The Elder Scrolls Online - Roleplay

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    Chasse mystique

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    Laegwing

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    Chasse mystique

    Message par Laegwing le Mer 9 Juil - 16:24

    Récit antérieur au RP.

    Moregan tendit la main et ôta du fourré de ronces une mince touffe de poils pâles. Le duvet s’étiola dans le vent. Sa proie était passée par ici. Elle ressentit une certaine excitation : c’était la première fois qu’elle traquait une biche avec une robe aussi blanche.

    Elle reprit son avancée, suivant la piste de l’animal. Son pas prudent enjambait les broussailles avec dextérité, et ne laissait aucune épine l’érafler. Elle parvint à un terrain plus dégagé et entièrement dépourvu de végétation. La pluie de la veille l’avait détrempé et rendu boueux. Dans la fange se dessinaient les empreintes nettes de sabots délicats. Avec un sourire, Moregan les suivit.

    Sa proie empruntait un chemin des plus inhabituels. Jamais la Bosmer n’avait vu une biche aussi intelligente. Elle semblait prendre volontairement les voies les plus accidentées, les plus jalonnées d’obstacles. Cette partie de Malabal Tor était méconnue de Moregan, et toute son agilité et sa vigilance ne suffisaient pas à la faire avancer sans peine. Les racines moussues se dressaient sur son chemin, traîtresses, ou dissimulaient des rochers acérés qui accueillaient volontiers le pied à l’atterrissage. Des rideaux de liane barraient la vue et s’accrochaient aux cheveux. Des toiles d’araignée proprement gigantesques piégeaient les passages les plus dégagés. Par endroits, le tapis d’humus était si épais qu’il s’enfonçait.

    À force de contorsions, de bonds gracieux et d’une prudence à toute épreuve, la chasseresse parvint, hors d’haleine, au pied d’une petite falaise rocheuse. Les blocs de pierre tapissée de mousse s’élevaient presque en escalier jusqu’au sommet. Sur le premier se distinguait faiblement l’endroit où les sabots de la biche avaient bondi. Moregan entreprit de grimper les rocs les uns après les autres, devant parfois escalader un peu pour se hisser sur le suivant. Elle déboucha près d’un bosquet si touffu qu’elle ne parvint pas à voir ce qu’il dissimulait.

    S’arrêtant pour reprendre son souffle, elle en profita pour humer l’air. Elle sentait, au-delà de l’écorce humide et de l’humus étouffant, l’odeur fraîche d’un étang. Elle se dit que la biche avait dû s’y arrêter pour boire. Étendant sa conscience à travers les veines de Val Boisé, elle finit, à force de concentration, par percevoir la présence de sa proie. Elle s’élança alors et se faufila entre les branches entrelacées. Les arbres ici partageaient une intimité certaine, se mêlant et s’entremêlant si étroitement qu’il était parfois plus que malaisé d’avancer. Dans une telle densité végétale, elle ne pouvait trouver le chemin qu’avait emprunté la biche pour traverser le bosquet, mais elle ne doutait pas qu’il était plus intelligent que le sien.

    Écartant un rideau de feuilles, Moregan s’extirpa enfin de l’enfer végétal. Ce qu’elle vit lui coupa néanmoins le souffle.

    Devant elle s’étendait une grande clairière. Tapissée d’herbes hautes et de fleurs luminescentes sous la vague obscurité du crépuscule, elle luisait de lymphe. L’étang était bien là, assez grand, cerné de roseaux. Des lys d’eau paressaient tranquillement à sa surface. Au bord de ses eaux vertes s’étreignaient deux arbres, dont les troncs s’enroulaient mutuellement autour de leur partenaire, et dont les branches se joignaient et s’unissaient en une superbe frondaison. Des lianes pendaient des rameaux et flottaient doucement dans le vent, cernées de lucioles bleues. Moregan s’en représenta des amants et se plut à imaginer leur histoire.

    Toute à son émerveillement, elle mit un temps à remarquer que sa proie était juste là, allongée entre l’étang et le couple de bois. C’était une biche de belle taille à la robe laiteuse et aux sabots gris. Elle fixait la Bosmer de ses grands yeux noirs, et, paisiblement, agita vers elle ses longues oreilles. Moregan se figea. Elle porta une main hésitante à son arc, puis la rabaissa finalement. La biche battit de nouveau des oreilles, se releva sur ses pattes gracieuses et s’éloigna sereinement à travers les arbres.

    La chasseresse ne la poursuivit pas. En lieu et place, elle se débarrassa de son équipement et se dévêtit entièrement avant de s’immerger dans l’eau verte d’une agréable fraîcheur. Elle nagea longuement, débarrassant sa peau de la pellicule de sueur née de la chasse difficile. Après de longues minutes, elle finit par sortir et s’allonger aux pieds des amants du bosquet.

    Rêveusement, elle se prit à imaginer partager ce moment avec un compagnon. Le lieu s’y prêtait. L’exiguïté végétale du bosquet, les lueurs féériques de la clairière et les embrassades séculaires des amoureux en robe d’écorce la rendaient fiévreuse. Il lui déplut de n’avoir personne avec qui revenir ici. Se souviendrait-elle seulement du chemin, si tant est qu’il ne disparaisse pas tout simplement ? Elle n’en savait rien. Pour l’heure, elle se contenta d’apprécier le lieu et de chérir le souvenir de la biche blanche au pas si bien intentionné. Les étoiles naissaient une par une dans le ciel et les lucioles frétillaient au milieu des fleurs luminescentes. Laissant le vent frais courir sur sa peau nue, elle finit par s’endormir.

    Le lendemain, elle se réveilla, toujours nue, là où sa chasse avait commencé.


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