trois thés composant ce rituel est jugé impoli. (Les mêmes feuilles de thé vert sont utilisées pour confectionner trois services à la suite. Le premier thé est amer comme la mort, le second est doux comme la vie et le dernier est sucré comme l'amour.) Pour réussir le thé, la coutume veut qu’il faille des braises, du temps et des amis.

    - Ce cérémonial est pour Eshane une manière de montrer son hospitalité et un prétexte pour discuter avec le visiteur de passage. L'hospitalité est très importante pour les Kel Taghlam. C'est une règle fondamentale dans la vie du désert. Le désert, c’est le partage du thé, de l’eau, de la nourriture et de la tente sans lesquels la vie est impossible.

    - Réceptive à l’équilibre du monde et aux esprits, elle n’oublie jamais de rendre hommage à l’adversaire qu’elle vient de tuer, célébrant ses qualités, sa bravoure. Bravoure qu’elle considère comme un élément essentiel du combat. Elle respecte, également, la nature car le désert lui a appris qu’on ne peut rien obtenir d’elle sans lui obéir.

    - Elle se méfie de la magie, qu’elle considère de part son éducation rougegarde comme lâche et indigne. Elle déteste la nécromancie mais tolère a peu prés la magie des prêtres et des hommes pratiquant la magie des sables.

    - Coté religion, son inclination se porte sur Tava « la déesse des Oiseaux » représentant l'esprit yokudan de l’air à laquelle elle porte un culte sans borne. Elle n’oublie pas, toutefois, Morwha « la Déesse Nourricière », divinité yokudan de la fertilité et Leki, « Sainte de l’Épée de l’Esprit », divinité yokudan de l'escrime aberrante.


    Citations d’Eshane :

    «Celui qui ne connaît pas le silence du désert, ne sait pas ce qu’est le silence.»
    «Ce qui est invisible n’est pas forcément inexistant.»
    «Le voyageur connaît le jour de son départ, mais il ne connaît pas le jour de son retour.»
    «On ne remercie jamais un Kel Taghlam pour son cadeau, puisque son plaisir est de l’offrir.»
    «Ne te lasse pas de crier ta joie d’être en vie et tu n’entendras plus d’autres cris.»
    «Fais de ta plainte un chant d’amour pour ne plus savoir que tu souffres.»
    «Est-ce qu’il faut tuer ce qu’on ne comprend pas ?»
    «Faut-il qu’un peuple disparaisse pour savoir qu’il existe.»
    «L’intelligence n’aime pas être mise de côté.»
    «Aman iman : l’eau, c’est la vie.»



    Ce qu’on dit d’elle :

    A venir
    Thème musical :




    Dernière édition par Eshane Kel Taghlam le Ven 23 Jan - 14:45, édité 1 fois


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    Eshane Kel Taghlam

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    Re: [Présentation et BG] Eshane Kel Taghlam

    Message par Eshane Kel Taghlam le Lun 17 Mar - 11:04

    A moins de jouer un personnage proche de l'entourage d'Eshane ou de Jeleen,
    les informations de ce topic ne sont pas exploitables en RP.

    Background - partie 1

    La pleine lune irradie ses doux rayons d’argent et l’obscurité, teintée de clarté, caresse avec amabilité le relief du désert. Le vent et le sable encore chaud dorment paisiblement depuis plusieurs heures maintenant. La nuit est favorable… C’est un bon présage. La vie va pouvoir éclore sereinement grâce aux bontés de Morwha.

    Le feu principal du campement brûle ardemment, il ne faut pas qu’il s’éteigne… Tour à tour, on ajoute du bois pour alimenter la voracité tranquille de ses flammes. Son éclat flamboyant doit danser jusqu’au petit matin dans les yeux de ceux qui le contemplent. Cette nuit, la quasi-totalité de la tribu Kel Taghlam s’est amoncelée, silencieuse, autour de sa chaleur bienfaisante. Cette nuit, il n’y aura ni contes, ni récits, ni partage des nouvelles du jour, juste le chant de quelques femmes et le tambour des hommes raisonnant religieusement dans le silence d’Alik'r. Cette nuit, Shafaye enfante… La tribu attend l'annonce de la naissance avec impatience, le chef Isran va avoir son second enfant. Si tout se passe bien demain sera jour de fête et de repos.

    Un peu à l’écart devant une tente massive et épaisse, fermée par un long pan de tissu lourd, un homme et un petit garçon attendent. Le père porte son fils contre lui et fait les cent pas sur la natte d’entrée. Aghali sourit gentiment aux regards qu’il croise malgré la somnolence pesante qui l'engourdit. Lové contre l’épaule d’Isran, le petit garçon de quatre ans serait bien allé rejoindre le groupe près du feu pour plonger comme les autres enfants dans la douceur d'un sommeil réparateur mais sa mère donne la vie et, son père et lui se doivent d’attendre le nouveau venu. Un cri féminin emprunt de souffrance franchit soudain les lourdes frontières de la khaïma et fait sursauter le petit qui dévisage aussitôt son père de ses grands yeux noirs, crispant ses petits doigts enfantins sur le tissu écru de la tunique paternelle.

