The Elder Scrolls Online - Roleplay

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    [Background] Darwenyl Olyne

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    Zephiel

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    [Background] Darwenyl Olyne

    Message par Zephiel le Jeu 7 Mar - 20:37

    Background de Darwenyl Olyne

    Alors que Darwenyl regardait le coucher de soleil du haut des remparts du petit fort où il résidait, une odeur de nourriture émanant des cuisines vint l'avertir que le dîner était prêt. Effectuant un petit saut pour descendre de la muraille où il était assis, il se dirigea vers la salle à manger où ses parents l'attendaient pour dîner.

    Aegwyn, sa mère, avait engagé un barde pour le dîner de ce soir. Malheureusement pour elle, Tarnaël s'était empressé de le congédier avant que celle-ci ne s'en rende compte. Tarnaël, le géniteur de Darwenyl, était un bréton au visage buriné par les années qui laissait entrevoir une vie de souffrance et d'amertume. Il détestait les bardes et leurs chansons idiotes, écrites uniquement dans le but d'émouvoir les gens et de gagner quelques pièces. Tarnaël détestait l'art en général. Il exerçait le métier de politicien et disait souvent que l'art était une perte de temps, un passe-temps idiot, inutile, qui était bon pour les faibles. Pour tout dire, il détestait beaucoup de choses. C'était un homme pessimiste, même s'il préférait le terme réaliste, qui se méfiait de tout et terriblement exigeant. Ses responsabilités de régent l'avaient incroyablement endurci, il avait appris à ses dépends que le monde politique était le plus cruel de tous. Sa mère quant à elle, était également une brétonne, aux long cheveux couleur charbon, sa fine bouche était surmontée d'un regard bleu-acier, elle paraissait frêle et timide mais ceux qui la connaissaient savaient qu'elle était une redoutable combattante. Elle débuta dans sa jeunesse une formation de magicienne, mais avait été contrainte de s'arrêter à cause d'une guerre civile qui avait éclaté, réquisitionnant tous les professeurs de l'académie où elle étudiait afin de maintenir l'ordre. Elle avait ensuite été engagée comme espionne par le gouvernement du village. C'était une femme au calme légendaire, pour qui la discrétion n'avait pas de secrets. Elle maniait la dague mieux que personne mais n'en avait pas touché une depuis bien longtemps, ayant préféré consacrer tout son temps à son fils. Elle lui avait enseigné les bases du combat au corps à corps, il n'était pour ainsi dire pas mauvais mais préférait de loin la magie.

    La paix était reine depuis la dernière guerre civile, il y a maintenant trente ans. Darwenyl étudia à l'Académie depuis son plus jeune âge et était doué d'un don naturel pour la magie. Sa formation étant achevée, il mena une vie on ne peut plus routinière. Il accompagnait régulièrement son père lors de dîners importants et pour tout dire, au début, il fallut que celui-ci le force une paire de fois. Mais au fur et à mesure, ces réunions devinrent de moins en moins pénibles et bien que ce ne fut jamais une franche partie de plaisir, Darwenyl apprit énormément de ces dîners d'affaire, comme l'art de la négociation ou encore la stratégie militaire. Parfois il fallait plusieurs jours de voyage pour se rendre dans une ambassade étrangère et les trajets étaient souvent inconfortables et risqués. Une forte présence militaire était toujours nécessaire et demandait de longs préparatifs. Malgré les hauts risques d'embuscade, Darwenyl et son père ne furent jamais attaqués. Sans doute que l'importante escorte était très dissuasive. Cette routine dura environ trois ans, avant qu'une guerre civile n'éclate à nouveau.

    Cette guerre fut terrible. Elle fut déclenchée par le décret mis en place par Tarnaël, qui instaura un impôt supplémentaire, visant à financer l'entretien des temples. La population croulait déjà sous les taxes suite à l'abandon du commerce maritime il y a quelques temps, jugé trop dangereux au vu des pirates qui rôdaient. Au départ, elle divisa uniquement le peuple en deux camps, il s'agissait plus d'une guerre idéologique. Mais très vite les choses dégénérèrent. Darwenyl et son père étaient dans le donjon du fort lorsqu'ils virent arriver sur la place principale des dizaines d'hommes armés d'épées, de dagues et d'outils agricoles. Une ligne invisible séparait les deux camps. Un bref dialogue tenta de s'immiscer mais très vite, les épées se levèrent et ce fut un bain de sang... Les bandits des alentours eurent vent de la confusion générale du village et profitèrent du chaos pour tout voler et massacrer la population. Les temples furent incendiés, les tavernes, commerces et habitations pillés, beaucoup d'hommes furent tués... Darwenyl et son père regardèrent avec effroi du haut de la tour de guet ce terrible massacre qui leur sembla durer une éternité. Ils virent des connaissances, voire des amis s'entretuer sous leurs yeux. Ce spectacle terrorisant les laissa bouche bée et dubitatifs. Soudain, Tarnaël prit son fils par le bras et l'emmena dans la salle à manger. De là, il posa la main sur le mur situé à côté de la cheminée et proféra des incantations. Le capitaine de la garde, Sorian, un imposant rougegarde d'une trentaine d'années armée d'une épée orque enchantée, symbole des officiers, arriva pour faire son rapport, mais voyant Tarnaël se concentrer sur le mur, il se tut. Un sceau se dessina et la façade glissa vers la droite, laissant apparaître une salle secrète. A l’intérieur, une armurerie remplie d'armes et d'armures exotiques, toutes plus puissantes les unes que les autres. Darwenyl vit des pièces d'armure Dwemer, des dagues elfiques et quelques épées orques avant que son père ne capte son attention et lui dise avec un visage grave :

    - Darwenyl, écoute-moi bien, je vais t'ouvrir un passage secret qui te mènera à l’extérieur du village. Quand tu sortiras du tunnel, tu devras te rendre à l'ambassade où nous nous sommes rendus le mois dernier, préviens Asting Gramoi de la situation. Sorian t'accompagnera.

    Darwenyl n'eut pas besoin de poser de questions et sut directement en regardant l'oeil attristé de son paternel, que père et fils ne quitteraient pas le château ensemble. Darwenyl vit pour la première fois une larme couler le long de la joue de Tarnaël.

    - Je vais tenter de rétablir l'ordre et de retrouver ta mère avec le peu de soldats qu'il me reste car tel est mon devoir en tant que régent. Ceci est la dernière chose de mon enseignement
    , dit-il en enfilant un plastron dwemer.

    Darwenyl eut à peine le temps d'éprouver une once d'admiration pour son père que Tarnaël effectua un geste de la main et l'instant d'après, Sorian s'empara du jeune Bréton avant de s'enfoncer dans l'obscurité angoissante du tunnel souterrain...
    La visibilité était médiocre et dû au fait que les torches étaient fortement espacées, mais les deux hommes progressaient relativement rapidement. Soudain, une lumière blanchâtre apparut et au fur et à mesure de leur progression. Ils furent de plus en plus éblouis jusqu'à ce que leurs pupilles s'habituent à la lumière du jour. Ils furent enfin sortis du tunnel. Le ciel était bleu et parsemé de petits nuages blancs, on entendait les feuilles vibrer sous une douce brise. Seule une odeur de brûlé vint gâcher ce moment ; ils n'étaient qu'à quelques centaines de mètres du village saccagé. Darwenyl était d'un calme étonnant, même après ce qu'il s'était passé, il ne montra pas de larmes ni aucun signe de tristesse. Il était pourtant terriblement attristé et souffrait énormément. Cela l'effrayait intérieurement. Comment pouvait-il être aussi calme alors que ses parents risquaient leur vie ? L'enseignement de son père qui consistait à ne montrer aucune faiblesse avait-il à ce point déteint sur lui ? L'avait-il rendu si insensible ? Pourquoi la panique ne le prit-elle pas comme elle prendrait tous les autres dans sa situation ? Le jeune magicien n'avait jamais été très expressif ni réellement énervé. Bien sûr, il lui arrivait d'être agacé et de le montrer, mais jamais aucune véritable colère n'était sortie de ses entrailles. Après s'être tournés vers l'épaisse fumée noire qui semblait dévorer la petite ville et s'envoler, le guerrier et le mage se mirent en route car un long trajet les attendait. Ce dernier dura un peu plus d'une semaine. Les deux premiers jours, le duo voyagea à pied avant de tomber sur une auberge où ils purent acheter deux chevaux. Ils rencontrèrent quelques bandits de grand chemin, mais la simple vue de l'épée enchantée de Sorian les fit fuir. Mis à part ces petits désagréments, le trajet fut plutôt calme. Le rougegarde, qui connaissait bien la région, savait exactement où trouver les points d'eau ce qui permit un important gain de temps. Le soulagement fut de mise lorsqu'enfin, ils aperçurent les plus hautes pierres de leur destination.

    La ville d'Asting Gramoi était située en Cyrodiil, non loin de Bordeciel et possédait bien plus de soldats que le village de Tarnaël, axé sur le commerce. Lorsqu'ils arrivèrent dans l'enceinte de la petite cité, Asting les accueillit immédiatement et les invita à se restaurer et à lui faire un bilan de la situation. C'était un rougegarde à la peau plus claire que ses semblables, de petite taille qui affichait un sourire sympathique. Il était tellement chaleureux avec ses amis... et si froid avec ses ennemis que tous les habitants arboraient un sourire figé lorsqu'ils le croisaient. Une fois l'ambassadeur mis au courant du désastre, celui-ci ordonna l'envoi immédiat d'un détachement de soldats dans le village de Darwenyl afin de rétablir l'ordre au plus vite. Il proposa aux deux voyageurs de rester quelques jours dans son fort en attendant des nouvelles du village, ces derniers acquiescèrent.