    - « Rassure-toi, fils. C’est bon signe, il arrive. »

    - « Maman… »

    - « Tant que ta mère trouve la force de crier, fils, c’est qu’elle va bien. Apaise-toi. »


    Malgré ses paroles encourageantes, Isran n’est pas tranquille. C’est trop tôt. Shafaye n’aurait pas dû accoucher avant plusieurs lunes. Inquiet, l’homme pose son regard solide et ténébreux sur le feu et les Kel Taghlam un peu plus loin afin de se donner du courage. Mais, les chants de transe n’apaisent pas sa conscience. Les traits de son visage fortement tanné par le soleil se contractent au second cri de son épouse, tout comme les muscles saillants de son corps robuste. Il remet nerveusement en place la mèche vagabonde de ses cheveux bruns-rouges s’égarant sur son front tandis que son fils l’étreint à nouveau pour se réconforter. Tout à coup, le pan de la tente s’entrouvre. Une vieille femme au visage bouffi mais sage, aux tresses grisonnantes et au faciès fortement marqué apparaît. Elle s’adresse de sa voix éraillée au premier guerrier Kel Taghlam sur un ton bas et monocorde.

    - « C’est le moment. Tu auras un nouvel enfant sous peu, Isran. Tout se passe bien, Morwha guide ta femme. »

    Puis, elle disparaît de nouveau dans l’intimité de la khaïma sans attendre la moindre réaction de la part de l’homme.

    A l’intérieur de l’épaisse tente, décorée par de multiples parures de cuir sculpté, tressé et coloré, flotte une certaine tiédeur due à la vapeur s’échappant de la jatte d’eau reposant sur le brasero. L’espace est doux, accueillant, chaud. De moelleux et confortables coussins chamarrés sont disposés tout autour de l’espace central, une théière fumante et de petites tasses en métal doré reposent sur une table basse faîte du même métal. Des nattes en feuilles de palmier et des tapis en peau de chèvre et de brebis couvrent le sol pour isoler de la fraîcheur. Dans un coin de la tente se dresse l'unique lit familial légèrement surélevé pour éviter les piqûres des scorpions et des insectes. Sur ce dernier repose Shafaye ne portant pour seul vêtement que ses tatouages d'henné. La jeune femme, allongée sur le coté, est soutenue par deux amies proches Neesha et Kyara agenouillées à ses cotés.

    - « Elle a bu toute la décoction ? » lance la vieille tandis qu’elle s’empare d’un morceau de tissu propre destiné à recevoir le nouveau-né.

    - « Oui, matrone » répond d’une toute petite voix Kyara. « Elle vient de la terminer. »

    La vieille femme s’approche de Shafaye et lui palpe le ventre avec force sans s’occuper de ses protestations.

    - « C’est étrange… »

    La matrone secoue la tête négativement puis pose sa main sur le front en sueur de la future mère avant d’examiner son intimité de ses gestes experts.

    - « Je sens ton enfant Shafaye. Il va falloir le faire sortir. Aide-le, il est temps. C'est ta deuxième naissance, tu sais ce qu'il faut faire. Que Morwha te guide. »

    Après moult souffrances, l’épouse du chef met au monde son enfant. La matrone s’esclaffe de soulagement au cri perçant du nourrisson tout en coupant le cordon.

    - « Regardez-moi ce petit homme ! Il est en forme et robuste malgré sa naissance précoce. Neesha lave-le et enveloppe-le dans ce tissu. »

    La jeune femme soutenant l'épouse d'Isran s’empare du bébé et s’exécute avec beaucoup de douceur tandis que la matrone masse l’abdomen de la mère, l’air soucieux. Soudain, Neesha prend la parole ébahie, le sourire aux lèvres.

    - « Ton garçon, Shafaye, il a les yeux du soleil ! C’est une bénédiction des dieux ! Quel grand honneur ! Comment vas-tu nommer la nouvelle fierté de notre tribu ? »

    Les trois jeunes femmes se regardent un bref instant les yeux emplis de joie. Les yeux d'or... Les dieux rougegardes n'auraient pas pu être plus favorables aux Kel Taghlam.

    - « Jeleen… » balbutie la jeune mère heureuse avant de pousser un cri déchirant glaçant d’effroi ses deux amies.

    - « Ce n'est pas fini... Elle va de nouveau enfanter… » bougonne la matrone.

    Les paroles de la vieille femme raisonnent avec stupeur dans la khaïma. L’effervescence et les rires déclenchés par les yeux du petit Jeleen viennent en une seconde de laisser place à un silence lourd de sens. Des jumeaux… Pour les Kel Taghlam, la gémellité est un signe de grand malheur… Le sortilège d'un Djinn malfaisant. Les minutes suivantes s'égrainent dans une atmosphère pesante où seuls les cris de Shafaye et les pleurs du nourrisson inconsolable se mêlent aux chants lointains et entêtants de la tribu. Puis soudain, de nouveaux pleurs retentissent. La matrone coupe le cordon du nouveau né et annonce de sa voix monotone.