    Alors que Darwenyl et Sorian dînaient dans la salle à manger, à côté d'un feu de cheminée qui dégageait une douce chaleur, Asting débarqua dans la pièce et s'assit à une chaise. Il prit une inspiration et dit avec un air grave :

    - J'ai de mauvaises nouvelles, nous avons reçu un message du détachement que nous avons envoyé, le village est totalement saccagé et la reconstruction mettra énormément de temps. Mais ce n'est pas de cela que je voulais te parler... je... mes soldats ont retrouvé le cadavre de ta mère... un coup de dague dans le dos... je suis désolé... nous rapatrierons son corps et elle sera enterrée dignement. Sur sa terre natale, en Cyrodiil. Ce seront des funéraires à la hauteur de la femme qu'elle fut, je t'en fais le serment.

    A ce moment-là, plus rien n'existait pour Darwenyl, tout semblait fictif. C'était comme s'il était présent dans la pièce actuelle, dans l'armurerie où il avait quitté son père, sur la route pour arriver ici... Il était nul part et partout à la fois. Il vit tous les moments passés avec sa mère défiler à une vitesse incroyable au plus profond de son âme. Le mage sentait sa puissance augmenter au même rythme que sa souffrance. A ce moment-là il se demanda : *est-ce cela la haine ? Une puissance inimaginable enfouie en nous ? Mais à quel prix peut-on l'atteindre ?*. Sa seule envie était de venger sa mère, peu importe le prix à payer... Mais Asting interrompit les sombres pensées du bréton :

    - Concernant ton père... Nous ne l'avons pas retrouvé. Il reste une chance pour qu'il ait survécu mais ne sois pas trop optimiste. Je suis désolé, vraiment. Je vais immédiatement lancer des recherches pour tenter de retrouver Tarnaël. Il est autant ton père que mon ami... Bien, je vais te laisser, j'ai fort à faire... S'il y a quoi que ce soit de nouveau, tu seras prévenu.

    Le rougegarde à la peau claire se dirigea vers la porte quand Darwenyl et le duo se regarda et chacun vit dans les yeux de l'autre un vide absolu.

    Cette nuit-là, ni le guerrier ni le mage ne réussirent à trouver le sommeil. Chaque parcelle de l'âme du bréton était en souffrance. La perte d'un être cher était sans doute la chose la plus douloureuse au monde. Il découvrait son côté noir, ce côté qu'il avait appris à refouler à l'académie. Il se souvint des paroles de son professeur qui lui enseignait à ne jamais céder face à la colère, car celle-ci mène à la haine qui elle-même, conduit à la souffrance. Cependant, les pensées de Darwenyl était de plus en plus sombres, un sentiment de vengeance grandissait chaque seconde. Il voulait tous leur faire payer. Cette vengeance le rassurait. Il avait désormais un but, un chemin sur lequel marcher, une voie à suivre. Il avait tout perdu, sa mère, son père, son village, ses amis...

    Darwenyl était assis sur le rebord de sa fenêtre lorsque les premiers rayons du soleil apparurent. On entendit le coq chanter, signe qu'il était l'heure de descendre prendre le premier repas de la journée. Sorian attendait Darwenyl devant la porte de sa chambre. Ils descendirent un escalier en colimaçon avant de s'engager dans un large couloir. Ils entendirent au loin des cliquetis d'armure se rapprocher rapidement. Puis apparurent devant eux Asting ainsi qu'une poignée de soldats.

    - Vous devez partir, dit Asting en reprenant son souffle.

    Le silence du jeune mage laissa entrevoir son étonnement.

    Le peuple est en colère contre les Olyne, Darwenyl. Et ils savent qu'il y en a un ici. Je ne puis assurer ta sécurité. Ta seule solution est de fuir, va à Bordeciel, j'y possède quelques terres. Prends ce parchemin, il te donne l'accès à ma propriété. Attends-moi là-bas, je te rejoindrai quand je le pourrai.

    Le chef des lieux les accompagna jusqu'à la porte Nord du village où deux chevaux étaient attelés. Durant ce court trajet, Darwenyl vit dans les yeux des habitants un mépris profond. Des insultes et des sifflets jaillirent. Grâce à l'importante escorte présente, aucun villageois n'osa s'approcher d'eux. Le mage maudissait intérieurement tous ces hommes incapables de comprendre qu'il était tout comme eux, une victime de ce conflit. Le jeune mage baissa la tête et continua d'avancer.

    Arrivés au niveau des écuries, Sorian et Darwenyl montèrent chacun sur leur cheval. Asting lança à Darwenyl une bourse remplie de Septim. Il aurait de quoi tenir un bon moment. Alors qu'ils mirent leurs montures au pas, le bréton s'arrêta devant le dirigeant de la ville et lui dit :

    - Je suis désolé de te causer du souci, Asting. Tu fus un hôte admirable. Je te remercie de tout ce que tu as fait pour nous. Rejoins-nous vite. Adieu.

    Darwenyl et son acolyte s'éloignèrent lentement tandis que le rougegarde à la peau claire suivit du regard aussi longtemps qu'il put le duo, qui devenait de moins en moins visible.


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      La date/heure actuelle est Mar 17 Oct - 7:56