    - « C’est une fille, Shafaye. Elle est plus petite mais tout aussi robuste que son frère. Kyara occupe toi d'elle. Prépare-la pour le rite du retour à la terre, vite... Il ne faut pas tarder.»

    La jeune femme en question part aussitôt laver l’enfant avec soin. La matrone se tourne alors vers l'épouse d'Isran et lui couvre le buste sans un mot. Malgré son état, la mère des jumeaux soutient le regard de la vieille femme avec fermeté et colère.

    - « Non ! Je refuse le rite du retour à la terre ! Je nomme ma fille Eshane ! Tu m'entends Eshane ! »

    - « Shafaye ! » gronde la matrone. « Garde le silence, malheureuse ! Ne lui donne pas de nom. Ne t'égare pas sur le chemin de la déraison maternelle... La loi divine est la même pour tous, tu le sais. »

    - « Je la garde, tu m'entends, je la garde ! Kyara donne-moi ma fille sur-le-champ ! »

    A ces mots, Kyara et Neesha protestent énergiquement arguant qu'une telle décision ne peut apporter que le malheur à la première famille des Kel Taghlam et à la tribu tout entière. D’après la tradition, il faut en effet que le deuxième jumeau retourne à la terre très rapidement afin de conjurer le mauvais œil et d'éloigner le Djinn qui attend sa part. La matrone arrête les deux jeunes femmes dans leurs jérémiades protestataires d’un geste sec de la main. Elle poursuit ensuite les soins de fin d’enfantement penchée sur Shafaye tout en parlant.

    - « De quelle couleur sont les yeux de la petite ? »


    Kyara se penche perplexe sur le nourrisson et sa bouche dessine un O de surprise.

    - « De la couleur du soleil... » murmure la jeune femme visiblement perdue.

    - « C’est curieux… Tes enfants sont bénis et maudits à la fois… Le rite du retour à la terre est une coutume inéluctable, Shafaye... » poursuit la matrone.

    - « Non, je m'y refuse ! » hurle la mère des jumeaux.

    - « Laisse-moi poursuivre veux-tu... » la vieille femme lance un regard furibond et agacé à l'accouchée. « Les dieux eux-mêmes semblent vouloir sauver la petite en lui conférant les yeux d'or... C'est pourquoi, je te laisse le choix... Veux-tu vraiment te soustraire au rite du retour à la terre ? Ne pense pas qu'à toi en prenant ta décision, pense à la tribu...»

    La vieille femme détache chaque syllabe et insiste sur le dernier mot de sa voix grave et sévère. La jeune mère reste sur sa position et tend ses bras vers ses deux enfants pour appuyer sa réponse.

    - « Ainsi l'as-tu décidé femme... Puisse les Kel Taghlam ne jamais le regretter. Donnez-lui ses enfants. »


    Kyara et Neesha, l'air grave, déposent les deux nourrissons prés de leur mère. Ces derniers sentant la présence de l'autre cessent immédiatement leurs cris.

    - « Tu vas devoir assumer ton choix face à ton mari puis face à la tribu tout entière non seulement aujourd'hui mais durant toute ta vie. J'espère que ton cœur de mère sera plus grand que ton cœur de femme. Je vais chercher ton époux, il est temps. »

    La matrone s'essuie les mains, couvre entièrement Shafaye puis entrouvre la tente faisant un signe affirmatif de la tête à l'encontre d'Isran. Ce dernier pénètre fébrilement dans la khaïma portant toujours son premier né au cou. Le guerrier sourit à la vue de sa femme puis se fige aussitôt découvrant les nouveaux-nés. Son regard noir, énigmatique se pose à nouveau sur son épouse...


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    Eshane Kel Taghlam

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    Re: [Présentation et BG] Eshane Kel Taghlam

    Message par Eshane Kel Taghlam le Lun 17 Mar - 11:09

    A moins de jouer un personnage proche de l'entourage d'Eshane ou de Jeleen,
    les informations de ce topic ne sont pas exploitables en RP.

    Background - partie 2

    Aussi loin que je me souvienne, nous avons toujours craint les Djinns peuplant le désert et se dissimulant dans les puits, les terriers et les rochers, car ils se nourrissent de la chair des cadavres. Je te conseille d’ailleurs, mon ami, de te voiler la bouche pour les empêcher d'y entrer quand tu traverses leurs territoires. Ici pour se protéger d’eux, nous portons des talismans, petites boîtes en cuir ou en argent contenant les paroles sacrées de nos dieux. Tradition inutile ou protection essentielle, je ne le sais toujours pas. Personne ici ne les a jamais vu, tu sais… Et pourtant, ce qui s’est passé lors de mes douze ans ne cesse de me hanter… Non, je n’ai rien vu, rien entendu… Non, je ne sais rien de plus que ce que nous enseignent nos légendes… Seuls les jumeaux savent… Mais, ils gardent le silence, les lèvres closes et feignent l’oubli de ce jour singulier. Le jour où leur peau a accueilli l’irrecevable… Le jour où la deuxième née a été maudite une seconde fois… Le jour où la brebis à la robe brune s’est égarée dans les dédales d’une excavation interdite…

    Les jumeaux ? Jeleen et Eshane font partie de ma fratrie. Maudits par leur naissance mais sauvés par nos dieux. J’ai dès le début eu de l’affection pour ces deux-là malgré le tabou marquant inexorablement leurs traits similaires et leurs gestes étrangement semblables. Dans mon enfance, j’ai même nourri une certaine curiosité pour eux qui déambulaient toujours par deux, possédaient le même caractère, aimaient les mêmes personnes et avaient strictement les mêmes goûts. Oui, c’est vrai… J’ai envié, quelques fois, leur relation fusionnelle et leur monde clos où très peu d’élus avaient leur place. D’ailleurs, la tribu les nommait souvent, et encore aujourd’hui, « ceux qui vont par deux » accentuant d’autant plus cette unité troublante qu’ils constituent.

    Au départ, méfiants, les miens ont fini par accepter les enfants aux yeux d’or de ma mère Shafaye. Toutefois, le secret devait et doit être encore préservé quoi qu’il en coûte. Aucun étranger ne doit savoir pour la deuxième née de notre famille. Toi ? Toi, c’est différent. Tu es comme un frère mais sache que le mauvais œil peut frapper n’importe quand pour qui est dans la confidence… Il est primordial de cacher Eshane, de l’isoler, de voiler ses traits délateurs, voire de l’envoyer vivre sous une autre tente pour parfaire la supercherie face aux voyageurs et surtout face aux autres rougegardes. Cela fait quatorze ans que la tribu lui apprend la discrétion, la dissimulation, l’art silencieux de ne pas attirer l’attention, le talent d’être là sans l’être, décor parmi les décors, transparente, passe-partout… Quand à nous, nous n’avons pas le droit d’avouer que nous avons une sœur du même âge que notre frère Jeleen. Eshane n’existe pas aux yeux du monde. Pour les autres, elle n’est en somme jamais née et c’est mieux ainsi. Cela protège notre honneur et nous met à l’abri du malheur. Enfant, Eshane a supporté cet état de fait sans se plaindre mais à l’aube de sa vie d’adulte, je sens que cela lui devient difficile… Surtout que ma sœur « qui n’existe pas » devient une femme, une danseuse qu’il va être difficile, crois-moi, de ne pas voir exister.

    Tu as raison, je m’égare… Revenons à ce fameux jour de mes douze saisons. La journée avait commencé de façon tout à fait ordinaire. Je devais mener un troupeau de brebis au puits d’eau le plus proche se situant à deux heures de marche du campement. Eshane et Jeleen m’accompagnaient pour parfaire leur apprentissage et pour m’aider à rapporter les outres d’eau quotidiennes. Il faut bien l’avouer, du haut de ses huit ans, Jeleen était plus doué que moi pour mener les bêtes. Instinctivement, il connaissait leur langage et décryptait leurs comportements. Il faut dire que mon unique frère est un dompteur de vent… Jaloux, moi ? Non, chacun sa place. La mienne est de succéder un jour à mon père Isran à la tête de la tribu. Et comme le dit ce dernier, Jeleen comprend les bêtes et moi les hommes, ainsi le veulent les dieux. Il ne faut pas convoiter ce que tu n’as pas au risque de passer à coté de ce que tu as.

    Pour nous rendre au puits, nous passions à proximité d’une immensité rocheuse au pied de laquelle nous déjeunions chaque jour. L’ombre offrait un peu de fraîcheur et quelques herbes sèches à notre maigre troupeau toujours avide de la moindre verdure à se mettre sous la dent. Mais ce jour là, notre repas n’a pas pris le chemin serein des précédents. Eshane et Jeleen, partis rassembler les quelques bêtes vagabondant trop loin, sont revenus affolés. La brebis à la robe brune d’Eshane s’était égarée dans la grotte de celui dont le nom ne doit jamais être prononcé. Malgré les protestations de Jeleen et les pleurs d’Eshane, j’ai interdit aux jumeaux d’aller chercher l’animal perdu sur le territoire de cet ancien Djinn. Nous avons, de ce fait, déjeuné comme prévu puis nous nous sommes préparés pour la sieste. Seulement à mon réveil, mon frère et ma soeur n’étaient plus là…

    Oui, tu as deviné juste… Obstinés, ils avaient pénétré dans la caverne profitant de mon sommeil. Je suis resté un long moment devant l’entrée de cet antre obscur, hésitant sur ce que je devais faire. Devais-je aller chercher de l’aide au campement ou me lancer seul dans l’inconnu. J’en étais là de mes réflexions lorsque j’ai entendu les cris effrayés des jumeaux. Des cris à vous glacer le sang… Sans plus attendre mon cœur d’enfant s’est jeté à travers les dédales de pierre avec pour tout équipement ma torche, ma corde et mon vieux talisman au poignet. A l’intérieur, le chemin était simple et sans embûches ce qui me rassurait quelque peu. J’ai fini par déboucher sur une cavité éclairée par les rayons du soleil filtrant au travers des nombreux trous de son plafond rocheux. J’ai alors vu mon frère et ma soeur terrorisés au beau milieu d’un lac de sel blanc scintillant çà et là sous les caresses de la lumière solaire. La beauté sereine et pure des lieux tranchait avec l’angoisse inextricable qu’ils exprimaient. Ils ne bougeaient pas, tétanisés et me suppliaient de les aider. Le problème, c’est que je ne savais pas comment les secourir car je ne comprenais pas leur souci. Le lac de sel avait l’air solide mais ils restaient là, plantés malgré mon insistance à les faire revenir prés de moi. Sans plus attendre, je décidais alors de leur lancer l’extrémité de ma corde pour les tirer de ce mauvais pas. Je n’en ai cependant pas eu le temps…

    Ce qui s’est passé ensuite reste pour moi une sorte de mirage, une illusion fugitive… Mes souvenirs m’échappent. Etrange, n’est-ce pas… Je me remémore vaguement l’éboulement du tunnel où je me tenais et également d’avoir trébuché sur le cadavre de la brebis à la robe brune en fuyant. Et cet odeur de souffre écœurante… Une fois à l’extérieur, j’ai été pris de panique lorsque les hurlements lointains d’Eshane et de Jeleen, piégés dans la cavité, ont frappé mes tympans. Abandonnant mon troupeau, j’ai alors couru sans réfléchir jusqu’au campement. C’est atrocement déshydraté, accablé par le soleil et harassé par l’effort que j’y suis parvenu un long moment après. Désorienté et hagard, j’ai juste trouvé la force d’indiquer aux miens où se trouvaient mon frère et ma sœur avant de perdre connaissance.

    Non… Aujourd’hui encore, je ne sais pas ce qu’il s’est réellement passé ce jour-là. Eshane et Jeleen sont toujours restés muets. La nuit suivant le drame, je me suis éveillé à leur coté dans le lit familial. Ils étaient fiévreux et déliraient, répétant sans cesse les mots « vengeance » et « solitude ». J’ai appris par la suite que mon père et ses guerriers les avaient retrouvés inconscients à l’entrée de la caverne… Oui, tu as bien entendu. Comme toi, je ne comprends pas comment cela est possible car l’éboulement avait effectivement condamné l’unique passage jusqu’à la cavité. Ce qui est certain, c’est que depuis ce jour Eshane est bel et bien maudite et Jeleen lui, bien que visiblement épargné, n’a plus jamais été le même…

    Non, mon ami, je ne peux t’en dire davantage. Il y a des choses qu’il vaut mieux taire sans faillir. Tu en sais déjà beaucoup plus que la majorité des membres de notre tribu. N’insiste pas, il n’est pas bon de tenter le mauvais œil ainsi… Prend plutôt ce talisman, garde-le précieusement, savoure ce thé et parle moi un peu de toi.


    Dernière édition par Eshane Kel Taghlam le Lun 17 Mar - 11:12, édité 1 fois


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    Re: [Présentation et BG] Eshane Kel Taghlam

    Message par Eshane Kel Taghlam le Lun 17 Mar - 11:10

    A moins de jouer un personnage proche de l'entourage d'Eshane ou de Jeleen,
    les informations de ce topic ne sont pas exploitables en RP.

    Background - partie 3

    La khaïma était paisible, silencieuse en ce début d’après-midi. Les braseros dormaient, le thé était froid et seuls quelques vêtements éparpillés sur le sol dénotaient au milieu du logis ordonné. Sur le lit reposaient un homme et une femme se laissant aller à une douce somnolence après avoir succombé aux délices de la chair.

    Tahina pressa son corps nu de femme-enfant contre celui de son amant visiblement endormi. Elle dégagea, d’un geste délicat, les quelques tresses brunes vagabondant sur son visage afin que ses yeux bruns, amoureux, puissent dévorer sans retenue l’objet de ses douces attentions. Elle finit par porter ses lèvres contre l’oreille de l’homme et lui murmura des mots doux.

    - « Arrête ça… »

    Le rougegarde avait lâché cette sentence d’un ton sec et agacé arrêtant la jeune fille au beau milieu de ses tendres chuchotis. Il la repoussa sans ménagement et se leva du lit aussitôt.

    - « Mais Jeleen… »

    - « Il n’y a pas de mais… Tu savais à quoi t’attendre. » Gronda le jeune homme en attrapant ses vêtements.

    - « Je t’aime Jeleen ! Nous nous accordons si bien… Pourquoi ! Mais pourquoi ne veux-tu pas de mon amour ! »

    Tahina, profondément blessée, meurtrie dans sa chair de femme amoureuse, avait hurlé ses paroles en désespoir de cause, au bord des larmes. Oui, elle savait que son aimé ne la fréquentait que pour ces moments d’intimité. Elle savait également qu’elle n’était pas la seule à les partager avec l’homme. Mais, elle avait espéré qu’avec le temps, il la choisirait, elle, Tahina. Elle regarda sans un mot son amant se vêtir espérant qu’il allait prononcer les paroles attendues par son coeur.

    - « Je ne t’aime pas, Tahina. » Lança finalement Jeleen d’un ton neutre sans même la regarder tandis qu’il enfilait ses scandales.

    La jeune femme bondit du lit et attrapa brutalement la chaussure qu’il s’apprêtait à enfiler.

    - « Regarde-moi quand tu me parles ! Tu crois que je ne suis pas au courant ! Je sais que tu vois d’autres femmes de la tribu ! »

    Jeleen dévisagea la jeune fille d’un air mauvais mais ne fit pas un seul geste.

    - « Et alors… Je ne m’en cache pas. »

    - « Tu arrives à l’aube de tes dix-huit années, tu ne vas plus pouvoir vivre sous la khaïma de ta mère bien longtemps. Il te faut une épouse ! Il faut que tu choisisses ! Et, je te veux Jeleen, accepte-moi ! »

    Le jeune homme se leva et reprit la sandale d’un geste sec des mains de la rougegarde qui, suite à sa supplication, le fixait intensément.

    - « Je ne veux pas de toi, Tahina. Ni de toi, ni des autres… Tu le sais. »

    - « Mais ! Mais, tu ne peux pas rester sans femme Jeleen. C’est contraire à nos lois ! »

    Il se chaussa sans un mot et se dirigea vers la sortie de la tente.

    - « Alors, c’est vrai… Je ne voulais pas y croire… Mais… Je dois me rendre à l’évidence…» Murmura la jeune fille brune.

    Tahina se redressa avec arrogance et posa son regard colérique sur le dos de l’homme. Sa bouche dessina un rictus malsain alors qu’elle crachait son venin.

    - « Alors, c’est ça ! Ça ne peut-être que ça ! Ton cœur est envoûté ! Aveuglé par cette fille maudite ! Ta propre sœur ! Ta jumelle, la deuxième née ! »

    Jeleen s’arrêta net sur le pas d’entrée de la khaïma. Sa mâchoire se contracta et il posa un regard glacial sur la jeune femme dévêtue.

    - « Tais-toi Tahina… » Souffla t-il entre ses dents.

    - « Et alors quoi ! C’est ta sœur ! Tu ne peux l’aimer autrement que d’un amour fraternel ! Te voilà piégé à ton propre jeu… De plus, ta précieuse Eshane, elle, ne t’aime pas comme une femme mais bien comme une sœur ! Elle finira par se trouver un mari malgré sa… son statut et le suivra peut-être même dans une autre tribu. Tu finiras seul Jeleen, tout seul ! Pense-y !»

    Tahina tendit une main amicale vers Jeleen tandis que son regard, se faisant plus doux, cherchait à capter celui de son amant.

    - «  Mais… Sois mien et je te promets que tu seras le plus heureux des hommes… Je te ferai oublié cet amour interdit qui ronge ton être… Viens avec moi… Je suis pure. Eshane t’a perverti, elle est maudite. C’est normal… Ce n’est pas de ta faute Jeleen, c’est le mauvais œil… Laisse cette sale brebis galeuse à son sort et… »

    Tahina n’eut pas le temps de conclure. Jeleen attrapa fermement le menton de la jeune fille de sa main gauche et enserra le bas de son visage avec force. Il planta ses yeux d’or dans les siens, menaçant, et s’exprima d’une voix sombre.

    - « Ne t’avise plus jamais de parler de ma jumelle ainsi, Tahina… Plus jamais… Je ne veux plus te voir… Tu m’as bien compris… C’est fini… »

    - « Lâche-moi, tu me fais mal ! » Protesta la rougegarde apeurée.

    Jeleen la libéra sauvagement et ouvrit le pan de la khaïma pour sortir. La jeune fille glissa à genoux. Des larmes coulèrent sur son visage de femme-enfant.

    - « Sois maudit Jeleen ! Sois maudit ! » Hurla t’elle de douleur, le cœur brisé.

    - « Ca… C’est déjà fait… » Murmura Jeleen pour lui-même, une froide colère animant ses traits, alors qu’il refermait le pan de la tente abandonnant Tahina à son chagrin.

    -----------------------------------------------

    Quelques mois plus tard…


    - « Lâche-moi Jeleen ! » protesta la jeune rougegarde.

    Jeleen l’entraîna derrière le dernier enclos à brebis puis accéda à sa demande en libérant son bras de sa poigne de fer. Ils étaient assez loin pour parler sans être déranger. La nuit était sombre et enveloppante ce soir là, permettant une certaine intimité à ceux s’éloignant un tant soit peu du campement.

    - « Mais qu’est-ce qu’il te prend enfin ! Pourquoi m’as-tu humilié de la sorte ! » Gronda la jeune captive en se massant le bras.

    Jeleen la détailla des pieds à la tête. Elle était belle ce soir... Bien trop belle. Sa tenue de danseuse, confectionnée par les mains expertes de Shafaye, soulignait à ravir sa physionomie féminine. Son bustier dos nu, noir, agrémenté de grappes de perles de verre et de chaîne maille argentée se mariait à la perfection avec sa jupe noire tribale, fendue sur les côtés et rehaussée d’une ceinture en métal à sequin et clochettes… Elle était envoûtante, comme ses yeux d’or jouant à répondre aux éclats que la lumière des feux imprimait sur les parures d’argent habillant ses gants noirs.

    - « Tu vas me répondre à la fin au lieu de me regarder comme une chèvre ! » Renchérit la jeune fille.

    - « Excuse-moi Eshane. » Finit par lâcher Jeleen. « Ce n’est pas toi… Ce sont les autres… Ils te tournent autour et… »

    - « Tu ne vas pas recommencer Jeleen. Nous en avons déjà discuté plus que les lunes ne verront jamais de cycle. Oui, c’est dangereux… Mais, je ne vais pas rester cloîtrer toute ma vie ! Je prends toutes les précautions nécessaires, tu le sais. C’est notre fête ce soir, notre anniversaire ! Profite donc des réjouissances et laisse-moi gérer la situation de mon coté. Je ne suis plus une enfant… »

    - « C’est bien là le problème Eshane. Ne vois-tu pas le regard des hommes sur toi lorsque tu danses ? »

    - « Ils m’admirent tout comme ils admirent les autres femmes. Il n’y a pas de mal à cela ! La danse est un art que l’on contemple. »

    - « Et si l’un d’eux venait à te « contempler » d’un peu trop prés, hein y as-tu pensé ! » Lança Jeleen dans un accès de colère sarcastique.

    - « Bien sur, que crois-tu ! Tu sais très bien qu’avec une vigilance adéquate, je peux avoir une vie tout à fait normale. Maman m’a même dit que je pourrais avoir un mari et des enfants ! »

    - « Et… » Jeleen marqua un temps d’hésitation puis continua sur un ton suspicieux. « C’est pour cela que tu te dandines prioritairement devant Takhelut… »

    Eshane dévisagea son frère avec surprise puis une lueur de compréhension passa dans son regard doré.

    - « Alors c’est Takhelut qui te dérange… Cela n’a rien à voir avec la malédiction ! Tu es jaloux ! Je n’en peux plus Jeleen, tu m’étouffes…»

    Eshane secoua la tête tristement et croisa les bras en soupirant.

    - « Je ne supporte pas l’idée qu’il puisse… » Enchaîna son jumeau en serrant les poings.

    - « Que tu supportes ou non l’idée Jeleen » le coupa la jeune rougegarde. « Il faudra que tu t’y fasses. Cela fait partie de la vie. Nous devons faire nos existences chacun de notre coté. Tu auras toujours une place à part dans mon cœur. Tu sais que je t’aime plus que les autres mais je dois également vivre ma vie de femme. Je ne veux plus seulement me cantonner à mon rôle de sœur ou de fille. Tu as fait ta vie d’homme toi. T’en ai-je voulu de passer du temps avec d’autres jeunes filles, non ! »

    Eshane s’approcha de Jeleen et prit ses mains dans les siennes avec une douceur infinie. Elle poursuivit son discours sur un ton plus chaleureux et avenant.

    - « Au contraire, je suis même contente pour toi, tu sais. Tu vis tes propres expériences. Alors, sois-le également pour moi quand le jour arrivera… Viens, retournons à la fête. Les nôtres doivent se demander où l’on est. »

    Eshane ponctua ses mots d’un sourire complice mais Jeleen furieux retira sèchement ses mains. Il tourna ensuite les talons et partit en direction du désert silencieux.

    - « Jeleen ! » Cria Eshane tentant de le retenir.

    - « Laisse-moi ! » Gronda l’homme avant de disparaître happé par la nuit.

    Eshane reprit le chemin de la fête mais son cœur emplit de remords n’avait plus goût à s’amuser.


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    Re: [Présentation et BG] Eshane Kel Taghlam

    Message par Eshane Kel Taghlam le Sam 22 Mar - 19:37

    A moins de jouer un personnage proche de l'entourage d'Eshane ou de Jeleen,
    les informations de ce topic ne sont pas exploitables en RP.

    Background - partie 4

    C’est décidé, je m’en vais…

    Eshane ne cessait de répéter ces quelques mots pour se donner du courage. L’aube serait bientôt là, il était temps pour elle de tout quitter. La nuit serait sa seule compagne, elle avait tout prévu. Jetant un regard circulaire à la tente pour un dernier état des lieux, elle enfila son sac et réajusta son chèche prenant soin de camoufler le bandage de sa nuque. Ce dernier gênait sa mobilité mais elle n’allait, heureusement, pas le conserver bien longtemps. Sa blessure était superficielle. Grâce à l’intervention de Jeleen, la lame du sabre n’avait entaillé que sa peau. Sa mâchoire se contracta soudain à la vue des restes de ses chaînes d’acier gisant au sol.

    Je ne reviendrai pas…

    Sa tribu avait voulu la tuer… Lui trancher la tête. Constat amer que sa future cicatrice lui rappellerait jusqu’à son dernier souffle. Blessure légère pour le corps mais au combien douloureuse pour l’âme. Quelques jours auparavant, les Kel Taghlam avaient pris peur en découvrant ce qu’il était advenu de Nachael et, ivre d’une terreur superstitieuse incontrôlable, avaient traîné la jeune femme sur la place centrale du campement pour la décapiter. Ils devaient se débarrasser du mauvais œil à tout prix et peu importe la manière. Il fallait rendre la deuxième née à la terre une fois pour toutes et exécuter le rituel qui aurait du être accompli 22 ans plutôt. Bien sûr, certains avaient pleuré sa future disparition, oui, mais aucun, non aucun si ce n’était sa famille, n’avait fait le moindre geste pour la soustraire de la mort. Dans un élan de désespoir irréfléchi, Jeleen était toutefois parvenu à arrêter de ses mains gantées de fer, la lame visant à trancher la nuque de sa jumelle. Telle une onde de choc, le sang empourprant ses mains fortement entaillées, malgré leur épaisse protection d’acier, avait instantanément calmé la foule. Isran avait alors pu, grâce à un discours imposant et sage, apaiser les siens aveuglés par les anciennes croyances. Il avait été décidé qu’Eshane resterait en vie mais que, pour la sauvegarde de la tribu, elle serait mise au fer et terminerait sa vie recluse au fond d’une khaïma.

    A cause de mon autre…

    Oui, elle avait involontairement tué l’un des siens, un être que son cœur avait pourtant choisi… Nachael. Elle l’avait beaucoup pleuré, s’était même haïe et avait maudit son double. Ce jumeau qu’elle ne voulait plus jamais revoir. La jalousie maladive de Jeleen et son amour malsain, oppressant avaient mené son tendre prétendant à la mort. Le seul homme qui avait osé voir au-delà de son statut de deuxième née. Si seulement Jeleen n’était pas entré dans la khaïma ce soir là… Il était le seul coupable. Dire qu’il avait poussé l’infamie en allant jusqu’à poser ses lèvres sur les siennes.

    J'ai lutté, en vain…

    Une existence normale au sein de la tribu lui était désormais impossible. « N’en parle pas… » « Cache-toi… » « Garde le secret…» « Fait attention… » Tout une vie d’efforts et de privations pour être ordinaire, banale anéantie en une soirée. En une fraction de seconde... Désormais, ses lendemains ici n’avaient plus de sens. Prisonnière, isolée, pestiférée, oubliée, crainte, son futur était inexistant. Etre comme tout le monde… Une lutte bien vaine au final. Une douce utopie. A cette pensée, la jeune femme s’émut d’un frisson glacé. Coupable… Oui, elle l’était. Et, le drame pouvait se reproduire… Pire, la prochaine victime pourrait être un membre de sa famille. Elles devaient les fuir pour leur bien-être… mais également pour le sien. L’exile était, pour elle, le prix de la liberté. La solitude celui de la délivrance. Non, sa vie ne se résumerait pas à la captivité. Le destin ne la dompterait pas. Il n’avait pas encore gagné. Pas encore.

    Désormais plus rien ne m'arrête…

    C’est déterminé qu’elle trancha un pan de la tente afin de sortir subrepticement de celle-ci. Elle jeta un oeil à gauche puis à droite. Personne. Le campement était curieusement désert. Elle s’étonna même de l’absence des gardes surveillant l’entrée de sa khaïma mais poursuivit son chemin. Le temps était compté. Afin de ne pas éveiller les bêtes, elle prit soin de passer loin du bétail. Prendre un cheval aurait été un plus appréciable mais cette entreprise était bien trop bruyante mieux valait-il partir à pied. Le cœur battant, elle s’engouffra silencieusement sur un petit sentier et disparut rapidement dans les ombres de la nuit.

    Le passé est passé…

    Elle avait réussi. Désormais, elle était assez loin du campement pour ralentir son allure. Son évasion avait été d’une simplicité… enfantine. Maintenant, une nouvelle vie s’offrait à elle. Dans ce monde en guerre où tout le monde se méfit de tout le monde, il ne serait pas bien difficile de passer inaperçu, de s’isoler. A l’avenir, elle serait simplement Eshane, fille d’Isran. Non, elle ne pleurerait pas. Elle était peut-être seule, livré à elle-même mais elle était libre et délivrée.

    Au campement, les Kel Taghlam s’étaient amoncelés à l’endroit où avait disparu la jeune femme quelques minutes plutôt. Ils l’avaient laissé partir librement respectant son choix de les quitter pour épargner la tribu. Son départ était sans retour et cela leur convenait tout aussi bien que sa séquestration. Sa famille, les larmes aux yeux, exécuta plusieurs fois le salut du peuple rougegarde et recommandèrent son destin aux dieux. Puis, tout le monde se dirigea vers le feu et des chants louant le choix respectable et éclairé de la deuxième née résonnèrent jusqu’au petit matin. Seul, un homme ne participa pas à l’adieu collectif. Jeleen, terré dans une tente, brisé, détruit, pleura comme jamais il ne l’avait fait auparavant et comme jamais, non plus jamais, il ne le ferait…

    "Fin du Background."


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